Route - Armirail : «Les meilleurs équipiers sont les plus polyvalents»
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Photo : Sirotti

Route - Armirail : «Les meilleurs équipiers sont les plus polyvalents»

Plusieurs cadres de la formation Groupama-FDJ effectuent leur rentrée ce week-end, à l’occasion du Tour des Alpes-Maritimes et du Var. Ainsi, Thibaut Pinot, David Gaudu, Valentin Madouas ou Rudy Molard seront sur les routes du Sud-Est de la France. Ce sera également le cas de Bruno Armirail. Le natif des Hautes-Pyrénées sort d’une saison 2020 aboutie, notamment marquée par un grand Tour d’Espagne.

Vidéo - Bruno Armirail possède un parcours hors du commun

Bruno Armirail s’est confié sur le site de sa formation sur la fin de saison dernière : “La Vuelta s’est terminée le 8 novembre et j’ai repris le 10 décembre, ce qui est bien plus tard que la normale. Dans un premier temps, je n’ai pas pu beaucoup rouler chez moi en raison de la météo. Je ne voulais pas prendre de retard non plus, alors j’ai d’abord fait un stage perso en Espagne fin décembre-début janvier. J’avais aussi besoin d’accumuler les kilomètres avant le stage de Tenerife, où je suis personnellement resté 18 jours. L’objectif principal était de faire du foncier, surtout pour David Gaudu et moi-même étant donné qu’on avait terminé notre saison assez tard. C’est seulement sur la toute fin qu’on a fait quelques intensités.”

 

Sur les Grands Tours, un très bon équipier doit être polyvalent”

Le solide rouleur est revenu sur sa volonté de s’améliorer en montagne. “J’avais cette idée en tête depuis un moment, mais elle était difficile à mettre en place en raison de mes programmes de courses. C’est l’absence de courses qui m’a permis de faire le stage à Tignes. L’expérience a vraiment commencé à ce moment-là. On a profité des circonstances pour se lancer. Ça a finalement porté ses fruits en août et septembre puis j’avais 15 jours de trou entre Tirreno et les Ardennaises. On s’est dit que ça valait le coup de renouveler l’expérience en vue de la Vuelta. Aujourd’hui, beaucoup de coureurs font de l’altitude, quasiment tous les meilleurs, et certains en tirent de vrais bénéfices. Alors si ça marche pour les autres, pourquoi ça ne marcherait pas pour moi ? Ça peut s’avérer être un vrai plus, et à notre niveau, il faut mettre toutes les chances de son côté”, explique le coureur de la Groupama-FDJ.

Un choix dicté par son souhait de devenir un élément incontournable de l’équipe à Marc Madiot : “Les meilleurs équipiers du monde sont ceux qui sont les plus polyvalents. Être équipier sur le plat, c’est très bien, mais si on veut vraiment faire partie des meilleurs, il faut aussi passer les cols. J’ai conscience de ne pas être trop mauvais en chrono, mais de là à gagner tous les chronos si je m’y investis complètement ? Je n’en suis pas certain. Alors je me suis dit : « Pourquoi ne pas essayer de retrouver un bon niveau en montagne ? ». Je ne veux pas perdre ma force non plus, car c’est un vrai atout sur le plat, mais si je parviens à retrouver un bon coup de pédale en montagne, ça deviendrait un réel avantage par rapport à d’autres coureurs. Sur la Vuelta par exemple, c’est grâce à ça que j’ai pu être utile à David. Si j’avais roulé sur le plat mais que je n’avais pas passé le premier col, je n’aurais pas servi à grand-chose. Sur les Grands Tours, un très bon équipier doit être polyvalent.”

 

J’aurais bien aimé voir ce que j’aurais donné sans cet accident”

Bruno Armirail estime avoir une marge de progression. “On ne peut jamais le savoir à l’avance, mais il faut constamment repousser ses limites, et c’est ce que je fais depuis que je suis arrivé dans l’équipe. J’espère pouvoir continuer à progresser encore au cours des 3-4 prochaines années. Je suis arrivé assez tard au plus haut-niveau. J’ai été blessé pendant très longtemps, et j’ai perdu beaucoup de temps : deux ans à vrai dire. Je n’ai pratiquement pas couru pendant tout ce temps-là. Et aujourd’hui encore, ça m’embête parfois. J’aurais bien aimé voir ce que ça aurait donné sans cet accident, voir quelle aurait été ma valeur, voir ce qu’aurait été une carrière sans douleurs, sans penser constamment à la position sur le vélo, aux réglages des cales. Je n’avais pas ce genre de problèmes avant, mais j’ai maintenant parfois mal au genou si certaines choses ne sont pas bien ajustées. Ce sont de petits détails, mais ça engendre forcément des regrets,” concède le coureur de 26 ans.

Le Bigourdan tire le bilan de son année 2020 : “Ça a plutôt été une bonne année, c’est vrai, dès le début de saison en Australie. J’ai ensuite fait l’UAE Tour avec David alors que ce n’était pas prévu. Après le confinement, j’ai fait la Route d’Occitanie avec Thibaut puis j’ai été appelé au dernier moment pour faire le Dauphiné, toujours avec Thibaut. Pour moi, c’était quelque chose d’entrer dans ce groupe-là. J’ai commencé à voir que ça prenait un petit peu. Sur le championnat de France, j’ai aussi constaté que mes responsabilités évoluaient. D’habitude au briefing, j’étais nommé parmi les premiers à devoir rouler. Là, j’étais plutôt dans les derniers. J’ai compris que mon statut dans l’équipe avait un peu changé, puis j’ai été premier remplaçant pour le Tour, ce qui a confirmé cette impression. Je me suis ensuite retrouvé leader sur Tirreno puis il y a eu cette Vuelta qui a changé beaucoup de choses.”

 

C’est la victoire qui compte”

Bruno Armirail reste humble au moment d’évoquer ces grandes performances lors de la Vuelta, où il a notamment mis sur orbite David Gaudu vers deux victoires d’étape : “Bien sûr que j’étais content de moi, mais j’étais plus heureux du fait que David concrétise. C’est surtout cette émotion qui prédomine. L’équipier peut travailler toute la journée, et bien travailler, mais au final c’est la victoire qui compte. J’aurais pu être très fort, mais s’il avait fait cinquième, mon travail n’aurait pas été aussi bien vu. S’il y a la victoire au bout, tout le monde va louer l’équipier. S’il n’y a pas la victoire, personne ne va le relever. Alors oui j’étais content de mes propres performances, mais bien plus du fait qu’il aille au bout.”

Equipier modèle, Bruno Armirail accepte son rôle avec bienveillance. “Je fais ce qu’on me demande de faire. Sur la Vuelta, il y avait des étapes faites pour moi, mais je ne pouvais pas partir en échappée, ce n’était pas mon rôle. Il ne faut pas en faire qu’à sa tête. Si on me demande de faire le chrono de Paris-Nice en-dedans car on a besoin de moi le lendemain, je le ferai sans problème. Si un jour on me donne ma chance, j’essaierai de la saisir pour décrocher cette victoire, mais ceci étant dit, je sais aussi qu’avec les responsabilités que je prends désormais dans l’équipe, il sera de plus en plus compliqué d’avoir des opportunités. Je n’y pense pas tant que ça car quand je pars m’entraîner, je me dis surtout que j’ai une chance énorme de pouvoir vivre de ma passion, que beaucoup aimeraient être à ma place. Ce serait une satisfaction personnelle d’avoir au moins une victoire à mon palmarès, mais aujourd’hui je suis juste très très heureux dans ce que je fais”, conclut-il.

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Publié le par Lucas DUPONT

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