Tour de France - Kevin Vauquelin au bout de l'enfer : «J'espère ne pas vivre pire»
Par Nathan DELODDERE le 25/07/2026 à 19:57
Lors de la dantesque 20e étape du Tour de France 2026, considérée comme l'étape reine, à travers les géants des Alpes ce samedi, Kévin Vauquelin a vécu un calvaire mémorable. Complètement vidé de ses forces et à la frontière de la maladie, le Normand de la formation Netcompany INEOS a dû batailler avec l'énergie du désespoir pour rallier l'arrivée au sommet. Très lucide et marqué par l'effort à l'issue de cette journée éprouvante, le jeune tricolore est revenua au micro de Cyclism'Actu et des médias sur ce chemin de croix, prêt à se nourrir de cette souffrance pour bâtir son avenir sur la Grande Boucle.
Un corps à la limite du rupteur et la hantise de la maladie
Pour Kévin Vauquelin, cette ultime grande explication montagneuse s'est rapidement transformée en un combat de chaque instant face à un organisme en surchauffe. Déjà poussé dans ses derniers retranchements depuis plusieurs jours, le coureur tricolore a senti son moteur caler brutalement au pire des moments, terrassé par une fatigue extrême et des symptômes naissants. "Aujourd'hui, j'avais zéro force, donc je sens qu'il y a quelque chose... Je sens que j'étais à la limite d'être malade", avouait-il avec une franche honnêteté au micro des journalistes, le visage marqué par les toxines accumulées durant l'étape.
Déjà averti par son corps lors des étapes précédentes, le Normand a dû faire le dos rond sans pouvoir rivaliser avec les meilleurs : "J'ai chassé contre un rapport, mais après je monte quand on m'a dit stop il y a deux semaines. C'est juste ce qui se présente à moi aujourd'hui." Confronté à la rigueur d'un Tour de France disputé à des moyennes affolantes, le jeune leader mesure l'écart immense avec les éditions précédentes qu'il avait pu disputer par le passé. "J'ai rechargé les batteries par rapport à un Tour avec Fabien l'année dernière, mais c'est incomparable. C'était un Tour différent, c'était un Tour extrêmement difficile", constatait-il, usé par la répétition des cols alpestres.
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— Cyclism'Actu (@cyclismactu) July 24, 2026
"Je prends ça comme de l'expérience" : L'apprentissage à la dure du très haut niveau
Malgré la violence de l'effort et la déception de ne pas avoir pu s'exprimer avec la plénitude de ses moyens physiques, Kévin Vauquelin refuse de céder au découragement. Pour le coureur français, cette traversée du désert en haute montagne constitue un passage obligatoire dans son processus de maturation au plus haut niveau mondial. "Je prends ça comme de l'expérience, j'espère ne pas aller au pire pour la suite", glissait-il, la tête déjà tournée vers la récupération avant le défilé final vers Paris.
Franchir des cols mythiques avec un réservoir complètement à sec exige une force mentale supérieure, une qualité qu'il continue de développer jour après jour sur les routes de la Grande Boucle. Alors que le peloton voit enfin le bout de ce Tour de France 2026 d'une intensité folle, Kevin Vauquelin sait que ces journées de galère poseront les fondations de ses futurs succès. La souffrance du jour s'effacera avec le temps, mais les leçons accumulées dans les Alpes resteront gravées pour les prochaines années.
