Tour d'Italie - Barguil : «On me demande de faire un Grand Tour, j'ai dit oui...»
Il n’était pas prévu sur ce Giro d’Italia, mais Warren Barguil (Team Picnic PostNL Raisin) sera finalement bien de la partie sur cette 109e édition. Toujours en quête de son rêve de victoire d’étape sur les trois Grands Tours, le Breton a été appelé de dernière minute suite à l’absence d’un de ses coéquipiers. Le début de saison 2026 ne s’est pas déroulé comme prévu pour Warren Barguil, victime d’une chute sur le Tour des Alpes-Maritimes en février dernier. Après une reprise sur l’Amstel Gold Race (DNF), le coureur de 34 ans s’apprête à prendre le départ de son deuxième Giro et tentera, avec sa formation, de décrocher une victoire d’étape sur cette 109e édition. Il s’est exprimé auprès de plusieurs médias, dont Cyclism’Actu faisait partie.
Vidéo - Warren Barguil s'est exprimé avant le départ du Giro d'Italia 2026 !
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"Je sais que ça va être dur physiquement et mentalement"
"Il y a trop de choses à faire, du coup j’ai abandonné le Tour de Romandie malheureusement. Ça devait être la course qui devait me permettre de reprendre un meilleur niveau pour préparer le Tour ensuite, et puis finalement j’ai eu cet appel, du coup je suis rentré à la maison. Je suis rentré vendredi matin de bonne heure et j’ai fait samedi et dimanche deux bons entraînements pour essayer d’augmenter un peu mon niveau, on va dire, et là c’était vraiment une semaine de récupération. Mon entraîneur a préféré faire le choix de m’utiliser surtout sur la récupération plutôt que d’essayer de remettre encore de la fatigue et de l’intensité. J’ai donc eu pas mal de jus pour lancer un Grand Tour sans préparation vraiment spécifique pour ce Grand Tour. Je suis très content, même si j’étais à moitié prêt. Moi je suis comme un gamin, on me demande d’aller faire un Grand Tour que je voulais faire, forcément j’ai dit oui directement", explique-t-il.
Avec le peu de courses disputées cette saison, le Breton s’avance prudent sur ces trois semaines de course : "Je suis frais, motivé et avec un niveau moyen correct on va dire. Je sais que ça va être dur physiquement et mentalement, mais c’est un truc que je me fixe, essayer de progresser relativement rapidement en première semaine puis attaquer la deuxième semaine pour essayer d’aller dans les échappées. Je vais me baser sur ma condition actuelle qui est bonne et j’espère que ça pourra faire des différences pour aller dans les échappées. Et puis j’ai toujours cette envie de gagner sur les trois Grands Tours, donc ça reste une motivation forte même si je sais que ça va être une mission plus dure, peut-être très loin, mais je suis têtu et borné. Si j’ai dit oui d’être là, c’est parce que le destin veut peut-être bien faire les choses cette année", insiste-t-il.
"J’ai coché quelques étapes"
"Déjà, la blessure, j’avais une date de reprise en tête. L’équipe et les médecins pensaient que ce n’était pas possible, mais moi je m’étais fixé un objectif. Je voulais absolument reprendre avant la Flèche Wallonne. Beaucoup de médecins n’étaient pas chauds, ils disaient que j’étais encore trop juste. J’ai repris le vélo plus vite que prévu, d’abord en intérieur, puis dehors sans vraiment attendre le feu vert. Ensuite tout est allé très vite, j’ai enchaîné plusieurs courses et j’ai commencé le début du Tour de Romandie. Pendant ma convalescence, j’ai insisté pour faire le Romandie. De leur côté, ils savaient que je n’étais pas à 100 %, mais ils savaient aussi que je pouvais apporter autre chose que du résultat pur. C’est aussi ce qui a fait pencher la balance pour me mettre premier remplaçant.
C’est mon deuxième Giro d’Italia, et on dit toujours qu’il se passe quelque chose chaque jour sur le Giro. Même avant le départ, il se passe déjà des choses. Je me rappelle de beaucoup de pluie en 2023, d’une course très ouverte, avec beaucoup d’échappées et plus d’espace que sur le Tour de France pour aller chercher des résultats. C’est moins verrouillé, surtout quand il n’y a pas Pogačar au départ. Je pense que les leaders comme Jonas Vingegaard ont une approche différente, et ça laisse plus de chances aux échappées.
J’ai bien regardé le parcours, j’ai coché quelques étapes. On va surtout voir comment la condition évolue. Là j’ai trois jours ici en Bulgarie pour me situer par rapport au peloton, et ensuite je pourrai cibler les étapes où je peux jouer devant. On a une très bonne équipe pour les échappées, je suis content des coéquipiers présents sur ce Giro. Il y a des coureurs capables de nous amener dans les bons coups, et certains ont déjà beaucoup d’expérience sur le Giro. Moi, je suis “vieux” mais j’ai toujours la passion d’un néo-pro. Je suis très content d’être là, parce que certains coureurs au départ préfèreraient être sur le Tour mais n’ont pas le choix. Moi, je suis simplement heureux d’être au Giro", explique Warren Barguil.
