Tour de France - Anthony Turgis : «Les jours s'enchaînent et ça marche bien»
Par Jules STEPHO le 16/07/2026 à 18:53
Auteur d'une nouvelle place d'honneur ce jeudi 16 juillet, Anthony Turgis (TotalEnergies) a pris la 6e place de la 12e étape à l'issue d'un sprint massif extrêmement nerveux et rapide. Si le coureur français se réjouit de sa régularité et de ses bonnes sensations, il a également évité de justesse les accrochages dans un final marqué par la troisième victoire de Tim Merlier (Soudal Quick-Step) et une lourde chute collective à l'arrière. Il est revenu sur sa course juste après l'arrivée.
"J'aurais voulu accrocher un top 5 parce que je sens que j'ai les jambes pour"
Anthony, vous signez une nouvelle place d'honneur en terminant 6e sur la ligne. Quel est votre sentiment ?
J'aurais voulu accrocher un top 5 parce que je sens que j'ai les jambes pour, après c'est une question de positionnement. En tout cas, l'important c'est d'être là, présent à l'avant. Les jours s'enchaînent et ça marche bien, j'arrive à aligner les bons résultats. J'ai déjà connu ça par le passé, mais bon, faire 6e sur des sprints massifs comme ça, face aux purs sprinteurs, ça reste une bonne performance.
Racontez-nous les 500 derniers mètres, où il y a eu cette grosse chute à l'arrière...
Honnêtement, je ne sais pas du tout ce qu'il s'est passé, je n'ai rien entendu. Dans le final, on est comme dans un tunnel de décibels avec le public et le bruit ambiant. C'était prévisible que ça frotte, tout le monde veut faire sa place dans les derniers mètres. On sait que l'arrivée fait un peu entonnoir, même s'il y avait quand même deux voies pour sprinter. Comme j'étais devant, je n'ai rien vu de la chute.
"On sent quand même de la fatigue dans le peloton"
On a l'impression que la fatigue commence à peser sur le peloton et que le final était particulièrement décousu ?
Oui, on sent quand même de la fatigue dans le peloton, c'est aussi pour ça que ça tente de plus en plus de loin et que les équipes de sprinteurs ont du mal à tout maîtriser. De notre côté, on avait à cœur de mettre quelqu'un dans l'échappée au cas où ça aille au bout. On a encore fait une bonne journée collective. Personnellement, je me sentais bien. J'ai couru un peu dans la retenue au départ pour aider les collègues à essayer de prendre le bon wagon, puis il a fallu se replacer. C'était décousu, il fallait vraiment être vigilant. J'ai réussi à bien me situer pendant les cinq ou six derniers kilomètres.
Vous avez d'ailleurs eu une petite frayeur au cœur de l'emballage final ?
Oui, de mon côté, j'ai eu un petit accrochage avec Biniam Girmay. Heureusement, on a réussi à se rééquilibrer tous les deux, on n'est pas tombés et on a pu faire notre sprint. Il est venu s'excuser juste après la ligne. Je lui ai dit que ce n'était pas grave : du moment qu'on reste sur le vélo, moi ça me va.
"Entre sprinteurs, on se respecte toute la journée sur le vélo"
Voir des coureurs comme Fernando Gaviria aller au sol si près du but, ce sont des images difficiles, même si c'est parfois la dure loi du sprint...
Oui, on sait très bien qu'on prend ce risque-là à chaque fois qu'on se mêle à l'emballage. Tout le monde veut aller chercher un résultat. Entre sprinteurs, on se respecte toute la journée sur le vélo parce qu'on sait pertinemment que dans les dix derniers kilomètres, on dispute nos chances à fond et qu'on ne laissera plus la moindre place aux autres. C'était encore une arrivée très rapide aujourd'hui. Vu le nombre de sprints massifs qu'on a disputés depuis le grand départ, n'avoir qu'une seule chute comme celle-ci, on va dire que le bilan reste "correct".
Un mot sur Tim Merlier, qui s'offre un triplé aujourd'hui, il est trop fort ?
Oui, il a réussi à prendre la bonne vague une nouvelle fois. C'est incontestablement l'homme le plus rapide de ce Tour de France pour l'instant.
