Tour de France - Julien Jurdie : «Quand vous avez 2 crevaisons en un kilomètre...»
Par Jules STEPHO le 05/07/2026 à 20:10
Le directeur sportif de la Decathlon CMA CGM Team, Julien Jurdie, est revenu sur le final chaotique de la 2e étape à Barcelone de ce Tour de France. Entre crevaisons simultanées, quiproquos radio et embouteillages dans le convoi des voitures, sa formation a vécu un grand moment de tension nerveuse. S'il regrette les quelques watts laissés en route par son jeune leader Paul Seixas, Jurdie retient surtout le bon réflexe de l'équipe et le fait d'avoir osé prendre les devants à la fin.
"Tout le convoi s'est trouvé coincé, moi le premier"
Julien Jurdie détaille les minutes de panique juste avant l'entrée sur le circuit final de Montjuïc, où tout s'est joué en l'espace de quelques secondes : "Le final de la montée avant l'entrée du circuit à Barcelone, ça a commencé déjà par une crevaison d'Olav Kooij alors qu'on était en train de remonter des bidons. Jusque-là, tout se passait bien. Et sensiblement au même moment où on dépannait Olav, on nous a appelés à la radio pour un problème mécanique et une crevaison pour Paul Seixas. C'est donc la voiture 2 qui est remontée pour le dépanner. Il y a eu un changement de vélo avec Aurélien Paret-Peintre entre-temps. C'était bien prévu, les cotes sont les mêmes à 2 millimètres près avec Aurélien.
Puis après, il a fallu revenir dans le convoi et ce n'est pas facile. Ça commençait à approcher du circuit, tout le monde roulait à bloc. Et là, on s'est retrouvés dans une mauvaise posture, tout simplement à cause des faits de course : l'équipe TotalEnergies s'est arrêtée pour un incident mécanique sur une route étroite. C'était impossible de doubler à ce moment-là. Tout le convoi s'est trouvé coincé, moi le premier. Il a fallu attendre que TotalEnergies dépanne son coureur et reparte. Là, forcément, un écart s'est creusé entre la fin du peloton et Paul. Il a laissé quelques cartouches. On a fait la poursuite avant que l'on puisse revenir et le remettre correctement dans le convoi, puis réintégrer le peloton avec l'aide d'Aurélien. Ensuite, Tiesj Benoot l'a ramené à l'avant pour aborder l'entrée du circuit dans une position plutôt confortable".
"C'est clair que tu laisses de l'énergie, tu laisses des cartouches, tu laisses des watts par terre"
Relancé sur les soucis d'oreillettes évoqués par Paul Seixas et sur le choix de faire rouler Tiesj Benoot dans le dernier tour, le directeur sportif temporise et assume ses choix tactiques : "Oui, on était forcément un peu loin par moments. C'est clair qu'il y avait beaucoup d'effervescence à ce moment-là, donc la communication n'était pas parfaite. C'était assez compliqué, mais honnêtement, je pense qu'on s'en est plutôt bien sortis. C'est un fait de course. C'est clair que quand vous avez deux crevaisons en un kilomètre, ça chamboule un peu les choses, surtout quand ça arrive à un moment important. Si ça s'était produit 70 ou 80 kilomètres avant, il n'y aurait pas eu de problème. Prenez le cas de Del Toro : il ne se passe pas grand-chose à ce moment-là, le peloton roule mais ralentit un petit peu.
Là, on savait qu'on arrivait à un point stratégique où tout le monde voulait se placer. Ce n'était pas le meilleur moment pour avoir ces problèmes-là. On les subit, on n'y peut rien, mais la situation a été plutôt bien rétablie. Sans ça, est-ce qu'il joue avec les meilleurs ? Oui, c'est clair que tu laisses de l'énergie, tu laisses des cartouches, tu laisses des watts par terre. Dans le final, notamment dans ce sprint... il n'y a pas eu d'attaque dans la dernière ascension à 2,5 kilomètres, ça a été un sprint vraiment de costauds. Il a lâché quelques petites secondes dans l'histoire, mais je ne pense pas qu'on s'en rappellera d'ici trois semaines à Paris. L'essentiel, c'est qu'il n'y ait pas eu plus de dégâts. On a surtout pensé à ramener Paul avant le pied, parce qu'on savait que le peloton allait se scinder en deux et qu'il y aurait des cassures avec les barrages des commissaires. Là, on aurait vraiment été très embêtés. Malgré tout, il s'en sort plutôt pas trop mal".
