Tirreno-Adriatico - Julian Alaphilippe : «Pas encore bon à jeter à la poubelle»
Par Benoît GILLES le 10/03/2026 à 12:00
Auteur d'un bon contre-la-montre inaugural de Tirreno-Adriatico lundi (30e à 54 secondes de Filippo Ganna), Julian Alaphilippe (Tudor Pro Cycling) était, quelques heures plus tard, invité de l'émission hebdomadaire Bistrot Vélo sur Eurosport. Le double Champion du monde (2020, 2021) en est à sa 13e saison professionnelle et enchaîne les courses en Italie en ce début d'année : après les Strade Bianche (20e) samedi et Tirreno-Adriatico, donc, Alaphilippe disputera Milan-San Remo le 21 mars, course qu'il a remportée en 2019. Presque une éternité…
Vidéo - Julian Alaphilippe affichait ses ambitions en début de saison
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Seixas, Grégoire, Magnier... À 33 ans, le double champion du monde est ravi de leur transmettre le flambeau #LesRP https://t.co/D2tzaRpBtw pic.twitter.com/0dSM3jLQBf
— Eurosport France (@Eurosport_FR) March 10, 2026
"J’ai connu des saisons où je jouais la gagne, là ce n’est plus vraiment le cas"
Le temps passe et Julian Alaphilippe, qui aura 34 ans le 11 juin prochain, sait qu'il fait partie des "vieux" maintenant dans le peloton et que ses jambes ne lui offrent plus le même répondant. "Ça fait bizarre quand des coureurs me disent qu’ils me regardaient sur le Tour de France, reconnaît-il. On se rend compte que ça passe vite."
Aux Strade Bianche, il était aux contacts des meilleurs au moment de l'attaque de Tadej Pogacar dans le Monte Sante Marie, mais... "Je me suis un peu trop emballé, souffle Alaphilippe. J’ai vraiment voulu donner le maximum pour ne pas avoir de regrets même si la raison aurait voulu que je me mette à mon rythme. Mais j’ai voulu suivre et je suis resté un peu trop longtemps dans la zone rouge, ça m’a coûté cher. J’ai du mal encore à me dire que c’est difficile pour moi de suivre les meilleurs dans ce genre d’efforts. Gérer, c’est un peu contre-nature, mais c’est devenu tellement dur de gagner les courses que si on ne prend pas ce genre de décision, on disparait des classements. J’ai connu des saisons où je jouais la gagne, là ce n’est plus vraiment le cas."
"C’est fou d’avoir cette génération" de jeunes en France
Mais le Bourbonnais n'est pas du genre à rendre les armes. Pas encore, en tout cas. "Je sais que je ne suis pas encore bon à jeter à la poubelle", a-t-il affiirmé dans Bistrot Vélo. Cette semaine à Tirreno-Adriatico, il visera "une victoire d’étape". A plus long terme, Julian Alaphilippe répète son envie de disputer les championnats du monde à Montréal le 27 septembre prochain. "Je pense qu’il y a des grandes chances que ce soit mon dernier Mondial, si je suis sélectionné évidemment. Mais le sélectionneur (Thomas Voeckler) est au courant de ma motivation. Montréal j’ai toujours adoré, il sait qu’il peut toujours compter sur moi."
Avec son expérience, il pourrait y jouer un rôle de capitaine de route, pour accompagner la jeune et brillante génération qui est en train d'éclore en France. Une manière symbolique de transmettre le flambeau aux petits Bleus, Paul Seixas, Paul Magnier, Romain Grégoire... "Ça me fait plaisir de les voir présents, remarque Julian Alaphilippe. C’est fou d’avoir cette génération. J’ai un œil bienveillant parce que je sais que c’est dur. J’espère que ces mecs vont réaliser des grandes choses, ils méritent, ils ont le moteur. Il faut profiter de cette jeunesse qui arrive. C’est chouette, on a de la chance. Je suis content avec ce que j’ai pu réaliser dans ma carrière. Ce que j’ai pu vivre, c’est tout ce que je souhaite à Paul, Romain, la nouvelle génération. C’est un sport magnifique."
