Tour de France - Tim Merlier : «Courir pour son enfant donne un supplément d'âme»
Par Jules STEPHO le 16/07/2026 à 17:54
Intouchable ce jeudi 16 juillet, Tim Merlier (Soudal Quick-Step) a fait parler sa puissance pour s'offrir une troisième victoire d'étape sur cette 113e édition du Tour de France. Dans un final ultra-rapide et marqué par une lourde chute à l'arrière, le sprinteur belge a devancé Olav Kooij (Decathlon CMA CGM) et Jasper Philipsen (Alpecin-Premier Tech. Malgré un problème de radio en fin de course et une petite frayeur pour son poisson-pilote Jasper Stuyven, le "papa du jour" a parfaitement rectifié le tir après sa déception de la veille. Il s'est confié au micro de l'organisation après l'arrivée.
"On pourra lui remontrer les images"
Le timing est parfait à tous les niveaux aujourd'hui. En plus du succès, votre fils Jules et votre femme sont présents à l'arrivée. Vous vous deviez de gagner aujourd'hui ?
Oui, ça m'a donné une motivation supplémentaire. Mon fils est encore très jeune, mais peut-être qu'il se souviendra de celle-ci plus tard. On pourra lui remontrer les images. C'est vrai, courir pour son enfant et sa femme donne un supplément d'âme, et cette victoire est vraiment spéciale. Ils étaient là aujourd'hui, et ce n'est jamais facile de lever les bras pile le jour où votre famille fait le déplacement, donc je suis vraiment super heureux.
Le dernier kilomètre a pourtant été très difficile à négocier. Racontez-nous ce final...
On a eu des problèmes de radio, la mienne était cassée. J'étais tout le temps occupé à chipoter avec parce que les autres équipiers venaient me voir, et sans que je comprenne pourquoi, je me focalisais là-dessus alors qu'il y avait une attaque de 27 coureurs à l'avant. Je ne savais pas trop ce qu'il se passait. Puis on a passé une petite bosse, j'ai vu qu'il ne restait plus qu'un kilomètre et j'ai réalisé que j'avais moins souffert que les autres jours. Dès que j'ai basculé en bonne position dans le dernier virage, la motivation a décuplé. C'est là que Jasper Stuyven a eu une petite crevaison lente. Je n'ai pas vu le reste, je n'entendais rien à la radio, mais j'ai senti qu'il hésitait à lancer le train. Je lui ai dit : "Reste calme, le liquide préventif a colmaté le trou". La communication a été bien meilleure entre nous aujourd'hui. Je lui ai dit de garder son sang-froid, il l'a fait, et je pense qu'il savait aussi que j'étais dans un grand jour.
Hier, on s'inquiétait un peu de vous voir enfermé dans les dernières positions. Étiez-vous inquiet avant ce départ ?
C'est vrai, hier c'était une tout autre histoire. Aujourd'hui, j'étais vraiment concentré sur les coureurs qui avaient bougé hier et qui m'avaient bloqué. J'ai essayé de toujours rester devant eux. Cette fois, j'ai trouvé l'espace nécessaire. Il a juste fallu que je temporise un court instant avant de relancer ma machine. On savait déjà depuis le briefing du matin que c'était un type d'arrivée qui me correspondait parfaitement.
