Tour de France - Mathieu Blanchard : «Tadej Pogacar ? Je préfère les gars humains»
Sur le Tour de France, en plus de croiser toutes les personnalités qui façonnent le cyclisme, on a la possibilité d'apercevoir des figures venues d'autres milieux. Si les hommes politiques, et notamment le Président de la République, en font un rendez-vous annuel, ce sont également d'autres personnalités du sport qui sont présentes sur le Tour de France. Ainsi, Mathieu Blanchard, icône de l'ultra-trail et du sport extrême, vainqueur notamment de La Diagonale des Fous ou de la Yukon Arctic Ultra, a été interrogé par Le Figaro sur son rapport au cyclisme et a donné son avis sur le maillot jaune de ce Tour de France, Tadej Pogacar (UAE Team Emirates XRG).
"J'ai parfois le malheur d'aller fair un tour sur Strava"
C'est à l'occasion de l'étape du cœur réalisée par l'association Mécénat Chirurgie Cardiaque afin de sauver les enfants atteints d'une malformation cardiaque, que Mathieu Blanchard, grand amateur de cyclisme, a été aperçu sur le Tour. S'il a l'habitude d'enfourcher son vélo, il est tout de même loin des héros du Tour de France : "Je roule quand même beaucoup mais parfois j’ai le malheur d’aller faire un tour sur Strava. Après avoir monté le Galibier de manière un peu appuyée, je suis allé regarder leurs statistiques, j’ai pris une énorme claque. Une leçon d’humilité ! J’ai pu mesurer la puissance qu’ils développaient sur leur vélo. C’est hallucinant. Et en tant que sportif dans l’ultra-distance et l’ultra-endurance, je sais ce que c’est de faire une épreuve de cinq, six heures d’affilée et de réussir à enchaîner ça quotidiennement pendant deux, trois semaines. Ce qu’ils font est exceptionnel."
Et l'avantage qu'ont les Ultra-traileurs et donc Mathieu Blanchard, c'est qu'ils peuvent se reconnaitre dans ces sportifs de haut niveau : "Les grimpeurs, forcément car il y a pas mal d’analogies entre eux et les ultra-traileurs : la gestion de l’effort en montée, ne pas se mettre dans le rouge ou placer au contraire son effort au bon moment, puis la descente en mesurant la prise de risques. Le sprint, c’est le spectacle éphémère, j’associerais ça à la piste en athlétisme sur de courtes distances. Donc je me reconnais moins dans l’effort des sprinteurs."
Mais malgré son affection pour les grimpeurs, Mathieu Blanchard a du mal avec l'actuel maillot jaune du Tour de France : "Pogacar, c’est un peu le héros du moment mais il y a quelque chose de trop fort chez lui. En fait, je n’aime pas les superhéros ! (rires). J’aime les gars qui sont humains, qui donnent l’impression de beaucoup souffrir, qui ont des blessures, qui pleurent... Je trouve leurs histoires plus belles. Le champion qui souffre, qui se blesse, qui revient et qui s’impose, voilà ce qui me fait vibrer."
