Tour de France - Mauro Gianetti : «Notre vrai leader ? C'est une bonne question !»
Par Jules STEPHO le 08/07/2026 à 19:43
Au soir de la 5e étape du Tour de France 2026 à Pau, remportée au sprint par Olav Kooij (Decathlon CMA CGM Team), tous les regards se tournent déjà vers la haute montagne. Ce jeudi 9 juillet, la 6e étape proposera la première explication entre les favoris dans les Pyrénées, entre Pau et Gavarnie-Gèdre. Un parcours qui verra les coureurs franchir le col d'Aspin et le mythique col du Tourmalet. Le manager général d'UAE Team Emirates-XRG, Mauro Gianetti, aborde ce premier grand rendez-vous des favoris avec énormément de prudence, entre la gestion de ses leaders Tadej Pogačar et Isaac Del Toro, et la menace de leurs rivaux. Il a répondu, en exclusivité, aux questions de Cyclism'Actu !
"Je m'attends à une course assez dure, mais peut-être pas à de grands écarts"
Il fallait passer cette 5e étape promise aux sprinteurs sans encombre et sans chute. Mission accomplie ?
Oui, c'est déjà quelque chose. C'est vrai qu'il y a eu une mauvaise chute dans le final, on espère que tout le monde pourra repartir demain.
Ce jeudi, c'est le premier grand rendez-vous du Tour, entre Pau et Gavarnie en passant par le Tourmalet...
Oui, c'est la première étape de montagne. C'est une seule étape cette année dans les Pyrénées, donc elle va être très importante. Même si sur la carte, il reste le Tourmalet qui est une montée mythique, il y a beaucoup de kilomètres de là jusqu'à l'arrivée : une longue descente de 20 kilomètres, puis 18 kilomètres de montée finale pas terribles, pas très durs. Faire des différences là-dedans, ça va être compliqué parce que la vitesse va être élevée, et rester dans les roues apporte quand même un gros avantage. Je m'attends à une course assez dure, mais peut-être pas à de grands écarts.
Chez la Decathlon CMA CGM on pense aussi à cette 6e étape !
"Il faut se méfier de tout le monde"
Le Tourmalet n'est pas forcément le lieu où l'on gagne le Tour, mais on peut le perdre. Remco Evenepoel y a déjà connu des défaillances par deux fois. Qui allez-vous surveiller le plus ?
Le Tourmalet, comme vous l'avez dit, c'est une montée qu'il faut vraiment respecter et aborder avec responsabilité. Il faut se méfier de tout le monde. Demain, ce sera la première fois qu'on verra tous les prétendants à la victoire finale se batailler dans un col mythique. À commencer par Vingegaard et Paul Seixas, mais même Remco ! Ce n'est pas parce qu'il a échoué deux fois qu'il ne peut pas être très bien demain. Au contraire, le final peut lui convenir. Il y a aussi Lipowitz, Ayuso... Tous les coureurs du classement général peuvent être vraiment dangereux, il faudra rester très attentifs. Nous, on a Tadej qui est bien, mais aussi Isaac Del Toro, et c’est déjà une très belle chose.
Y en a-t-il un qui vous fait plus peur que les autres, ou qui vous a le plus impressionné pour inquiéter Tadej voire Isaac ?
Je crois qu'ils nous impressionnent tous, parce que tout le monde est vraiment fort et costaud. Bien sûr, Vingegaard, de par son histoire et ses deux victoires sur le Tour, est probablement le coureur le plus combatif, on le sait. Mais il y a aussi tous les jeunes qui arrivent. Il n'y en a pas un plus que les autres, c'est l'ensemble du plateau qui nous fait vibrer et qui nous pousse à la vigilance.
"Tadej et Isaac sont là pour faire un grand Tour"
Côté français, on va observer de près Paul Seixas, qui va affronter son premier grand col sur le Tour. Si vous étiez son manager général, qu'est-ce que vous lui conseilleriez ?
Vous savez, il est chez Decathlon, il a des directeurs sportifs et des managers qui vont le conseiller au mieux.
Mais vous, personnellement, vous lui diriez quoi ?
Je ne sais pas, il faudrait déjà en discuter avec lui. Je ne le connais pas personnellement en tant que coureur. Il faudrait le voir au quotidien dans l'équipe pour pouvoir lui donner des conseils. Pour le moment, je me concentre sur mes coureurs. Tadej et Isaac sont là pour faire un grand Tour, et c'est important que nous restions focalisés sur notre boulot.
D'ailleurs, qui est le vrai leader chez UAE : Tadej Pogačar ou Isaac Del Toro ?
Ça, c'est une très belle question... On verra bien !
