ITW - Quiclet et AG2R La Mondiale : «Mai, c'est une remise en route»
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Photo : Yves Perret / ypmedias.com

ITW - Quiclet et AG2R La Mondiale : «Mai, c'est une remise en route»

Depuis lundi dernier, les coureurs vivant en France peuvent s'entraîner en extérieur après avoir passé près de deux mois confinés comme tout le monde. Comment se passe la reprise de l'entraînement ? Les coureurs ont-ils bien digéré le confinement ? Quel programme en attendant la reprise de la compétition en août ? Pour répondre à ces questions, Cyclism'Actu s'est entretenu avec Jean-Baptiste Quiclet, directeur de la performance au sein de l'équipe AG2R La Mondiale, qui nous a parlé de ses coureurs.

Vidéo - Jean-Baptiste Quiclet au micro de Cyclism'Actu

 

Jean-Baptiste Quiclet, comment se passe le déconfinement pour vos coureurs de chez AG2R La Mondiale ?

Ça se passe plutôt bien. Bien sûr il y avait de l'impatience et de l'enthousiasme de reprendre une pratique sur la route. On n'a pas aperçu une baisse d'activité durant le confinement parce qu'il y avait quand même des séances sur home trainer qui nécessitaient un peu de suivi, et voilà, depuis une bonne semaine maintenant les coureurs sont à nouveau sur la route. On est plutôt en train de construire des bases foncières, mais concernant la charge de travail, c'est un peu comme si on repartait sur une nouvelle saison. Toute la réflexion et le travail qu'on fait d'octobre à janvier, on le refait en un mois, un mois et demi, que ce soit la programmation, la planification... C'est intéressant, et ça fait beaucoup de travail.

On a vraiment dédié le mois de mai à la remise en route. Même pour des coureurs comme Oliver Naesen ou Silvan Dillier, qui ont toujours eu le droit d'aller rouler sur la route pendant le confinement, car ils n'étaient pas à plein régime parce que les courses arrivent assez tard. C'est vrai qu'on a des niveaux différents et des profils différents, il y a des coureurs qui vont faire dès début août une Classique comme Milan-San Remo de 300 kilomètres, d'autres coureurs vont faire des courses par étapes de trois ou quatre jours comme le Tour de l'Ain ou la Route d'Occitanie, donc il y a vraiment une grosse réflexion sur la planification. En sachant que, presque encore plus que les autres années, le Tour de France reste la pierre angulaire de l'équipe.

 

Avez-vous senti une grosse différence pendant le confinement entre les coureurs, certains l'ont-ils mieux digéré que d'autres ?

Bien sûr, sur un effectif de 29 coureurs, tout le monde a une sensibilité différente. Je dirais que la tendance générale, ça a été plutôt de freiner que d'encourager à travailler plus, c'est clair. Les coureurs ont l'habitude d'avoir une charge de travail de 20-25 heures par semaine, mais là, avec le home trainer et avec le fait que les courses sont loin, ça nous a poussé à réduire considérablement les volumes de travail. Avec les entraîneurs, on a donc raisonné les coureurs pour qu'ils n'investissent pas trop d'énergie maintenant, qu'ils fassent juste un travail pour entretenir les qualités pour que derrière on ait trois mois constructifs pour être à 100% sur les compétitions. Avec le home trainer, on peut risquer l'hyperthermie, on peut risquer une usure mentale à cause de la monotonie, alors j'ai tout de suite mis un stop dès le premier week-end. Bien sûr les coureurs ont envie de bien faire leur métier, mais on a voulu être prudent. Et depuis une semaine et la reprise de l'entraînement, on a l'impression d'avoir eu raison parce que le niveau des coureurs est loin d'être mauvais, ils manquent juste un petit peu d'autonomie.

 

Mentalement, vos coureurs sont-ils tous en forme ?

Pendant le confinement, les coureurs devaient s'astreindre à un quotidien d'athlète de haut niveau, en faisant surtout attention à la nutrition. La charge de travail a baissé donc les dépenses énergétiques ont baissé, les coureurs avaient donc plus de facilité à prendre du poids. Il a fallu avoir une bonne force mentale pour ne pas grossir. Ensuite, avec le déconfinement, il faut faire attention à ce que les coureurs montent les marches une par une pour qu'il n'y ait pas de saturation dès maintenant et qu'il n'y ait pas une baisse de motivation à l'approche des compétitions. Mais honnêtement, les coureurs ont tous pris la mesure de la crise. En plus, un cycliste professionnel passe beaucoup de temps en voyage, là ils ont eu la chance de pouvoir passer un peu de temps avec leurs familles au printemps, ça a été apprécié quelque part, ça leur a permis de se régénérer. De prendre un mois ou deux de pause au printemps comme ça, je pense que ça aura un effet fraîcheur sur le peloton à la reprise.

 

Reprendre l'entraînement début mai après autant d'inactivité, est-ce que ça laisse le temps pour être prêt en août ou c'est un peu juste ?

Ce n'est pas du tout rédhibitoire. On a l'habitude de travailler sur des cycles de quatre à six semaines, donc jusqu'au 1er août, ça fait trois cycles devant nous. Il y aura assez de temps pour se préparer. Après, avec une saison aussi rapide et aussi dense, ça va automatiquement engendrer des choses à bien identifier, mais globalement c'est largement faisable.

 

Donc vos coureurs arriveront en forme pour leurs objectifs...

Oui, on aura presque une logique d'arriver en forme quasiment à 100% dès le premier week-end, ce qui permettra de passer de week-end en week-end avec un bon niveau de forme. La densité des grosses échéances va être telle qu'on ne pourra pas retravailler entre les courses. Le dernier bloc d'entraînement sera vraiment en juillet, et après ce ne sera qu'une succession de compétitions pour la majorité des coureurs.

 

Du coup, est-ce qu'on peut imaginer retrouver des coureurs complètement cuits en octobre alors qu'il restera encore un mois de courses ?

C'est possible, c'est vraiment possible. Ce n'est pas parce que la saison va être courte qu'elle va être moins éprouvante. Il y aura moins de notion de récupération, on va avoir un condensé de tout ce qui peut se faire sur un vélo en compétition.

 

Avez-vous déjà établi un programme de courses pour vos coureurs ?

Non, c'est encore en discussion, on attendait la confirmation du calendrier ce mardi. Les grandes lignes, on les connait : nos meilleurs coureurs de Classiques seront sur les Classiques, les meilleurs coureurs de courses par étapes seront sur le Tour de France. Mais aujourd'hui, on n'a pas encore l'architecture complète de notre programme.

 

Avez-vous déjà des stages de préparation prévus ?

C'est encore trop tôt. Le problème vient surtout de la législation concernant les déplacements et l'accès à l'hôtellerie. Pour l'instant, on est plus sur une réflexion pour le mois de juin avec des stages individuels pour chaque coureur, et on imagine des regroupements par profils - les classicmen ensemble, les coureurs du Tour ensemble - en juillet sur des lieux différents. Donc il y a aussi toute une logique sanitaire à suivre.

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Publié le par François BONNEFOY

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