Tour d'Italie - Nicolas Roche : «Je vais avoir du pain sur la planche»
Tour d'Italie
Photo : @Cyclismactu / @TeamDSM

Tour d'Italie - Nicolas Roche : «Je vais avoir du pain sur la planche»

Leaders du Team DSM sur le Tour d'Italie, Romain Bardet et Jai Hindley pourront compter pendant trois semaines sur l'expérience, le savoir et le talent du plus français des coureurs irlandais, Nicolas Roche. À 36 ans, ce dernier va participer au 24e Grand Tour de sa carrière, entamée en 2005 sous le maillot de la Cofidis. Déterminé à être une pièce importante du collectif de la formation allemande, Nicolas Roche est surtout ravi de pouvoir revivre un Grand Tour aux côtés de Romain Bardet, qu'il a connu chez AG2R La Mondiale au début des années 2010 et dont il est très proche. À deux jours du Grand Départ du Giro, l'Irlandais s'est longuement confié au micro de Cyclism'Actu.

Vidéo - Son 24e Grand Tour, Bardet... Nicolas Roche se confie !

 

"Ça me plaît d'être le coureur dont l'équipe a besoin tous les jours"

Nicolas, si je vous dis le chiffre 24, qu'est-ce que cela vous évoque ?

C'est mon 24e départ de Grand Tour. Je regarde un peu les statistiques, oui. J'en ai terminé 21 et j'ai abandonné à deux reprises, dont une fois sur le Tour d'Italie, en 2018. Et ça fait 14 ans que j'ai fait mes débuts dans les Grands Tours, et c'était également sur le Giro. Ça ne me rajeunit pas (rires).

 

Vous qui avez l'expérience, comment vous le sentez ce Tour d'Italie 2021 ?

Je le sens bien. Je suis un peu moins bon dans la haute montagne, mais je suis plus fort dans tout ce qui est moyenne montagne. Avec mes 72-73 kilos, et face aux meilleurs grimpeurs qui font moins de 60 kilos, je n'ai plus vraiment un rôle dans la haute montagne, je ne suis plus grimpeur. Je suis plutôt devenu un coureur à tout faire. Je peux donner un coup de main dans les sprints, je peux aller dans les échappées, je peux rouler dans la moyenne montagne, je peux emmener mes leaders jusqu'au pied de la dernière montée, mais je ne peux plus les accompagner jusqu'à 3 kilomètres de l'arrivée en montagne. J'ai réussi à m'adapter et ce nouveau rôle me convient bien car on a besoin de moi tous les jours, j'ai toujours quelque chose à faire. Ça me plaît d'être le coureur dont l'équipe a besoin tous les jours.

 

"Avoir deux leaders, c'est un beau challenge"

Qu'est-ce que ça signifie d'avoir 24 Grands Tours au compteur ? Que l'on vieillit bien ?

Il y a plusieurs choses. Je pense déjà que oui, je vieillis bien. Après, j'ai toujours eu une passion pour les Grands Tours. J'aime être sur ces courses-là, elles me conviennent bien. C'est aussi un gage de confiance pour les équipes, qui savent que j'apporte une plus-value sur les Grands Tours, que ce soit en tant que leader par le passé ou capitaine de route maintenant. Tout ça fait que ce nombre de participations aux courses de trois semaines est assez important.

 

Vous qui êtes le capitaine de route du Team DSM, peut-on dire que votre équipe a deux leaders au moment de débuter ce Tour d'Italie ?

Oui, c'est vrai qu'on a deux leaders. C'est un beau challenge. Avec Romain (Bardet), on avait ce rêve depuis des années. On se disait souvent que ça serait cool de se retrouver. On a toujours eu ce petit challenge entre nous et cette envie de se retrouver dans la même équipe, avec moi en capitaine de route et lui en leader sur un Grand Tour. On en a mis des années à se retrouver (rires), mais le hasard a bien fait les choses. C'est super excitant pour moi d'épauler Romain. Avec Jai (Hindley), c'est un peu pareil. C'est quelqu'un que j'apprécie énormément et qui a beaucoup de talent. Il a hâte de prouver que ce n'était pas un coup de chance et qu'il est au niveau des meilleurs sur un Grand Tour. C'est vraiment bien d'avoir ces deux cartes, avec Romain qui a déjà fait ses preuves et qui représente l'expérience, et Jai, deuxième du Giro l'an passé mais qui a tout encore à démontrer.

 

"Potentiellement, il y a beaucoup de favoris, mais aucun ne se détache"

Quel va être votre rôle sur ce Tour d'Italie ?

Ça va être d'être à la planche tous les jours. Je ne serai pas le dernier homme aux côtés des leaders dans la montagne, mais il faudra que je sois là tous les jours et dans les moments difficiles. Il me faudra être là à chaque fois qu'on a besoin de moi. Je vais avoir du pain sur la planche sur ce Giro, qui est une course piégeuse, avec des routes qui ne sont pas les meilleures, un peloton nerveux, beaucoup de chutes. La météo est également pas simple et il y a cette troisième semaine, lors de laquelle il y a pas mal de défaillances et où tout se joue.

 

C'est un Tour d'Italie très ouvert sur le papier. Egan Bernal a mal au dos, Remco Evenepoel fait son retour... Le grand favori ne serait-il pas Simon Yates, discret mais qui est là et en forme ?

C'est vrai que Simon Yates est là, mais il a aussi des défaillances. On le sait capable d'être une jambe au-dessus de tout le monde pendant une semaine, puis d'avoir une défaillance en deuxième semaine, comme cela s'était passé en 2018. Maintenant, il a deux ou trois ans d'expérience en plus... Il y a également Pavel Sivakov, bien présent lui aussi mais qui chute beaucoup et n'est pas très adroit sur son vélo. Egan Bernal, on ne sait pas trop où il en est. Remco Evenepoel, ce serait la success story si ça se passe bien car ça paraît difficile de revenir sans avoir couru. Vincenzo Nibali qui s'est fracturé le poignet alors qu'il jurait être revenu à son meilleur niveau. Il n'y a pas un leader qui domine plus que les autres en fait. Potentiellement, il y en a beaucoup, mais aucun ne se détache. Physiquement, Simon Yates est celui qui a démontré être le plus fort, mais il y a ce côté où il peut avoir une défaillance...

 

"À deux jours du Grand Départ, tout le monde dans l'équipe a confiance en ses deux leaders"

Quelle sera la force du Team DSM sur ce Tour d'Italie ?

Notre force, c'est déjà d'avoir deux leaders qui sont en bonne condition et, à mon sens, vraiment capables d'être dans les cinq premiers ou sur le podium. Les deux l'ont déjà fait, donc on ne vend pas du rêve, c'est quelque chose qui a été fait. Par ailleurs, l'équipe est bien équilibrée. On n'a peut-être pas la meilleure équipe dans la montagne, mais on a une équipe qui est très solide. Avec Nico Denz, Nikias Arndt et moi-même, on a de l'expérience, mais on a aussi de la jeunesse avec Chris Hamilton et Max Kanter.

 

Vous pensez réellement que Jai Hindley et Romain Bardet peuvent accrocher le podium sur ce Giro, voire plus ?

C'est notre principal objectif. On a beaucoup travaillé pour ça ces derniers mois et j'ai confiance en mes deux leaders. Et plus globalement, à deux jours du Grand Départ, tout le monde dans l'équipe, que ce soit ceux qui sont ici en Italie ou dans les bureaux à Deventer (la ville néerlandaise où est située le siège du Team DSM, ndlr), a confiance en ses deux leaders.

 

Donc, comme nous l'a récemment dit Vincent Lavenu, qui le connaît bien, Romain Bardet a bien préparé son affaire ? Il n'a pas tort en nous disant cela ?

Non, il n'a pas tort. On a fait énormément de sacrifices, on a passé beaucoup de temps en altitude, beaucoup de temps loin de la maison, pour cet objectif. C'était un passage obligatoire que l'équipe a fait, et on a fait de gros investissements personnels pour être prêt pour ce Giro. On est dans des bonnes conditions, et surtout Romain, pour arriver au top.

 

"Je dois être maso car je préfère fêter mon anniversaire sur le Tour plutôt qu'à la maison"

Quelle serait votre crainte au moment d'attaquer votre 24e Grand Tour ?

Il y en a deux. Tout d'abord, il y a la chute. Cela fait partie du boulot, mais c'est quelques chose qui m'embête. Je n'y pense pas quand je suis sur le vélo, mais ça m'arrive d'y penser quand je suis dans la chambre d'hôtel. Et la deuxième crainte, encore plus forte que la chute, c'est que je sois ou que l'équipe soit retirée de la course pour un cas de Covid. Ça serait une catastrophe d'arriver sur le gros objectif de l'année et d'être renvoyé à la maison pour cette raison.

 

Est-il possible que vous fêtiez vos 37 ans le 3 juillet prochain sur les routes du Tour de France ?

Je ne sais pas. J'en ai discuté avec l'équipe, mais elle a envie de se concentrer uniquement sur le Tour d'Italie pour le moment. Mon programme après le Giro n'est donc pas défini. Je pensais faire les Championnats nationaux, mais ils ont été reportés au mois d'octobre. En tout cas, fêter mon anniversaire sur le Tour est une habitude qui me plaît, on sait à quel point j'aime cette course. Je dois être maso car je préfère le fêter sur le Tour plutôt qu'à la maison (rires).

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Publié le par Nicolas GAUTHIER

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