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ITW - Sylvain Chavanel : 'Profitons de la génération Alaphilippe' Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

ITW - Sylvain Chavanel : "Profitons de la génération Alaphilippe"

Sylvain Chavanel a pris sa retraite l'année dernière après 19 saisons passées chez les pros. Pour la première fois depuis bien longtemps, le recordman de participations au Tour de France (18) a donc pu profiter d'une nouvelle vie. Interrogé par Cyclism'Actu, il a parlé de ses différentes activités et de ses futurs projets tout en évoquant la saison écoulée, notamment les exploits de Julian Alaphilippe qu'il a suivis de très près.

Sylvain Chavanel, un an après... au micro de Cyclism'Actu

 

Sylvain, qu'avez-vous fait en 2019 pour cette première année en dehors du peloton ?

En mai, j'ai sorti un livre écrit par Éric Richard, un journaliste que j'ai connu au début de ma carrière professionnelle. Mais avant j'ai participé à la Titan du Désert, une course VTT, c'est l'ancien professionnel Melchor Mauri (vainqueur du Tour d'Espagne en 1991) qui m'a invité. J'y ai gagné l'étape reine alors que j'avais une cheville en vrac. En fait, à l'arrêt de ma carrière, j'ai eu des petits pépins physiques : une fracture du talon parce que je me suis mis à la course à pied, une fracture de la cheville lors d'une randonnée à la montagne... Du coup ce n'était pas top en janvier, février jusqu'à juin, juillet. Mais j'avais donné ma parole à Melchor pour aller sur la Titan du Désert. Ensuite j'ai fait le Tour de France en tant que chauffeur pour le journal L'Equipe, je me suis mis au triathlon, j'ai eu beaucoup d'occupations. Prochainement je vais partir à Shanghai début décembre pour un critérium organisé par RCS. j'ai aussi été ambassadeur pour plusieurs marques, ce qui m'a amené à aller au Roc d'Azur et dans les Pyrénées.

Je reste actif aujourd'hui, tous les week-ends je suis en famille sur des cyclo-cross de ma région, ça me permet de courir avec mes deux frères. C'est un peu un retour en arrière car je n'ai pas connu le milieu amateur, je suis directement rentré dans le grand bain à 20 ans. Donc partager ces choses-là après tant d'années chez les pros, c'est sympa aussi, de retourner à la base du vélo. Je me suis aussi lancé dans la musique, je fais du saxophone et du solfège. Je débute mais j'ai des musiciens à la maison, avec un enfant batteur et un autre guitariste, ça me permet de partager des choses avec eux.

 

Avez-vous comme projet de monter une équipe ou d'intégrer l'encadrement d'une équipe ?

C'est compliqué. Déjà je n'ai pas mes diplômes de management donc on ne peut pas se lancer comme ça dans de tels projets. L'année 2019 m'a permis de réfléchir et de passer plus de temps auprès des miens. La saison prochaine je vais passer mes diplômes d'Etat. Il y a des choses que je ne veux plus trop faire, je ne veux plus m'éloigner trop de ma famille. Quand vous êtes directeur sportif vous êtes amené à beaucoup bouger, donc si je dois faire quelque chose dans les prochains mois je préfèrerais m'investir près de chez moi. Mais chaque chose en son temps, et j'aime bien prendre le temps pour bien faire les choses.

 

Que retenez-vous de la saison écoulée ?

J'étais l'un des derniers rescapés de ma génération, même s'il reste encore Valverde qui est hors norme. Ce que je vois avec mon oeil extérieur c'est l'avènement de la nouvelle génération française et même étrangère. Aujourd'hui on voit des jeunes de 20-21 ans déjà très performants, même si les Français de cet âge sont discrets par rapport aux autres. On a des vagues. Ma génération était moins forte que la génération actuelle, aujourd'hui Alaphilippe prend tout le côté médatique et sportif. Il écrase tout le monde, c'était notre numéro un mondial pendant quelques mois. Les Français de 26-27 sont très performants, mais derrière on a des étrangers de 20-21 ans qui sont déjà là. Il y a Remco Evenepoel, Egan Bernal, Tadej Pogacar... Profitons de la génération de Julian Alaphilippe, c'est vrai que derrière en France il n'y a pas de noms qui sortent, car Alaphilippe, Pinot prennent le dessus.

 

Vous étiez sur le Tour de France, vous avez donc suivi de très près les exploits de Julian Alaphilippe. Avez-vous cru à un moment donné qu'il allait l'emporter ?

Je n'ai pas cru à sa victoire, mais je savais qu'il pouvait faire une très grosse performance, donc je n'étais pas surpris par sa 5e place sur le Tour ni de tout ce qu'il a accompli durant l'année. C'est un coureur complet, il a le jump pour gagner des courses, il sait grimper, sprinter, il a toutes les clés pour réussir. Mais en France on a aussi des très bons grimpeurs comme David Gaudu, et personnellement j'apprécie beaucoup Valentin Madouas, qui est un coureur complet et qui va faire mal je pense. Mais il y en a tellement des bons, j'en oublie plein : Warren Barguil, qui a bien su rebondir cette année, Benoît Cosnefroy... On a beaucoup de coureurs encore jeunes, et ils peuvent faire beaucoup d'années au haut niveau.

 

Quand vous étiez au top, le cyclisme français n'était pas au niveau où il est aujourd'hui. Ça vous a manqué de ne pas avoir une émulation entre coureurs français pour progresser ?

Non pas du tout. À l'époque on me mettait en concurrence avec Voeckler, mais pour ma part je ne me suis jamais senti en concurrence parce que je ne m'occupais que de moi. Ce qui m'a permis de passer un cap c'est d'être chez Quick-Step. Mes meilleures années étaient là-bas, je me sentais super bien dans un groupe, à un âge où je devais percer et avec des coéquipiers de très haut niveau. Quand vous avez Tom Boonen en leader, vous acceptez volontiers d'être son équipier et ça m'a permis de passer un cap par rapport à ce que j'avais connu avant.

 

Alaphilippe serait-il aussi performant s'il n'était pas chez Deceuninck - Quick Step ?

Je pense qu'il peut être aussi fort dans une autre équipe, mais Quick-Step c'est sa famille. Quand j'y étais encore, Alaphilippe était dans l'équipe réserve donc ça fait très longtemps qu'il est dans cette structure. Il connait tout le monde et tout le monde le soutient, sa force vient de là aussi. Se sentir bien, se sentir soutenu, c'est hyper important pour un athlète. Son coéquipier Florian Sénéchal est aussi comme chez lui chez Quick-Step, Rémi Cavagna également, ça fait un bon moment qu'il est dans cette structure. C'est un avantage et c'est le principe des structures formatrices. Il y a le Vendée U avec Total Direct Energie, l'équipe Van Rysel pour AG2R La Mondiale, Groupama-FDJ a son équipe Continental... C'est aussi pour ça que les jeunes arrivent à percer aussi tôt parce qu'ils sont tout de suite dans le grand bain. Et à côté de ça il y a des perles comme Remco Evenepoel, Mathieu van der Poel, Wout Van Aert ou Julian Alaphilippe. Il y a des êtres qui ont plus de talent que les autres, qui ont tout.

 

Un petit mot sur l'équipe Total Direct Energie avec qui vous avez terminé votre carrière et qui aura la possibilité de courir toutes les courses World Tour de son choix l'an prochain...

Ils vont faire un programme en fonction de leurs moyens. Il ne faut pas se cacher non plus, ils n'ont pas les meilleurs coureurs mais c'est bien pour eux de faire des courses de haut niveau. Un coureur comme Lilian Calmejane, ça va lui permettre de prendre de l'envergure. C'est nécessaire pour lui d'avoir un programme un peu plus musclé, et il aimerait bien remporter une étape du Giro après avoir gagné sur le Tour et la Vuelta. Il a déjà prouvé des choses et il faudra qu'il rebondisse de son année 2019 décevante. Mais bon il faudra voir en fonction de l'effectif pour valider le programme.

 

Pour conclure, quels sont vos projets pour 2020 ?

Déjà, je suis ravi que le Tour de France vienne rendre visite à mon département avec une arrivée à Poitiers et un départ à Chauvigny. Je suis ravi de pouvoir vivre ça de l'autre côté de la barrière. Je l'ai connu en tant que coureur, la traversée de Chatellerault c'était quelque chose de magique. Et je vais aussi refaire la Titan du Désert avec mon petit frère Bertrand et aussi Amaël Moinard, qui vient d'arrêter sa carrière. Et j'aurai aussi des missions pour une société avec laquelle je collabore, sur plusieurs événements sportifs notamment sur l'Ardéchoise, une course VTT à Gap. J'ai déjà plusieurs dates bloquées. Et je vais aussi faire du triathlon.

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Publié le par François BONNEFOY

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