ITW
ITW - Alexis Vuillermoz : 'Je ne désespère pas de retrouver mon niveau' Photo : Vincent Curuchet

ITW - Alexis Vuillermoz : "Je ne désespère pas de retrouver mon niveau"

Alexis Vuillermoz voit enfin le bout du tunnel. Victime d'une fracture de la rotule en août dernier, le Jurassien a dû prendre son mal en patience pendant de longs mois. Désormais de retour sur le vélo, le coureur de l'équipe AG2R La Mondiale devrait reprendre la compétition fin mars. Un moment attendu avec hâte par le vainqueur de la Royal Bernard Drôme Classic. Il se livre pour Cyclism'Actu au sujet de sa convalescence, de son retour au sein du peloton et de ses attentes pour 2020.

Alexis Vuillermoz sur Paris-Nice en 2016

 

Vous n'avez plus couru depuis plus de 5 mois. Comment allez-vous aujourd'hui ?

Ça va beaucoup mieux, je suis bien content de l'évolution. Ça a été un peu long et douloureux, j'ai vécu des mauvais moments, que ce soit la chute, après la chute et la rééducation, qui a été assez douloureuse. Depuis la seconde opération, qui a eu lieu le 20 novembre pour retirer le matériel, j'ai vraiment vu une évolution sensible et rapide de mon état de santé. J'ai eu l'autorisation de reprendre l'entraînement à partir du 1er janvier, ça s'est fait en douceur et sans souci pour le moment. Je ne vais pas parler trop vite et me porter malheur mais pour le moment, je n'ai pas de douleur particulière quand je fais du vélo, c'est le plus important pour moi.

 

Mentalement, comment avez-vous géré cette longue période d'indisponibilité ?

J'ai eu tellement mal pendant deux mois que finalement, j'essayais plutôt de gérer la douleur que le fait de ne pas courir. Dès la mi-décembre quasiment, je sentais que j'étais apte à faire du vélo. Là, ça a été un peu plus long, un peu plus dur parce que dès que le corps est en état de fonctionner, les envies de sortir et d'aller faire du vélo se font pressantes. Mais quand on a vraiment mal et qu'on sait qu'on est dans l'incapacité de le faire, c'est moins compliqué à gérer.

 

En dehors de cette blessure, quel bilan sportif dressez-vous de votre saison 2019 ?

Finalement, ça me fait pas loin de 70 jours de course, donc quasiment une saison complète en termes de jours de course, même si l'arrêt a été prématuré. Il y a eu deux Grands Tours également, j'espère que c'est un travail qui va me servir pour l'avenir et que ça va me permettre de progresser. Sportivement parlant, le bilan a été excellent jusqu'à Tirreno. Je me suis blessé à l'adducteur à Tirreno et à partir de là, ça a été plus compliqué. J'ai longtemps été malade sans vraiment savoir ce que j'avais. J'avais uniquement des glaires dans la trachée et dans les poumons, que je crachais mais sans autre symptôme. On a fait deux cures d'antibiotiques, sans succès, et on ne comprenait pas d'où ça venait. Après le Tour de France, on a trouvé une bactérie intracellulaire qui a été soignée finalement en six jours avec un antibiotique spécifique. Ce que je tiens à retenir, c'est surtout ma victoire dans la Drôme et ma huitième place sur Tirreno. Sur l'étape reine, je finis avec les meilleurs, avec Roglic, Alaphilippe et compagnie, donc non seulement j'ai pu prouver que je pouvais gagner mais aussi que j'étais encore capable de jouer avec les meilleurs sur les courses WorldTour.

 

Aujourd'hui, où en êtes-vous physiquement ? 

Je suis forcément un peu loin. J'ai passé mon test à l'effort le 10 janvier et mes seuils ont glissé. Par contre, ce qui est rassurant, c'est que le déséquilibre est mineur entre ma jambe droite et ma jambe gauche. Ma VO2 n'a pas trop baissé donc physiologiquement, les tests sont plutôt rassurants. Maintenant, ce sont l'entraînement et le volume qui vont faire que je vais revenir progressivement à mon niveau, je l'espère.

 

Vous reprendez la compétition fin mars avec la Classic Loire Atlantique. Pourquoi avoir choisi cette course pour votre reprise ?

Parce que compte tenu de mon état en décembre, on s'était dit que fin mars, avec une reprise de l'entraînement en janvier, c'était le délai minimum pour pouvoir être prêt à courir. On verra en fonction de mon évolution. Si ça va mieux plus vite qu'espéré, peut-être que je participerai plutôt au Tour de Catalogne.

 

Quelles courses disputeriez-vous ensuite ?

L'idée serait pour moi de faire le Tour de Catalogne, puis les Ardennaises et le Tour de Romandie. Concernant ce que je ferai entre le Catalogne et les Ardennaises, c'est en discussion. Est-ce que je ferai le Tour du Pays basque ou la Sarthe, on verra en fonction de mon état de forme. 

 

Vous avez un peu plus de deux mois avant de reprendre la compétition. Quel va être votre programme d'ici là ?

J'ai la chance de retrouver le groupe en stage à Altea, du 16 au 24 janvier. Ca peut paraître bête mais être avec le groupe, ça manque. Quand on court toute l'année avec une équipe et qu'on est écarté pendant cinq mois, on est content de retrouver l'équipe, l'ambiance, etc. Ce sera une première étape. Ensuite, je vais continuer ma préparation à la maison. Il y aura un autre stage en mars certainement avec l'équipe, du côté de Gérone.

 

Quels sont vos objectifs pour 2020 ?

L'année passée, j'avais eu besoin de changer de programme parce que j'avais le même depuis pas mal d'années. Je suis content d'avoir fait les choses de manière différente. A présent, j'ai envie de retrouver les courses que j'aime et que j'ai l'habitude de faire. C'était une bonne chose de changer l'année passée en allant sur le Giro, ça m'a permis de retrouver de l'envie et de la motivation pour préparer le Tour de France.

 

Le Tour de France fait donc partie de vos objectifs ?

Oui, ça va être le gros objectif de ma saison. Le Tour est toujours un moment privilégié. On aura Pierre Latour en leader, on aura une équipe un peu renouvelée et je pense que je serai content d'essayer d'apporter ma pierre à l'édifice. J'ai déjà fait six Tours de France et si je peux apporter un soutien à Pierre, même si c'est un très grand coureur, qu'il a remporté de très grandes courses et qu'il a déjà beaucoup de maturité et d'expérience, ce sera avec grand plaisir. 

 

Le Tour passera dans le Jura cette année, cela renforce encore davantage votre motivation ?

Forcément, quand on passe près de la maison, sur des routes qu'on connaît, c'est toujours quelque chose de motivant. Je sais qu'il ne me reste pas 10 ans de carrière donc ce serait des moments privilégiés à savourer, je l'espère, si je peux vraiment m'exprimer. Le but est aussi d'être en pleine possession de ses moyens sur le Tour de France, de retrouver un très bon niveau de performance pour pouvoir s'exprimer et se faire plaisir en course.

 

Romain Bardet courra cette fois le Giro et non le Tour de France. Selon vous, peut-il se battre pour le maillot rose ?

Oui effectivement, je pense vraiment qu'il peut jouer les premiers rôles. Le Gio est une course montagneuse qui correspond bien à Romain, qui est un vrai grimpeur. Le Giro correspond bien aux vrais grimpeurs et au-delà de ça, le fait de souffler, de voir autre chose, je pense que ça va lui faire du bien psychologiquement pour avoir de la fraîcheir pour les prochains Tours de France mais aussi pour acquérir de nouvelles expériences. Il va voir d'autres types de course, d'autres scénarios, et tout ça est très constructif pour son avenir.

 

Nous sommes en année olympique, les Jeux de Tokyo sont-ils aussi dans votre esprit ?

Pour le moment, pas particulièrement. Après, c'est clair et net que si je suis au niveau... Les Jeux Olympiques, c'est quelque chose qui m'a toujours fait rêver. Je viens du VTT et les Jeux, c'est l'événement planétaire n°1. C'est une course à part, d'une très grande importance. J'ai eu la chance de faire les Jeux à Rio. Quand on est aux Jeux Olympiques, on est un peu sur une autre planète. Si j'ai de nouveau la chance de réaliser ce petit rêve, c'est quand même quelque chose qui reste à part dans une carrière et qui marque à vie.

 

Le parcours de Tokyo pourrait d'ailleurs vous permettre de jouer un rôle lors de la course en ligne.

Si je suis dans la sélection, ce sera pour me dévouer entièrement au collectif. On a vraiment de très bons coureurs en France qui peuvent aller chercher au moins une médaille : Romain, Thibaut Pinot, Julian, Warren Barguil... Si j'ai la chance de pouvoir faire partie d'un collectif qui va à la conquête d'une médaille voire d'un titre olympique, ce serait une expérience encore plus extraordinaire.

 

Vous avez 31 ans, vous revenez d'une lourde blessure et vous êtes en fin de contrat : vous avez le sentiment d'être à un tournant de votre carrière ?

Oui et non. C'est vrai que ces cinq mois ont été longs mais j'ai pu régénérer mon corps. Je n'ai jamais fait de coupure aussi longue dans ma carrière sportive. Quand on voit un coureur comme Valverde qui sort d'une fracture de la rotule et qui retrouve une seconde jeunesse, je ne désespère pas de retrouver mon meilleur niveau, bien au contraire. Surtout que les premiers entraînements sont plutôt encourageants. Je ne veux pas m'enflammer mais je sens que faire un petit break, ça ne fait pas forcément de mal. J'ai 31 ans, je suis sûr qu'il me reste encore quelques belles années. Et si ce n'est pas le cas, je n'aurai pas de regrets parce que ma carrière aura été belle. Je n'aurais pas espéré une telle carrière, je suis heureux de ce que j'ai fait et je pense que c'est ce qui compte.

 

Quelles sont vos prochaines ambitions désormais ? Remporter le général d'une course d'une semaine, retenter le général d'un Grand Tour ?

Je ne sais pas si je pourrai être aussi précis mais retrouver la victoire au niveau WorldTour, c'est quelque chose d'assez marquant. J'ai remporté neuf victoires, une seule en WorldTour, lors du Tour de France, et c'est de loin la plus marquante. Pouvoir de nouveau lever les bras, c'est ça qui m'anime en tant que sportif de haut-niveau.

Vous avez aimé cet article, partagez le ! 

Publié le par Quentin BALLUE

Tous vos Pronostics et vos Paris sur les courses de Cyclisme c'est ICI 

Ces pronostics sont donnés à titre indicatif. Vous ne saurez engager la responsabilité de l'auteur quant aux résultats des courses. Les cotes sont susceptibles de changer jusqu'au départ. «  Jouer comporte des risques : endettement, dépendance… Appelez le 09 74 75 13 13 (appel non surtaxé) »

L'actu en vidéo par Cyclism'Actu


News

Transferts


Sondage

Qui remportera le Tour des Emirats arabes unis ?

















Partenaires