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Route - Quand Guimard critique : «L'heure est très grave pour la FFC» Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

Route - Quand Guimard critique : «L'heure est très grave pour la FFC»

"L’heure est grave. Très grave même ! Et du côté de la FFC on ne veut rien entendre, rien changer, rien faire d’autre que de continuer vers le mur". C’est par ces mots que Cyrille Guimard, dans un entretien accordé au site Topvelo, dresse sa violente critique en direction de la Fédération française de cyclisme (FFC). L’ex-sélectionneur de l'équipe de France exprime ses inquiétudes sur l’avenir du cyclisme français.

Guimard et la FFC : "On est prisonnier de notre histoire..."

 

"Ni Lappartient ni Callot n’ont voulu entendre"

"Comment peut-on rester de marbre alors que l’on perd 20 000 licenciés ?", s’interroge Le Druide. "Lorsque j’étais au bureau exécutif, entre 2008 et 2012, j’ai bien tenté de faire bouger les choses. Mais en vain. Ni Lappartient ni Callot (l'ancien et l'actuel président de la FFC, ndlr) n’ont voulu entendre. Et pire que cela, ils ne me demandaient jamais mon avis."

Ces problèmes structurels, déjà évoqués au micro de Cyclism’Actu en novembre 2019, minent les relations entre la FFC et les clubs amateurs. Alors que de nouvelles élections ont été décalées en avril 2021, Cyrille Guimard ne veut pas se poser comme le concurrent de Michel Callot. "Je le dénonce mais je ne vais pas repartir au combat à 73 ans. Par contre je peux aider et soutenir au maximum de mes possibilités et de mes connaissances. Si cela est nécessaire évidemment. Il faut que de plus jeunes que moi prennent leurs responsabilités. Et pas seulement des hommes. Car le cyclisme féminin français est également en crise profonde. J’en parle avec Jeannie Longo. Elle est tout autant catastrophée que moi", poursuit-il. 

 

"Ce sont les clubs et les licenciés qui trinquent"

Subissant une baisse importante du nombre de ses licenciés l’an dernier – notamment chez les plus jeunes - la crise sanitaire ne risque pas de faire infléchir cette tendance. De surcroit, l’annulation des courses chez les amateurs est une perte financière considérable pour les associations. "Avec 20 000 licenciés en moins et des charges de fonctionnement de plus en plus élevées, la Fédération tente de maintenir ses recettes en augmentant les coûts. Absurde mais véridique. Et ce sont les clubs et les licenciés qui trinquent. A l’heure de la réduction drastique des subventions municipales, départementales et régionales, nombre de clubs sont contraints au mieux de réduire la voilure, au pire de fermer leurs portes. […] La FFC n’a pas vraiment conscience du danger. Elle peut se retrouver en banqueroute du jour au lendemain pour peu que les clubs décident de changer de Fédération et que les organisateurs ne prennent l’indépendance que leur accorde depuis deux ans la législation européenne. Plus de recettes. Plus de FFC", avertit-t-il. 

 

"Mettre fin aux limiations absurdes de braquets chez les jeunes"

La nouvelle gouvernance devra agir rapidement afin d'être une instance plus démocratique, avec une prise au sérieux des avis émanants à la fois des licenciés et les associations. En d’autres termes, "entendre la base", insiste Cyrille Guimard. "Il faut ensuite changer les règlements avec une prise de conscience du nouveau cyclisme. Par exemple en mettant fin aux limitations absurdes de braquets chez les jeunes". Enfin, le cyclisme féminin devra également être de plus en plus au centre des dossiers de la Fédération. Avec son franc-parler, le consultant considère que "ces dirigeants inconscients ne se rendent pas compte que la Fédération court à la catastrophe. Et le cyclisme français avec. Dans les organismes qui gèrent le sport comme dans la nature, faute de renouvellement on meurt"

 

Les réponses de Michel Callot, le président de la FFC

Après avoir pris connaissances des différentes critiques émises par Cyrille Guimard, Michel Callot, le président de la FFC, a tenu à lui repondre point par point dans les colonnes du journal L'Equipe. Concernant tout d'abord la baisse du nombre de licenciés, le patron de la fédération explique que "dans le pire des cas, on sera, en fin d'année, à une perte de 13 000, 14 000 licenciés, depuis le début du mandat en 2017, dont environ 9 000 liés à la crise du Covid. Toutes les fédérations ont été touchées mais la nôtre plus encore que celles des sports collectifs et du sport scolaire qui délivrent leurs licences en septembre-octobre."

 

"Une ineptie de penser que la FFC pourra fonctionner sans prélèvements vis-à-vis de sa base"

Sur la question des finances et des conséquences pour les clubs de la crise sanitaire, Michel Callot a révélé "qu'un plan de relance important sera annoncé en septembre, à la hauteur de nos moyens, qui relève d'un gros effort pour mettre un peu d'argent sur la table, pour nos clubs, notre base". "Je suis très ouvert à ce qu'il puisse y avoir des projets différents qui s'expriment pour notre fédération, mais à condition de sortir de la critique démagogique, d'amener des propositions concrètes, solides, réalisables. C'est une ineptie de penser que demain la Fédération pourra fonctionner sans prélèvements vis-à-vis de sa base, ça ne marche pas comme ça dans aucune fédération", affirme-t-il.

 

"La difficulté avec Cyrille, c'est lui faire accepter des limites, un cadre organisé"

Enfin, concernant le poste de sélectionneur et le remplacement de Cyrille Guimard, qui sortait pourtant de Mondiaux 2018 marqués par la médaille d'argent de Romain Bardet, par Thomas Voeckler courant 2019 - "Pour me remercier, on m'a remercié. C'est ça la FFC. Vous parlez trop fort ? Vous dérangez ? Vous dégagez ! Peu importe que vous soyez performant et indiscutable" - le président de la FFC a pointé du doigt les méthodes et la personnalité du Druide.

"La difficulté avec Cyrille, c'est lui faire accepter des limites, un cadre organisé. J'avais souscrit à l'idée qu'il puisse jouer un rôle plus important dans l'analyse de la performance au sein de la fédération car c'est important d'avoir un regard critique pour s'améliorer. Le problème avec Cyrille, c'est que nous n'avons jamais trouvé un accord pour encadrer ce rôle-là [...] La fédération sur son volet technique, est une grosse machine, vous pouvez être bons si vous travaillez avec les autres, pas tout seul. C'était ça la difficulté avec Cyrille". 

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Publié le par Jules DERENNE

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