Tour de France - Bernaudeau : «Profiter d'un sentiment de supériorité des autres
Par Titouan LABOURIE le 17/07/2026 à 20:24
Malgré une nouvelle journée animée par les coureurs de la TotalEnergies, Jean-René Bernaudeau refusait de s'enflammer à l'arrivée de la 13e étape du Tour de France. Satisfait de l'état d'esprit affiché par ses hommes et du rapproché de Jordan Jegat au classement général, le président de l'équipe vendéenne a rappelé au micro de plusieurs médias dont Cyclism'Actu, que l'humilité restait, selon lui, la clé de la réussite sur la Grande Boucle.
"On a le Tour de France dans les tripes"
C'est une fierté de voir votre équipe répondre encore présente dans un contexte particulier pour vous ?
L'équipe n'a jamais déçu le Tour de France. Depuis 25 ans, on a toujours été à la hauteur. On a porté le maillot jaune, remporté des étapes, ramené des maillots distinctifs jusqu'à Paris... On continue dans cette voie et, pour nous, ce n'est pas une surprise. Avec Stéphane Heulot, on a porté le maillot jaune, on a le Tour de France dans les tripes. On sait le préparer, on sait en parler. Cette humilité pour réussir, c'est peut-être ce qui manque parfois dans le cyclisme actuel. Nous, on l'a. On fait en sorte que nos coureurs ne s'emballent pas, mais qu'ils gardent, au fond d'eux, des ambitions secrètes.
Vous attendez encore beaucoup de l'étape de demain (samedi) ?
Oui, tous les jours, le Tour peut changer. Aujourd'hui, il y a quand même eu un passage très difficile autour du 150e kilomètre, où on roulait à plus de 50 km/h de moyenne. Ce sont des efforts qui laissent des traces.
Jordan Jegat réalise un beau rapproché au classement général. Il vous refait le coup de l'an dernier ?
Je n'avais pas regardé le classement. Vous me dites qu'il a repris huit minutes ? C'est donc huit minutes de moins. Je ne sais pas exactement où ça le situe, mais oui, c'est un petit rapproché.
Vous aviez cinq coureurs dans l'échappée, même si elle comptait 57 hommes. C'est tout de même une belle performance.
Oui, ça prouve l'esprit d'équipe. Je veux surtout tirer un coup de chapeau à Thibaut Guernalec, qui s'est sacrifié et qui a énormément contribué à faire vivre cette échappée. À un moment, lorsque c'était très tendu, le deuxième groupe a mis près de 30 kilomètres à combler seulement 30 secondes. Je pense que les équipiers de Tom Pidcock, mais aussi Thibaut Guernalec, ont largement participé à maintenir ce rythme. On savait qu'à plus de 52 km/h de moyenne, il y aurait de la casse dans le final. Bien sûr, il y a Jordan Jegat, mais il y a aussi Nicolas Breuillard, qui découvre le Tour de France. C'est également une très belle satisfaction.
On a le sentiment que votre équipe monte en puissance au fil du Tour.
On travaille énormément sur l'humilité. On demande aux coureurs d'avoir de grandes ambitions, mais de les garder pour eux. Tout ce qui ne fait pas avancer, on ne le dit pas. Avec Stéphane Heulot, notre culture du Tour de France fait que nous le regardons toujours avec de grands yeux. Le Tour de France, c'est souvent "l'homme au marteau". Il faut être attentif au moindre signe de défaillance. On veille à ce que les coureurs courent juste, sans s'enflammer. Et parfois, on peut aussi profiter du sentiment de supériorité des autres.
