France - Route - Warren Barguil : «Je ne suis pas mort !»
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Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

France - Route - Warren Barguil : «Je ne suis pas mort !»

Sur un parcours qui ne lui semblait pourtant pas destiné, Warren Barguil est devenu ce dimanche champion de France sur le circuit de La Haye-Fouassière. A l'avant très rapidement au sein d'un groupe de 37 coureurs, le membre de l'équipe Arkéa Samsic a su rester aux avant-postes tout au long de la journée et remporter le sprint final au dépend des 2 coureurs de la Cofidis, Julien Simon et Damien Touzé. Après l'arrivée, Warren Barguil expliquait son choix de prendre l'échappé matinale, choix qui s'est avéré gagnant, puis s'exprimait sur le final de ce championnat.

Vidéo - Warren Barguil... en Bleu Blanc Rouge sur le Tour de France

"J'ai vu que ça mettait du temps à sortir donc je me suis dit que c'était peut-être une bonne option de prendre l'échappée sur ce circuit. Après, dans le final, j'ai fait un gros effort dans la dernière bosse mais j'ai un peu coincé par la suite. Guillaume Martin a alors contré sur le sommet et ça a failli le faire pour lui. Mais j'ai vu qu'il y avait 2 Cofidis donc c'était sûr qu'1 des 2 allait se sacrifier et c'est ce qui s'est passé. Et puis après j'attends le dernier moment, c'était un sprint sur la fatigue et je sors un bon sprint."


"J'ai failli arrêter le vélo... "

Loin de satisfaire à toutes les attentes depuis son arrivée dans l'équipe managée par Emmanuel Hubert en 2018, le meilleur grimpeur du Tour de France 2017, blessé par les critiques qu'il a pu subir, se satisfaisait de montrer qu'il était encore bien présent. "Cette victoire n'effacera pas toutes les critiques. J'en fais abstraction cette année mais elles m'ont vraiment touché l'an passé. J'ai failli arrêter le vélo, je fais du vélo pour le plaisir et je n'en prenais plus. Je prouve aujourd'hui que je ne suis pas mort. Je vais pouvoir profiter du maillot de champion de France pendant 1 an et je remercie pour ça mes proches et toute mon équipe."

Warren Barguil sera donc en bleu-blanc-rouge sur le Tour de France à partir de samedi prochain et il est prêt à arborer le plus haut possible ce maillot pendant ces 3 semaines. "Je suis très content et fier de porter le maillot tricolore. Je vais profiter sur le Tour avec ce maillot et essayer d'être performant, avec l'objectif d'une victoire d'étape. Ce serait sympa."


Warren, que signifie ce titre de champion de France ?

Je pense aux gens qui m’ont tendu la main durant cette période difficile et qui sont positifs avec moi, les gens négatifs, je les laisse de c�'té. Oui, des gens qui te tendent la main quand tu es au fond du seau et qui t’aident à trouver des solutions, c’est important et je les remercie beaucoup. Je n’éprouve pas un sentiment de revanche, je pense qu’il y a des cycles dans le vélo. Je ne suis pas surhumain. Je sors d’une période pas facile mais ce n’est pas une revanche. J’ai toujours eu ces jambes-là, il me fallait les retrouver et le mental aussi parce qu’il pêchait. Je suis content de moi.

 

Vous avez as connu des moments difficiles ?

J’ai douté. Ça n’a pas été facile, j’ai voulu arrêter le vélo à un moment donné mais ma femme me soutient beaucoup et finalement je n’ai rien lâché. Je pense que la vie est ainsi, il y a des moments difficiles et de très bons moments et je comprend  qu’il ne faut rien lâcher dans la vie. Je remercie ma femme, ma famille, mon équipe et tous ceux qui m’ont tendu la main pendant cette traversée du désert. Je me suis dit aussi que si j’arrêtais le vélo, cette décision je pouvais fort bien la regretter dans une semaine et toute ma vie.

 

Vous avez coutume de dire que le vélo n’est pas toute votre vie ?

Je fais du vélo par plaisir, je n’ai jamais voulu être professionnel, ce n’était pas mon but et le plaisir, c’est ce qui rythme ma vie. Quand je ne prends pas de plaisir, je ne vois pas pourquoi je continuerai. Je commençais à ne plus en prendre et c’est pour ça que j’ai beaucoup douté. Je ne fais pas du vélo pour faire de l’argent ou pour justifier un salaire. Je le fais pas passion, j’adore rouler avec mes copains, j’adore rouler en peloton. Je me dis que si cette passion de courir ne m’anime plus et que je doive subir des choses négatives, et bien j’arrête et je vais vendre des automobiles parce que ça, j’en rêve depuis que je suis tout petit. Je sais aussi que les critiques forgent la vie, le noir il ne faut pas l’oublier, il faut y penser et en tenir compte. Je suis tenace et j’ai du mental mais plein de paramètres sont entrés en jeu. J’ai changé d’équipe et j’ai changé d’entraîneur, ce n’est jamais facile. Il a fallu prendre mon rythme. Après la saison 2017, j’avais éprouvé le besoin de souffler, je me suis marié, j’ai profité de ma vie qui n’est pas que le vélo. J’ai pris de belles vacances mais je me suis ensuite brûlé les ailes à vouloir revenir trop vite. Au début de cette saison, j’étais bien mais je n’ai pas eu de chance, je tombe deux fois lourdement. Ça y est, il y a de bonnes nouvelles, je vais être papa et je suis champion de France.


Ce titre est-il une délivrance ?

Je pense à moi ce soir, à moi et à mon équipe. On savait que c’était un circuit dur et que le scénario d’un championnat ouvre des portes. A Vendome, il y a dix ans, j’ai été échappé dès le départ, un gros groupe est revenu et je suis sorti seul à 10 kilomètres de l’arrivée. Je suis champion de France junior. Quand on l’a été, on espère toujours même sur un circuit soi-disant roulant pouvoir l’être encore.


Dans le bon déroulement de l’échappée, votre équipe a fait un énorme travail ?

Quand l’échappée s’est faite, on rentre à quatre ou cinq, je suis avec Madouas et Martin. Ça roulait fort. Je me suis dit que si ça se posait derrière et qu’on arrive à prendre trois minutes, ce sera dur pour le peloton sur un circuit aussi usant. L’écart important, c’était la clé. Toute l’équipe a fait un super boulot. Florian Vachon, notre capitaine de route, m’a calmé deux ou trois fois, je l’en remercie. Quand je suis devant, je n’aime pas rester derrière, je trouve ça inutile. Des coureurs ont un peu abusé du principe. Je passais très souvent devant mais je voulais simplement animer l’échappée. A un moment, j’ai cru que ça n’allait pas le faire parce que beaucoup de coureurs ne prenaient plus de relais. Tout le monde était à bloc aussi.


Que s’est-il passé quand vous avez attaqué à deux kilomètres de l’arrivée, vous avez été victime de crampes ?

Je n’ai pas crampé mais j’avais les jambes bien dures et je voyais que Valentin Madouas revenait. Je me suis dit que ça ne servait à rien de rester cinq mètres devant lui. Je me suis relevé et j’ai attendu. Il restait deux Cofidis pour le sprint, il y en a forcément un qui allait lancer l’autre. Damien Touzé a fait le boulot pour Simon. Tulik a lancé, je prends de la vitesse, je les remonte un par un et je me dis que ce n’est pas possible. J’ai attendu le dernier moment pour faire mon sprint. Jusque la ligne d’arrivée, il n’y avait rien d’acquis. Guillaume Martin a fait une belle attaque dans le dernier kilomètre et ça n’a pas suffi. Avant, j’avais déjà fait l’effort de revenir sur Valentin Madouas, je n’ai rien demandé à personne. Je me sentais fort. J’ai beaucoup travaillé sur la distance pour être performant aujourd’hui. La distance fait beaucoup dans un championnat, si ç’avait été 200 kilomètres, on n’aurait pas eu le même scénario. Je ne gagne pas souvent, je ne suis pas un gagneur soi-disant mais quand je gagne, ce sont de belles courses. Je suis fier de moi. 


Imaginiez-vous disputer le Tour de France avec ce maillot bleu-blanc-rouge ?

Demain, je vais faire une sortie de récupération avec le maillot. Je suis super fier, j’ai du mal à réaliser que je vais avoir dans le Tour un maillot bleu-blanc-rouge et un vélo de champion de France. C’est incroyable. Mon objectif sera de chasser des étapes mais plus intelligemment que l’an dernier où j’en ai trop laissé sur la route. Je vais essayer d’être plus malin et de ne pas trop en faire. Ce maillot n’est pas de la pression, c’est de la passion. La pression je me la mets à l’entraînement pour être performant et pour me dire que j’arrive au départ du Tour en ayant tout fait.

Classement général

1FRABARGUIL WarrenArkea - Samsic5h54'36''
2FRASIMON JulienCofidis, Solutions Creditsm.t.
3FRATOUZE DamienCofidis, Solutions Creditsm.t.
4FRATULIK AngeloTeam TotalEnergiesm.t.
5FRAMADOUAS ValentinGroupama-FDJm.t.
6FRAPACHER QuentinB&B Hotels p/b KTMm.t.
7FRAMARTIN GuillaumeIntermarche-Wanty-Gobert Materiaux+ 2''
8FRAGAUTIER CyrilB&B Hotels p/b KTM+ 21''
9FRAOURSELIN PaulTeam TotalEnergiesm.t.
10FRATURGIS AnthonyTeam TotalEnergies+ 1'10''
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Publié le par Nicolas GAUTHIER

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