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ITW - Jérôme Pineau : 'Je ne veux pas être le Real Madrid !' Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

ITW - Jérôme Pineau : "Je ne veux pas être le Real Madrid !"

En marge de la conférence de presse organisée par l'équipe Vital Concept - B&B Hôtels sur les Quais de Seine à Paris, Cyclism'Actu s'est entretenu avec Jérôme Pineau, le manager des Men in Glaz. L'ancien coureur se confie sur son projet, son recrutement et son ambition de disputer le Tour de France l'an prochain. 

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Cela fait 20 mois que vous avez lancé votre projet. Où en êtes-vous par rapport à votre plan de marche ?

On est en avance, largement, car les partenaires nous le permettent. J'ai l'impression que ce projet et que cette équipe font envie. On n'avait pas du tout prévu d'être aussi ambitieux si vite mais les moyens donnent des ambitions. Concernant le plan de marche, en termes de victoires, on progresse. Sur le développement du club, on est largement en avance. On est déjà quasiment reconnu comme une marque, et c'est tellement important, c'est beaucoup plus important que le nombre de victoires. 

 

Comment expliquez-vous la renaissance de Bryan Coquard cette année ?

Il sortait d'une très grosse frustration, quasiment d'une trahison, quand il est arrivé chez nous en 2018. Il était humainement abîmé et revanchard, avec une soif de prouver des choses. Il est arrivé chez nous avec une page blanche et il a pris sur ses épaules le rôle de leader, le rôle de patron, le rôle d'ambassadeur. Cela faisait beaucoup trop pour lui. Il s'est aperçu que sa préparation n'avait pas été bonne et quand tu t'entraînes mal, tu n'es pas performant. Il a vite redressé la barre en deuxième partie de saison, il a été beaucoup plus performant. Il a fallu du temps pour digérer tout ça, digérer son éviction du Tour, le fait d'être un peu dénigré, d'être mis de côté. Il a su réagir, on s'est beaucoup parlé tous les deux aussi. On a retrouvé notre complicité, ça l'a relancé. Il s'est délesté d'un certain poids avec les arrivées d'Arthur, Pierre et Cyril.

 

Au moment de sa prolongation, vous lui avez donné des garanties concernant le recrutement ?

Je lui ai fait une promesse, c'est qu'il sera encore mieux entouré. On y travaille. Des annonces sont prévues. Forcément, le train de Bryan va être renforcé. On aura cinq à six recrues, peut-être que certains arriveront un peu plus tard parce qu'on est aussi un club formateur, qu'on croît en la jeunesse. On a deux belles pépites qui sont stagiaires avec nous cette année, on va peut-être leur laisser un peu plus de temps que les autres. On sera entre 23 et 25 coureurs. J'ai surtout cherché à recruter intelligemment pour apporter de la plus-value à l'équipe. On a des coureurs qui n'ont pas été performants du tout, qui n'apportent pas satisfaction et donc qui ne seront plus là l'an prochain. Quand Bryan, Pierre, Cyril et compagnie sont sur une grande course, derrière, en Coupe de France, il faut être performant, on n'a pas le droit de passer à côté. On est passé à côté trop de fois donc j'ai recruté pour avoir deux fronts compétitifs. 

 

Qu'est-ce qui vous fait penser que vous vous rapprochez du Tour de France ?

On grandit, on évolue, on montre des choses, on montre un cyclisme offensif. On a notre marque de fabrique, on a un partenaire principal qui est une marque internationale. On va recruter en ce sens. Les mots sont peut-être forts mais j'estime qu'on avait déjà notre place cette année. On ne fait pas pâle figure dans le peloton, on sait gagner des courses. On a des coureurs de très haut niveau. Si j'ai bien vu la première semaine du Tour, il n'y avait pas de sprinteur français de très haut niveau. On est en train de grandir et un projet comme le nôtre, à un moment donné, forcément on ne peut plus l'ignorer. On est patient, on travaille, on montre des choses et je pense qu'elles sont vues.

 

Quand on voit un concurrent aux invitations comme Arkéa-Samsic qui recrute un coureur comme Nairo Quintana, ça fait peur ?

Ça ne fait pas peur parce que ce n'est pas du tout ma philosophie. Accumuler des noms pour faire un équipe, ce n'est pas mon truc. Moi je suis là, je sais ce que je fais, je sais ce que je veux devenir. Je ne veux pas être le Real Madrid du sport éphémère, je sais ce que je fais. Ce que font les autres, peu m'importe. Quand on est une marque bretonne, qu'on est B&B Hôtels et qu'on est Vital Concept, qu'on veut un développement main dans la main avec ses partenaires, quelle idée j'aurais d'aller embaucher des Colombiens ou des Vénézuéliens ? On construit pas à pas. Ils ont déjà un très grand leader [Warren Barguil, ndlr], que j'aurais aimé avoir avec moi à une époque. Accumuler des noms pour des noms, c'est peut-être une façon de se défendre sur des incertitudes de projet et de développement. Moi, je suis un centre de formation, je forme.

 

Vous évoquez votre identité bretonne, et Warren Barguil sera en fin de contrat l'an prochain...

La vraie échéance, c'est 2020. Les grands coureurs arrivent en fin de contrat en 2020. Donc on verra. Nous, on va plutôt structurer, renforcer le staff, la partie jeune de l'équipe, et attendre un peu. Il vaut mieux avoir un million de côté qu'un million de retard. On se prépare à ça, il va y avoir une belle guerre pour le recrutement l'an prochain. J'ai des rêves, j'ai des envies. Deux ou trois noms m'intéressent beaucoup pour passer un cap mais si on recrute un coureur capable de briller sur une course de trois semaines, il faut être capable de l'accueillir. Donc on se structure d'abord pour pouvoir performer ensuite. Performer au Tour de France, sur trois semaines, c'est dans nos idées donc il faut regarder ce qui se fait de mieux et beaucoup de coureurs seront en fin de contrat en 2020.

Propos recueillis par Quentin Ballue

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Publié le par Quentin BALLUE

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