Tour de France - Tom Pidcock, cash : «On ne donne pas du temps gratuit à Carapaz»
Par Nathan DELODDERE le 23/07/2026 à 20:10
Lors de la première étape alpine du Tour de France ce jeudi 23 juillet, la présence de Richard Carapaz dans l'échappée matinale a poussé la formation Pinarello Q36.5 à prendre ses responsabilités en tête de peloton. Une décision tactique qui a surpris certains suiveurs, mais pleinement assumée par Tom Pidcock à l'arrivée. Interrogé sur la chasse engagée par ses équipiers, le leader britannique a tenu à rappeler la dangerosité du grimpeur équatorien au classement général, expliquant aux journalistes à l'arrivée qu'il était totalement hors de question de lui offrir le moindre bon de sortie à ce stade de l'épreuve.
Une prise de responsabilité assumée face à un danger permanent
Alors que le peloton laissait filer de nombreuses attaques dès les premiers kilomètres de course, l'insertion de Richard Carapaz à l'avant a immédiatement fait monter la tension au sein de la formation Pinarello Q36.5. L'Équatorien, redoutable grimpeur au tempérament d'attaquant imprévisible, représentait une menace directe pour les ambitions de l'équipe sur cette fin de Grande Boucle. Voyant l'écart se creuser avec le groupe de tête, les coéquipiers de Tom Pidcock se sont rapidement portés en première ligne du peloton pour imposer un rythme soutenu et contenir les velléités offensives de l'ancien champion olympique. Une stratégie particulièrement appuyée qui a suscité quelques interrogations au sein des observateurs, mais que le Britannique a fermement défendue au micro des médias après la ligne d'arrivée.
Pour Tom Pidcock, la classe et l'opportunisme du pensionnaire de chez EF Education-Easypost, Richard Carapaz imposaient une réaction immédiate sous peine d'en payer le prix fort au classement général. Un coup de force collectif nécessaire pour éviter de se faire piéger par un spécialiste des grandes offensives à distance. Le natif de Leeds se tient actuellement à la 8e place au général à 12 minutes 58 du maillot jaune alors que l'Equatorien pointe lui en 10e position à 21 minutes du maillot Jaune. Il revient aussi sur Tadej Pogacar qui n'a pas fait roulé son équipe UAE Team Emirates XRG aujourd'hui car beaucoup sont malades à l'image de l'abandon de Brandon Mc Nulty : "Ils n’étaient clairement pas dans un bon état aujourd’hui, mais je pense que, pour être honnête, ces deux prochains jours, c’est plus pour les autres équipes qui se battent pour le podium, donc je pense que les Émirats arabes unis n’ont peut-être pas beaucoup de travail à faire."
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— Cyclism'Actu (@cyclismactu) July 23, 2026
"On ne donne pas du temps gratuit à Carapaz" : la lucidité du Britannique
Avec son franc-parler habituel, Tom Pidcock n'a pas tourné autour du pot au moment d'expliquer les raisons profondes de cette poursuite effrénée : "On ne donne pas du temps gratuit à Richard Carapaz, c'est aussi simple que cela." Le coureur de la Pinarello Q36.5 sait pertinemment que laisser deux ou trois minutes de champ à un tel coursier dans un enchaînement de cols alpestres équivaut à un véritable suicide tactique pour les prétendants aux places d'honneur. Si cette neutralisation a demandé un investissement physique important de la part de ses équipiers avant le week-end décisif, le leader britannique se félicite d'avoir verrouillé la course avant que la situation ne devienne incontrôlable.
Cette décision forte témoigne de l'autorité et de la maturité grandissante de Tom Pidcock et de son encadrement, fermement décidés à protéger leur rang et à ne laisser aucun cadeau à la concurrence dans cette troisième semaine de course, lui qui avait pourtant déclaré après la 10e étape : "Pour être tout à fait honnête, je n'apprécie pas vraiment les Grands Tours. C'est juste de la souffrance au quotidien, de la routine, et l'aspect mental est extrêmement lourd à gérer pendant trois semaines" commence peut-être à prendre gout a la chasse d'un classement général sur un Grand Tour. En étouffant dans l'œuf l'échappée du grimpeur sud-américain, Pinarello Q36.5 envoie un signal fort : chaque seconde se méritera jusqu'à la ligne d'arrivée. D'autant plus qu'il se savait privé de sortie : "Il n’était pas possible d’entrer dans l'échapée, personne ne voulait de moi là. Oui, je le savais déjà avant la course, j’étais sur la liste noire des gens pour ne pas entrer dans l'échapée."
