Tour de France - Clim, propreté… le casse-tête des hôtels pour les coureurs du Tour
Par Esteban DA COSTA le 15/07/2026 à 12:22
On le sait : bien récupérer passe par un sommeil de qualité. C'est encore plus vrai pour les coureurs engagés sur cette 133e édition du Tour de France. Accablés par la chaleur qui enveloppe le pays depuis la fin du mois de juin et éprouvés par la difficulté de l'épreuve, les organismes sont mis à rude épreuve depuis le Grand Départ à Barcelone. Pourtant, les conditions de récupération ne semblent pas toujours être à la hauteur. Depuis le début de ce Tour, plusieurs équipes et coureurs se plaignent des hôtels attribués par l'organisation : absence de climatisation, mauvaise connexion Wi-Fi, moisissures, toiles d'araignée… Certains ont même préféré dormir à l'extérieur.
Des nuits à l'hôtel… sur le balcon
Le cas le plus médiatisé est sans doute celui des frères jumeaux Tobias et Anders Halland Johannessen (Uno-X Mobility), qui ont séjourné dans une chambre jugée insalubre avant de passer la nuit à la belle étoile sur leur balcon. Des images largement relayées sur les réseaux sociaux, suscitant de nombreuses réactions. Silvan Dillier (Alpecin-Premier Tech) a lui aussi choisi de dormir dehors, incapable de supporter le bruit du climatiseur portable installé dans sa chambre. Précisons toutefois que les équipes ne choisissent pas elles-mêmes leurs hôtels. C'est l'organisation qui les attribue et les formations sont tenues d'y séjourner. Une situation qui soulève la question de l'équité, mais aussi des conditions de récupération offertes aux coureurs.
Adrie van der Poel : "Je ne pense pas que cela soit digne du Tour"
Chez Alpecin-Premier Tech, le sujet fait également grincer des dents. Le père de Mathieu van der Poel, Adrie van der Poel, s'est exprimé auprès de nos confrères du Nieuwsblad : "Vous avez sûrement vu sur les photos à quoi ressemblaient les chambres. Il y avait même des photos de cafards. Quand on voit tous les investissements que font les équipes, je ne pense pas que cela soit digne du Tour. Je comprends que nous soyons dans une région où les possibilités d'hébergement sont limitées, mais il faut tout de même se demander s'il n'y a pas une autre solution. Peut-être que l'organisation aurait dû intervenir d'elle-même."
Même constat pour Philip Roodhooft, manager de la formation belge : "Je ne veux pas en faire tout un plat et, jusqu'à il y a deux jours, le consensus général était que les hôtels n'étaient pas si mauvais cette année. Mais cela restait malgré tout en dessous des standards. Je comprends qu'il n'y ait pas beaucoup d'hébergements dans cette région, mais certaines choses sont faciles à régler. Il faut veiller à ce que ce soit propre et qu'il y ait une protection correcte contre le soleil et les insectes. Et, quand on voit les efforts que les coureurs doivent fournir, la climatisation devrait vraiment être la norme. C'est une question de respect de la part de l'organisation envers les coureurs."
Stig Kristiansen : "Mathieu van der Poel était furieux"
Du côté d'Uno-X Mobility, le directeur sportif Stig Kristiansen n'a pas mâché ses mots, toujours auprès du Nieuwsblad : "Nous ne nous attendons pas à des hôtels cinq étoiles. Nous voulons simplement un hôtel correct et propre. Surtout lors d'une journée de repos, quand on doit y rester deux nuits. Cette fois-ci, nous avons dormi sur la montagne où nous étions censés arriver le lendemain. Il y avait une fête jusqu'à trois heures du matin. Avec tout ce bruit, il était impossible de dormir. Mathieu van der Poel était furieux quand il a découvert que les organisateurs dormaient dans un magnifique château. Il y a deux ans, nous avions déjà séjourné dans le même hôtel. À l'époque, je l'avais qualifié de l'un des pires endroits où passer la nuit. Espérons que cet établissement sera retiré de la liste à l'avenir."
Pierre-Yves Thouault, directeur adjoint du Tour de France, a toutefois tenu à rappeler auprès de nos confrères de L'Équipe que l'organisation veille à garantir une équité entre les équipes : "Il y a une égalité de traitement. Au niveau des catégories, une équipe qui est dans un hôtel 2 étoiles sera dans un 3 étoiles le lendemain, et nous nous assurons qu'à la fin du Tour, toutes les équipes ont été traitées équitablement. Visma | Lease a Bike aura peut-être cumulé 46 étoiles sur l'ensemble du Tour et Uno-X 47, par exemple. C'est la même chose concernant le kilométrage entre l'hôtel et le départ ou l'arrivée des étapes."
