Tour de France - Baptiste Veistroffer : «Il faudra parfois savoir se freiner...»
Par Titouan LABOURIE le 03/07/2026 à 16:17
Sélectionné pour la première fois de sa carrière sur le Tour de France, Baptiste Veistroffer va découvrir la plus grande course du monde à 26 ans. Le coureur de Lotto Intermarché, récompensé de son bon début de saison, abordera cette "Grande Boucle" avec un rôle d'équipier auprès d'Arnaud De Lie, mais sans renoncer à saisir sa chance si une opportunité se présente. Avant le Grand Départ, il s'est confié au micro de Cyclism'Actu.
"L'objectif sera d'aider Arnaud"
Lorsque nous nous étions vus en janvier, si l'on vous avait dit que vous seriez au départ de votre premier Tour de France quelques mois plus tard, qu'auriez-vous répondu ?
J'aurais répondu que je le ferais peut-être un jour, mais sans doute pas cette année. Et puis finalement, j'y suis. Maintenant, il ne reste plus qu'à se jeter dedans à corps perdu.
Au vu de votre début de saison, cette sélection est méritée. Vous ne vous y attendiez vraiment pas ?
Je l'ai très bien prise. Peut-être que je l'ai méritée, oui, parce que j'ai montré de belles choses. Physiquement, il me manque encore quelques petits détails à améliorer, mais j'ai bien géré mon début de saison. Nous avons beaucoup échangé avec l'équipe et aujourd'hui je suis là, avec un rôle intéressant.
Jean-François Bourlart nous a expliqué que vous seriez notamment là pour épauler Arnaud De Lie.
Oui, l'objectif sera d'aider Arnaud sur les étapes qui lui correspondent, notamment les sprints. Je vais aussi pouvoir mettre à profit mes qualités de rouleur.
On connaît votre tempérament offensif et votre envie d'aller dans les échappées. Avez-vous déjà repéré certaines étapes ?
Pas encore précisément. Nous allons encore en discuter avec l'équipe. Tout dépendra aussi de la forme de mes équipiers, d'Arnaud, de Lennert (Van Eetvelt) ou de Jenno (Berckmoes). S'il est possible d'anticiper certaines étapes en prenant l'échappée pour être en soutien plus loin dans la course, pourquoi pas. Mais tout cela se décidera au fil des jours.
"Paul Seixas ? Sa mentalité est impressionnante"
Pour un premier Tour de France, beaucoup de coureurs se posent énormément de questions. Vous, on a l'impression que vous foncez sans vous en poser...
C'est un peu ça. Je me jette dedans comme on plonge dans une piscine sans connaître la température... ni la profondeur ! Bien sûr, j'apprends aussi. Les premières étapes seront très nerveuses. Tout le monde voudra être parfaitement placé. Heureusement, dès la troisième étape, la montagne fera déjà un peu de sélection. Je m'attends aussi à souffrir, et c'est sans doute une bonne chose d'en être conscient. Trois semaines de course, c'est très long. Il faudra parfois savoir se freiner, ne pas être à bloc tous les jours et gérer ses efforts sur la durée.
Quand on voit le parcours, notamment cette troisième semaine très montagneuse avec deux passages à l'Alpe d'Huez, on ne peut pas s'empêcher d'y penser...
Pour l'instant, je pense surtout aux deux premières étapes. J'ai demandé beaucoup de conseils à mes équipiers qui connaissent déjà le Tour. Encore tout à l'heure à l'entraînement, Georg Zimmermann, qui dispute déjà son sixième Tour, m'a dit de prendre les journées les unes après les autres. Il ne faut pas commencer à compter les jours restants ni penser tout de suite à la difficulté de la troisième semaine. Évidemment, il faut gérer ses efforts sur le long terme, mais si l'on se projette trop loin en pensant déjà à la souffrance qui nous attend, on devient vite pessimiste.
Comme vous, Paul Seixas va découvrir le Tour de France cette année. Que pensez-vous de l'engouement qui l'entoure ?
C'est vrai que tous les journalistes me posent la même question ! Je le connais un peu. Il est très sûr de lui, il sait ce qu'il veut et il n'a pas peur d'échouer. Chez lui, ça fait partie de l'apprentissage. Sa mentalité est impressionnante. Il veut tout casser dès le départ, et avec les qualités qu'il possède, c'est assez incroyable. Je pense qu'il va attirer encore davantage l'attention sur le Tour cette année. Beaucoup plus de médias vont suivre la course parce que l'on a un jeune Français capable de faire de très grandes choses. C'est une excellente nouvelle pour le cyclisme français. Nous avons déjà une très belle génération, mais cela redonne encore un élan supplémentaire, notamment pour les ambitions au classement général. Depuis Thibaut Pinot et Romain Bardet, il nous manquait peut-être ce type de profil.
À quoi ressemblerait un premier Tour de France réussi pour Baptiste Veistroffer ?
C'est une bonne question... Je n'y avais pas vraiment réfléchi. Déjà, réussir à prendre une échappée, ce serait une belle chose. Ensuite, bien aider l'équipe et surtout me surprendre moi-même. J'ai envie de découvrir où sont mes limites, de les repousser et de terminer ce Tour en ayant vraiment tout donné. Si j'y parviens, ce sera déjà un Tour de France réussi.
