Tour de France - Adrie van der Poel : «Quand Mathieu a une chance de gagner...»
Ce dimanche 12 juillet a été marqué par la victoire de Mathieu van der Poel (Alpecin-Premier Tech), auteur d'un numéro en échappée sur cette 9e étape du Tour de France. Le Néerlandais s'est imposé à Ussel devant le Norvégien Tobias Halland Johannessen (Uno-X Mobility) et le Britannique Tom Pidcock (Pinarello-Q36.5 Pro Cycling Team). Non loin des terres de son grand-père Raymond Poulidor, celui que ce dernier surnommait "le petit phénomène" a levé les bras sous les yeux de ses proches, notamment de ses parents Adrie van der Poel et Corinne Poulidor. Vainqueur de Liège-Bastogne-Liège en 1988, Adrie van der Poel s'est exprimé au micro de Cyclism'Actu quelques instants après le troisième succès d'étape de son fils Mathieu sur les routes de la Grande Boucle.
"Le plan, c'était d'être dans l'échappée"
Dis-nous Adrie, finalement, ton fils Mathieu aime bien courir sous la chaleur ?
Oui, oui. Je disais justement à votre collègue que cela fait déjà huit ou neuf jours qu'il fait très chaud. Peut-être qu'il s'adapte mieux maintenant, après une semaine sous ces températures. Je pense que le corps finit par s'habituer.
C'était le plan dès le départ ce matin ?
Le plan, c'était d'être dans l'échappée. C'était la première priorité. Mais ce n'est pas facile avec le rythme imposé depuis les huit premiers jours. L'avantage aujourd'hui, c'est que l'écart n'a jamais dépassé une minute trente. Cela met de la pression sur le peloton et oblige les équipes derrière à rouler. Finalement, beaucoup d'autres ont travaillé. À la fin, il fallait créer une situation où seules deux coureurs voulaient encore rouler. Je pense que Mathieu a parfaitement géré cela.
As-tu été surpris de voir UAE rouler derrière cette échappée, alors qu'il n'y avait personne de vraiment dangereux au classement général pour Pogacar ?
Oui, peut-être. Mais ils sont constamment sous pression, il y a des attaques de partout. Ils ont de très bons coureurs, ils mettent deux hommes en tête et ils contrôlent tranquillement. Cela décourage aussi les attaques. En revanche, ce qui m'a beaucoup plus surpris, c'est que lors des deux dernières étapes pour sprinteurs, personne n'a tenté de bouger.
Tu pensais qu'il aurait dû y avoir des attaques depuis le peloton ?
Oui. Il y a deux coureurs qui partent, puis un autre attaque tout seul, mais personne ne réagit. Ce n'est pas à nous d'aller systématiquement dans l'échappée. Il y a plus de vingt-deux équipes au départ et dix-huit n'ont encore rien gagné. Mais c'est difficile parce que, derrière, deux équipes se mettent immédiatement à rouler.
La réaction de Mathieu van der Poel après sa victoire
Mathieu a parfois eu une relation compliquée avec le Tour de France. Il y a eu des abandons, des années où il n'avait pas vraiment envie d'y venir. C'est sa troisième victoire sur le Tour. Finalement, il aime cette course ?
Quand il gagne, oui (rires) ! Il y a eu un Tour où aucune étape ne lui convenait. Dans ces cas-là, je comprends qu'il se demande ce qu'il fait là. C'est bien de travailler pour Jasper (Philipsen), mais aujourd'hui il a pu courir pour lui-même.
Beaucoup disaient que Mathieu Van der Poel n'était pas dans une grande forme sur ce Tour. Il ne faut jamais enterrer ton fils…
Moi, j'étais convaincu qu'il allait très bien. Mais il avait déjà vu dès le début que les étapes étaient beaucoup trop difficiles, avec des montées de sept kilomètres. S'il est vraiment au sommet de sa forme et qu'il fait un peu moins chaud, il peut passer. Mais Mathieu n'a jamais couru pour terminer quinzième. Il est comme ça depuis toujours. Quand il a une chance de gagner, il se donne à fond. Sinon, il reste tranquille.
Cette victoire sauve un peu le début de Tour de l'équipe Alpecin-Premier Tech, parce que c'était compliqué ?
Oui, ce n'était pas simple. Mais les deux journées où nous avons roulé, nous avons bien travaillé. Il ne manquait qu'une victoire. On sait très bien qu'on ne peut pas gagner tous les sprints. Il y a de très grands sprinteurs comme Kooij ou Merlier. Mais je l'ai toujours dit : il faut continuer à y croire. Il suffit d'en gagner une. Il y a peut-être encore une ou deux étapes pour Jasper. Peut-être ira-t-il chercher une autre victoire. Mais le plus difficile est désormais fait !
