Tour de France - Mauro Schmid : «L'année dernière, j'étais passé tout près...»
Par Jules STEPHO le 17/07/2026 à 18:03
Deuxième à Toulouse l'an passé, Mauro Schmid (Team Jayco AlUla) a cette fois-ce décroché le Graal en remportant la 13e étape du Tour de France entre Dole et Belfort ce vendredi 17 juillet. Membre d'une échappée d'une cinquantaine de coureurs, le Suisse a parfaitement manoeuvré dans le final avant de régler au sprint son compagnon d'échappée, le Colombien Harold Tejada (XDS Astana). Déjà vainqueur d'étape sur le Giro par le passé, le coureur de 26 ans a salué le travail phénoménal de son équipe juste après l'arrivée.
"Avec toute l'équipe, nous étions extrêmement motivés à l'idée d'être présents dans l'échappée"
Mauro, vous étiez passé si près du succès l'an dernier à Toulouse. Cette fois, la victoire d'étape sur le Tour est à vous. Qu'est-ce que cela vous fait ?
Je n’arrive pas encore à y croire pour le moment. C’était une journée incroyablement difficile dès le départ. Avec toute l'équipe, nous étions extrêmement motivés à l'idée d'être présents dans l'échappée. On avait déjà essayé à plusieurs reprises ces derniers jours et, jusqu'à présent, ça ne s'était pas vraiment passé comme prévu. Je me sentais super bien dès le coup d'envoi, mais c'était à bloc dès la première minute. Mes coéquipiers ont fait un boulot fantastique pour me replacer, je n'avais plus qu'à me caler dans les roues. C'était tout simplement parfait.
Au moment de disputer le sprint face à Harold Tejada, avez-vous repensé à ce duel perdu l'an dernier face à Jonas Abrahamsen à Toulouse ? Étiez-vous inquiet ?
Oui, je dois bien avouer que cela m'est traversé l'esprit à plusieurs reprises. Dans le final, je n'avais pas vraiment d'idée précise sur l'avance qu'on avait sur les poursuivants. En plus, j'ai commencé à avoir des crampes à quatre kilomètres de l'arrivée, donc j'ai commencé à cogiter. Je suis resté calé dans sa roue à deux kilomètres de la ligne en espérant qu'il lance le sprint de l'avant, mais à un moment donné, il m'a forcé à passer en première position. Je pense que j'ai lancé mon effort un peu tard. Sur les 50 premiers mètres, je me suis dit : "Mince, ça va faire comme l'année dernière". Et puis, quand j'ai vu la ligne d'arrivée, j'ai retrouvé mes jambes et j'ai tout donné.
"Je pense qu'il va me falloir quelques heures pour réaliser"
On peut parler d'une véritable masterclass collective de la part de la Jayco AlUla aujourd'hui, avec Ben O'Connor, Michael Matthews ou encore Luke Plapp à vos côtés...
Oui, c'est une victoire 100% collective aujourd'hui. Au bout du compte, c'est moi qui ai la chance d'être sur la plus haute marche du podium, mais c'est le fruit du travail de tout le groupe et de toutes les personnes de l'ombre qui bossent si dur pour ça. C'est vraiment la victoire de l'équipe, pas la mienne. Avoir Luke Plapp à la fin pour suivre tous les coups a joué un rôle énorme. Et courir avec Ben O'Connor dans le Ballon d'Alsace, c'était incroyable. J'avais un peu peur que le col soit trop difficile pour moi. Au début, quand Ben a imprimé le rythme, je n'étais pas sûr de pouvoir tenir jusqu'au sommet à cette allure. Finalement, le fait que ce soit une montée un peu hachée, en "stop-and-go", m'a bien convenu. C'était aussi une situation idéale car je savais qu'on avait "Bling" (Michael Matthews) en couverture derrière. Dans la première partie de la descente, je me suis juste assuré de ne pas me faire décrocher en essayant de calmer un peu le jeu, puis j'ai tenté ma chance une fois et j'ai réussi à m'isoler.
Vous aviez déjà levé les bras sur le Tour d'Italie. S'imposer sur le Tour de France, c'est le rêve de toute une vie ?
Oui, c'est certain. J'ai travaillé super dur pour en arriver là. L'année dernière, j'étais passé tout près... Je pense qu'il va me falloir quelques heures pour réaliser ce qu'il vient de se passer. Pour l'instant, je suis encore un peu sans voix. On va commencer par savourer ce moment sur le podium !
