Tour de France - Toujours pas de victoire française... l'Alpe d'Huez salvatrice ?
2015, Thibaut Pinot ! 2013, Christophe Riblon, 2011, Pierre Rollland ! Voilà les derniers vainqueurs français à l'Alpe d'Huez sur le Tour de France. Alors que le Tour de France 2026 aborde son dantesque doublé de l'Alpe d'Huez ce vendredi 24 et samedi 25 juillet avec l'arrivée au sommet pour la 19e et 20e étape de ce Tour de France 2026 , le bilan du cyclisme tricolore affiche un inquiétant zéro pointé au compteur des victoires d'étapes. Après 17 jours de course éprouvants disputés à une vitesse moyenne affolante, aucune Marseillaise n'a encore retenti sur les podiums protocolaires. Un constat d'urgence souligné avec lucidité par le directeur sportif de Decathlon CMA-CGM, Julien Jurdie, alors que les ultimes opportunités en haute montagne s'amenuisent à grands pas. L'Alpe d'Huez salvatrice pour les Français ?
Une disette tricolore symbole d'une densité de peloton inhumaine
Il faut remonter plusieurs années en arrière pour retrouver la trace d'une telle traversée du désert pour les coureurs tricolores sur les routes de la Grande Boucle. À l'aube des trois dernières explications alpines, le constat est cruel mais implacable : le peloton français bute sur une concurrence internationale féroce et un rythme imposé sans aucun temps de répit. Interrogé à l'arrivée de la 17e étape à Voiron, Julien Jurdie n'a pas caché l'extrême difficulté d'aller lever les bras cette année. "C'est clair qu'on n'a pas encore vu une victoire française. La densité, honnêtement, j'ai rarement vu une course pareille. J'ai l'impression que le peloton roule de plus en plus vite et la moyenne, jour après jour, est assez folle", a analysé le technicien tricolore au micro des médias. Dans une édition 2026 vorace, écrasée par la domination des cadors du classement général et des sprinteurs gloutons, la marge de manœuvre réservée aux audacieux s'est réduite comme peau de chagrin. "Pour trouver des opportunités, c'est extrêmement compliqué. Il y aura forcément beaucoup de déçus à l'arrivée à Paris", prévient Julien Jurdie. Rappelons aussi que c'est la première fois depuis 1968 que le peleton ne compte que 30 Français dans ses rangs. Nous partions pourtant avec de belles cartes sur le papiers mais Kevin Vauquelin (Netcompany INEOS), Warren Barguil (PicNic PostNL) ou encore Julian Alaphilippe (Tudor Pro Cycling) sont apparus loin de leur meilleure forme. Christophe Riblon déclarait hier jeudi 23 juillet au micro de Cyclism'Actu :"Alors, demain (vendredi) ils vont le monter dans le même sens que moi, avec les mêmes lacets. Samedi, ils vont passer par le col de Sarenne qu'on avait redscendu. D'ailleurs, j'étais sorti de la route et j'avais failli tomber. Ca reste quand même la seule fois où on est monté deux fois dans le même sens sur une même étape. C'était mythique. On était sur le centième Tour de France. Aucun Français n'avait gagné à ce moment-là et on n'y croyait plus trop. Il y a eu plein de choses qui ont fait que, pour moi, cette victoire est très particulière. La veille, on avait perdu Jean-Christophe Péraud qui jouait le classement général... Pour toutes ces choses là, je trouve que cette victoire a une symbolique incroyable." A en croire Christophe, tout les espoirs sont permis !
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— Cyclism'Actu (@cyclismactu) July 23, 2026
Paul Seixas et les grimpeurs tricolores face au défi de la dernière chance !
Dès lors, tous les espoirs se tournent vers les géants des Alpes pour débloquer ce compteur désespérément vierge avant le défilé traditionnel sur les Champs-Élysées. Si les baroudeurs tricolores devront impérativement tenter le tout pour le tout en s'glissant dans les échappées matinales, le salut français pourrait bien venir de son nouveau phénomène, Paul Seixas. Solide quatrième du classement général et au coude-à-coude pour le maillot blanc, le jeune crack de Decathlon CMA CGM possède les qualités pour faire sauter la banque lors des arrivées au sommet. Mais comme le rappelle son propre directeur sportif avant d'aborder la montée d'Orcières-Merlette puis le monstre de l'Alpe d'Huez, la décision se fera au courage et à l'usure : "À ce stade de la course, les jambes sont toutes mortes. Ce sera à celui qui aura la meilleure récupération et le plus gros mental." Entre la quête d'un bouquet d'étape salvateur pour l'honneur du cyclisme tricolore et la bataille pour le podium final, ces 72 heures alpines s'annoncent aussi irrespirables que décisives. Nous pouvons garder espoir en Valentin Paret-Peintre (Soudal Quick-Step) pour aller chercher le maillot à pois, et nous comptons actuellement 3 Français dans le Top 10, en 4e position Paul Seixas, Lenny Martinez (Bahrain Victorious) lui est 7e et Jordan Jegat (TotalEnergies) 9e. Un défi qui inquiète même les plus grand, Paul Seixas après l'arrivée à Orcière-Merlette : "J'espère surtout ne pas tomber dans la montée de l'Alpe d'Huez parce que je pense qu'il va y avoir beaucoup de spectateurs, et on a vu que c'était assez dangereux. J'espère que tout va bien se passer et après, ce sont les jambes qui vont parler." Remco Evenepoel pourtant habitué des classiques belges aux routes étroites pense que "Concernant L'Alpe d'Huez, j'ai hâte de découvrir cette montée, mais cela fait parfois peur de voir à quel point la route y est étroite. Sur une ascension aussi populaire, il serait préférable d'installer des cordes depuis le bas, puis des barrières pour les cinq derniers kilomètres. Parfois, toute cette foule peut influencer une étape, notamment quand on veut répondre à une attaque mais qu'on ne peut pas remonter parce qu'on est bloqué. Nous verrons à quel point cela sera extrême." L'ensemble des coureurs espèrent que les spectateurs ne joueront pas un rôle devastateur dans ce col mythique qu'est l'Alpes d'Huez
