Tour de France - Mathis Le Berre : «Voir Van der Poel attaquer, c'était improbable»
Par Jules STEPHO le 15/07/2026 à 20:35
Grand animateur de la 11e étape entre Vichy et Nevers ce mercredi 15 juillet, Mathis Le Berre (TotalEnergies) a passé une journée de folie à l'avant de la course. Présent au sein d'une échappée royale qui a donné du fil à retordre à un peloton lancé à près de 51 km/h de moyenne, le baroudeur français a tout donné avant d'être repris à seulement six kilomètres du but. Malgré la frustration d'avoir échoué si près, le coureur breton tire un bilan très positif de cette folle chevauchée et ne compte pas s'arrêter là.
"Si on avait eu des routes un peu plus petites et un parcours plus technique..."
"On a passé une journée de folie, c'était vraiment une journée de dingue. Au départ, voir Van der Poel attaquer, c'était totalement improbable. Je ne pensais pas que ça partirait comme ça. Pour une fois, je n'étais pas placé juste derrière la voiture rouge au baisser de drapeau. J'étais un peu loin et le temps de remonter, j'ai déjà mis dix minutes. Ensuite, on a roulé à fond toute la journée, mais on n'avait pas trop le choix. On n'avait pas beaucoup de marge et avec les solides coureurs qu'il y avait devant, c'était vraiment une belle journée. Quand on voit le peloton qui reste à une minute trente maximum derrière nous, on se dit qu'on est condamnés et que ça va arriver au sprint. Mais comment on le gère ? En réalité, ce sont souvent ces étapes-là où l'on peut jouer la gagne. Étrangement, quand on a cinq minutes d'avance, ça ne va souvent pas au bout. Mais quand on a une minute trente ou une minute vingt et que l'écart perdure, on peut y croire. Si on avait eu des routes un peu plus petites et un parcours plus technique, on serait peut-être allés plus loin. Là, on a eu pas mal de portions avec du vent défavorable sur des routes larges, ce qui nous a un peu desservis et nous a obligés à pousser très fort. Mais franchement, je n'ai aucun regret. On avait des mecs qui ont roulé à fond jusqu'au bout, on ne s'est pas regardés et on a tout donné avant de se faire reprendre à 5 ou 6 kilomètres de l'arrivée.
Personnellement, je suis très content de ma journée. Sur les étapes dures, je vois bien qu'à la jambe pure, ce sont les trente meilleurs mondiaux qui jouent la gagne. Moi, c'est uniquement sur ce genre de terrain que je peux m'exprimer et tenter des coups. C'est ça le vélo, c'est ce qui fait la beauté de notre sport. Si on n'essaye pas sur ces étapes-là pour piéger les sprinteurs, on n'essaiera jamais. J'y ai toujours cru dès que je suis parti devant. À la base, j'avais plutôt prévu d'aller à l'avant demain. Peut-être que j'y retournerai quand même ! Mais là, l'opportunité s'est présentée avec des gars comme Julian [Alaphilippe] ou [Anthon] Charmig, que des gros rouleurs, alors j'ai décidé de suivre le coup. Maintenant, il faut surtout bien récupérer", a-t-il déclaré.
