Tour Down Under - Paula Blasi : «La communication chez UAE n’a pas été assez bonne»
Décidément, ce début de saison est riche en scénarios surprenants. Après l’échec de la Jayco AlUla lors des Championnats d’Australie, c’est la formation UAE Team ADQ qui s’est complètement fait piéger dans le final de cette 3e étape du Tour Down Under. À trois contre la seule Noemi Rüegg, les coureuses de l’équipe émiratie ont très mal joué le coup et ont dû se contenter des 2e, 3e et 4e places à l’arrivée. Troisième de l’étape et du classement général, meilleure jeune de cette 10e édition, l’Espagnole Paula Blasi est revenue sur ce final rocambolesque.
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"C’est toujours facile de refaire le scénario a posteriori"
Félicitations pour votre maillot. Quelles sont vos émotions, pour vous et pour l’équipe, juste après l’arrivée ?
Je pense qu’on ressent un mélange d’émotions. D’un côté, on peut être vraiment heureuses et fières. On a tout donné. Et puis c’est encore très tôt dans la saison : on est toujours en train d’apprendre à se connaître. Il y a aussi une nouvelle directrice sportive. Mavi est nouvelle dans l’équipe, donc il y a une nouvelle structure, de nouvelles habitudes. Forcément, tout ça prend un peu de temps à se mettre en place. Mais je peux dire qu’on a vraiment fait de notre mieux, qu’on a essayé de courir ensemble. Simplement, à la fin, Noemi était vraiment très forte, donc chapeau à elle. On va essayer d’apprendre de nos erreurs et de progresser.
Si vous aviez une seconde chance, feriez-vous quelque chose différemment dans le final ?
Oui, bien sûr. Mais je pense que, pour l’instant, on a surtout besoin de temps. Après la course, on pense à beaucoup de choses, mais c’est toujours facile de refaire le scénario a posteriori. Cet après-midi, lors du briefing, on va tout revoir en détail, identifier les erreurs éventuelles et essayer de s’améliorer pour la prochaine fois. C’est toujours pareil : avec le recul, on se pose mille questions.
Une fois arrivées au sommet, avec un final très rapide, il fallait absolument la lâcher dans la deuxième montée, non ?
Oui, c’était clairement notre plan principal. Mais honnêtement, c’était vraiment très difficile. Dans la descente, on roule déjà à très haute vitesse, donc essayer d’en remettre encore est compliqué. On pouvait la dépasser, mais pour elle, c’était assez facile de revenir dans la roue, parce qu’on ne gagnait pas tant de vitesse que ça, étant donné qu’on était déjà lancées. On a vraiment tout essayé. Et puis, dans les 500 derniers mètres, il y a eu une incompréhension entre nous. La communication n’a pas été assez bonne. Je pense que c’était simplement un malentendu. Et comme c’est une excellente sprinteuse, on a essayé de jouer nos cartes avant la ligne. Mais voilà, c’est la course.
Le résumé de cette 3e étape
"C’est sûr qu’on aura un débrief assez long..."
Dans un contexte aussi précoce dans la saison, le débrief va être crucial pour avancer rapidement, non ?
Oui, clairement. On prend toujours ça très au sérieux dans l’équipe. C’est même parfois plus important de débriefer après la course qu’avant. Après chaque étape, on analyse déjà nos erreurs, ce qui a fonctionné ou non. Mais aujourd’hui, c’est sûr qu’on aura un débrief assez long.
Peut-on malgré tout tirer du positif, avec trois coureuses dans le top 4 ? Même si c’est frustrant…
Oui, évidemment. Quand on voit le classement, on se dit que, avec trois filles dans les quatre premières, on aurait clairement pu gagner. Mais je suis assez confiante : les victoires vont venir. On a montré qu’on était l’équipe la plus forte, parce que se retrouver à trois contre une dans le final, ce n’est pas quelque chose de courant. Je suis vraiment très heureuse de l’équipe. On a répondu présent, et ce n’est qu’une question de temps avant que tout s’aligne.
On vous a vues très offensives dans les deux montées, avec beaucoup d’agressivité. Vous avez tenté, sans subir la course.
Oui, c’est notre identité. On dit toujours qu’on est une équipe agressive. On aime courir, on aime durcir la course. Même au début de l’étape aujourd’hui, c’était très calme, très facile. On s’est même demandé si on devait attaquer à ce moment-là. Mais notre philosophie, c’est de rendre la course intéressante. Si on se contente de suivre les roues, on ne court pas vraiment, on subit. Nous, on veut faire notre propre course. Aujourd’hui, ça n’a pas fonctionné, mais un jour, ça finira par payer.

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