Tour de France - Dorian Godon et son calvaire : «J'étais à deux doigts de pleurer»
Par Nathan DELODDERE le 25/07/2026 à 19:39
Au terme d'une dantesque 20e étape à travers les cols alpins, Dorian Godon est apparu complètement terrassé sur la ligne d'arrivée ce samedi. Victime d'une lourde chute à Châlons en première semaine du Tour de France, le coureur de la formation Netcompany INEOS traîne un véritable chemin de croix physique et respiratoire. Diminué au niveau du diaphragme et à bout de forces, le Francilien a dû livrer un combat inhumain contre lui-même pour ne pas abandonner à la veille de l'arrivée sur les Champs-Élysées, finissant la journée au bord des larmes mais habité par une immense fierté.
Un corps meurtri depuis Châlons et le calvaire du col du Télégraphe
L'aventure aura été une longue épreuve d'endurance de la douleur pour Dorian Godon depuis cette fameuse cabriole survenue sur la route de Châlons. Si le Français avait réussi à faire le dos rond durant les deux premières semaines de course, la répétition des efforts violents en haute montagne a fini par réveiller des séquelles physiques devenues insupportables au pire des moments. "Je n'ai jamais vraiment récupéré de cette chute à Châlons. Les jours passés, j'avais encore un peu d'énergie pour compenser, mais hier j'ai déjà lâché très tôt et aujourd'hui, je n'avais plus rien dans le moteur", confiait à chaud le coureur tricolore, le visage creusé par l'épuisement. Bloqué au niveau du buste, l'effort en altitude s'est transformé en une véritable asphyxie mécanique qu'il a dû subir kilomètre après kilomètre : "Depuis que j'ai chuté, j'ai une peine immense à respirer au niveau du diaphragme, j'ai vraiment galéré comme jamais." Dès les premières rampes de la journée, alors que la bagarre faisait rage pour l'échappée, le puncheur a compris que sa journée se résumerait à un pèlerinage en enfer pour sauver ses délais. "Au début, ça attaquait de partout pendant les premières minutes, c'était un rythme fou et j'ai dû monter uniquement au mental. Mais ensuite, j'ai pris mon tarif dans le col du Télégraphe... C'est la cata absolue, c'est une souffrance du début à la fin !" Esseulé face aux pourcentages et à l'acide lactique, Dorian Godon a dû puiser au plus profond de sa chair pour ne pas poser le pied à terre au milieu des géants de la montagne.
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— Cyclism'Actu (@cyclismactu) July 25, 2026
"J'étais à deux doigts de pleurer" : la victoire du mental avant la délivrance des Champs-Élysées
Mais plus encore que l'incapacité de son corps à produire la puissance nécessaire, c'est la rupture psychologique qui a failli faire mettre la flèche à Dorian Godon dans ce final étouffant. Poussé dans des retranchements qu'il n'avait jamais explorés de toute sa carrière professionnelle, le coureur de Netcompany INEOS a senti son propre esprit rendre les armes face à l'intensité de la souffrance. "Même mon cerveau ne voulait plus forcer ! Mon cerveau ne voulait plus pédaler du tout, je n'avais plus aucune information qui arrivait", révélait-il avec une poignante sincérité au micro des journalistes après la ligne. Interrogé sur la dureté inédite de cette journée d'enfer, le coureur français a avoué avoir frôlé le point de rupture émotionnelle à quelques mètres du sommet : "Si j'ai déjà fini aussi fatigué sur une grande course ? Non, jamais autant que ça... J'étais vraiment à deux doigts de pleurer à la fin tellement la charge était lourde à porter." Alors que le peloton se projette déjà vers l'ultime explication parisienne ce dimanche, l'ancien champion de France refuse de tirer des plans sur la comète et ne savoure qu'une chose : l'accomplissement d'être resté debout jusqu'au bout de son martyre. "Est-ce que l'étape de demain va mieux me correspondre ? On verra bien demain... Pour l'instant, mon esprit pense uniquement à essayer de récupérer. Mais malgré tout ce que j'ai traversé, je suis fier de moi." Un témoignage de courage brut qui honore la Grande Boucle.
