Tour de France - Patrick Lefevere : «Remco Evenepoel ne doit pas renoncer...»
Patrick Lefevere n'est pas sur le Tour de France 2026 mais il a pris le temps d'analyser la première semaine de Remco Evenepoel sur cette Grande Boucle pour le journal Le Soir. L'ancien patron de Remco, que l'on connaît pour son franc-parler, estime que "son entente avec Florian Lipowitz est tout simplement impossible"."Remco Evenepoel déteste partager le pouvoir" a confié Lefevere à Stéphane Thirion du journal Le Soir.
"C’est le Remco que je connais depuis toujours... "
La déclaration de Remco Evenepoel (Red Bull-BORA-hansgrohe), à l'arrivée de la 6e étape du Tour de France, à Gavarnie-Gèdres, continue de fraire réagir. Et cette fois, c'est son ancien patron Patrick Lefevere qui nous donne son avis. Pour rappel, Remco avait critiqué son coéquipier allemand Florian Lipowitz, avec lequel il partage le leadership dans son équipe sur ce Tour de France 2026. Il lui reprochait notamment de ne pas avoir voulu rouler pour lui dans le troisième groupe de poursuivants, derrière Tadej Pogacar (UAE Team Emirates-XRG) et Jonas Vingegaard (Team Visma | Lease a Bike). L'encadrement de Red Bull a tenté de minimiser la situation devant les médias, ce qui n'est pas du goût de Patrick Lefevere. L'ancien mentor de Remco Evenepoel, à Soudal Quick-Step, a avoué ne pas être surpris par ce conflit comme il l'a expliqué à Stéphane Thirion du journal Le Soir.
"C’est le Remco que je connais depuis toujours, avoue Patrick Lefevere, son premier mentor, à l’autre bout du téléphone. Il aurait tort de changer. Il faut toujours dire ce qu’on pense et en l’occurrence, ici, il avait raison. Et puis il ne faut pas oublier un point capital : Remco déteste partager le pouvoir. Cette idée de le mettre sur le même pied que Lipowitz n’est pas géniale car plutôt que de souder une collaboration en deux hommes, elle génère une rivalité interne. On voit qu’il a de la pression mais c’est bien, parce qu’il aime cela."
"Sa rivalité avec Lipowitz, franchement, cela n’intéresse que les Belges"
Patrick Lefevere, à propos de communication, n’a jamais eu sa langue en poche. "Lorsque Remco a quitté notre équipe, j’ai lu partout qu’il aurait le meilleur entraîneur, une meilleure gestion du wattage, de la nourriture etc. Jusqu’à maintenant, je ne vois pas dans quel domaine notre équipe Soudal-Quick Step qui l’a conduit vers la troisième place en 2024 est inférieure à sa nouvelle formation. Mais je ne fais pas débat, je constate. Ce qui m’intéresse, c’est l’homme. Cela se voit à l’œil nu : il est très affûté, amaigri. Son excellente montée du Tourmalet doit le rassurer et non l’énerver. Je ne crois toujours pas qu’une collaboration parfaite avec un équipier comme Lipowitz soit possible, la seule manière de mettre tout le monde d’accord, c’est de prendre l’ascendant au général au fil des jours. Le Tour est tout de même encore long."
Lefevere prétend même que ce n’est pas forcément gagné pour la deuxième place actuellement occupée par Jonas Vingegaard. "Le Danois a pris un coup de marteau sur la tête (sic) dans l’étape du Tourmalet. Il n’a pas énormément creusé sur les rivaux derrière lui et il n’est pas à l’abri d’un jour moins bien non plus. Si vous tirez des conclusions sur la première place, ok, mais pour les autres, il faut attendre. Un Remco comme je le vois en ce moment ne doit pas déjà renoncer à une deuxième place. Il a toujours été ambitieux. Et par rapport à sa rivalité avec Lipowitz, franchement, cela n’intéresse que les Belges."
