Dans le Rétro de
Dans le Rétro de - Daniel Mangeas : Jalabert et le drame d'Armentières Photo : @DanielMangeas / @SergeLaget

Dans le Rétro de - Daniel Mangeas : Jalabert et le drame d'Armentières

En cette fin du mois de juin et tout au long de ce mois de juillet, il règne - crise sanitaire oblige - une atmosphère bizarre. Une impression de vide absolu. Habituellement, l'effervescence en France est palpable, les vrais amateurs de cyclisme sont au bord des routes. L'édition 2020 du Tour de France aurait dû se dérouler du 27 juin au 19 juillet et a donc été décalée au 29 août. Alors pour tenter de combler ce vide, Cyclism'Actu décide de regarder "Dans le rétro de Daniel Mangeas" pour vous présenter durant ces trois semaines ce qui a marqué l'histoire de la Grande Boucle avec la complicité de Serge Lagetauteur du livre "Jours de Fête, La Grande Histoire du Tour de France". Pour cette quatrième chronique de la série "Tour de France - Dans le Rétro de Daniel Mangeas", souvenons-nous de ce qu'il s'est passé un 3 juillet sur les routes du Tour de France... en 1994.

Tour de France - Dans le Rétro de Daniel Mangeas !

 

"On attendait un sprint"

Personne n'avait prédit un tel final ! "On attendait un sprint avec Laurent Jalabert, Fabiano Fontelli mais ce que je retiens de cette étape, c'est un fracas ! Un bruit assourdissant qui s'est mêlé à la peur présente sur la ligne d'arrivée", se souvient Daniel Mangeas. Disputée il y a 26 ans jour pour jour, la 2e étape entre Lille et Armentières restera dans les annales du Tour de France. Partie de Lille, la Grande Boucle 1994 débutait par un prologue de 7,2 kilomètres où l'ancien champion olympique de poursuite en cyclisme sur piste Chris Boardman marquait les esprits en remportant ce chrono avec la plus grande vitesse jamais enregistrée dans l'histoire de l'épreuve française. Le Britannique devenait ainsi le premier maillot jaune de cette 81e édition avant la première étape en ligne. 

Longue de 234 kilomètres, l'étape du 3 juillet était promise à un sprint final qui devait permettre aux spécialistes de se confronter pour la première fois. Les noms de Djamolidine Abdoujaparov, Fabiano Fontelli ou encore Wilfried Nelissen étaient alors cités comme des potentiels lauréats de cet affrontement. Pourtant, contrairement aux étapes traditionnelles pour les sprinteurs, l'échappée mettait du temps pour sortir du peloton. Finalement, un trio composé de Jean-Paul van Poppel, qui deviendra le premier maillot à pois du Tour de France 1994 en passant en tête de la côte de Mons-en-Pévèle, Rob Mulders et Herman Frison formait le groupe de tête après 166 kilomètres. Ces trois coureurs ne parvenaient pas à résister au peloton et le sprint annoncé au début de la journée se profilait dans la ville de Line Renaud et de Dany Boon.

 

"Le Tour commençait par un drame"

Le champion de Belgique Wilfried Nelissen, bien emmené par ses équipiers, lançait le sprint final jusqu'à ce qu'un événement tragique arrive à plus de 100 mètres de la ligne d'arrivée. "On se souvient de la prise de photo d'un policier qui s'avançait mais, avec son objectif, il ne mesurait pas la distance qu'il le séparait des coureurs. Le Tour de France commençait par un drame", insiste Daniel Mangeas. En effet, Wilfried Nelissen, qui sprintait comme à son habitude avec la tête baissée, n'a pas vu le policier s'avancer près de l'arrivée à Armentières pour prendre une photo. Cet incident provoque une chute massive spectaculaire dans le peloton.

De nombreux coureurs étaient à terre après cet accident. Daniel Mangeas se remémore les scènes de chaos proche de la ligne d'arrivée. "Les coureurs étaient au sol, idem pour les vélos. On se demandait si le pire n'était pas déjà arrivé sur ce Tour de France. Les blessés étaient transportés vers l'hôpital le plus proche." Plusieurs coureurs devaient donc être hospitalisés rapidement afin de soigner les blessures. Même si c'était secondaire sur le moment, cette étape profitait à Djamolidine Abdoujaparov, qui avait su éviter la chute massive en lançant son sprint au milieu de la chaussée. L'Ouzbek, qui décrochera par la suite son troisième maillot vert, devançait Olaf Ludwig et Johan Museeuw.

 

Laurent Jalabert, l'une des principales victimes

Avec Fabiano Fontelli ou Johan Capiot, Laurent Jalabert était l'une des principales victimes de cette chute massive. "Lui, qui était numéro 1 mondial à cette époque et dans le cœur des Français, quittait le Tour de France, à l'image d'un Chris Boardman l'année d'après, alors qu'il venait à peine de débuter", confirme Daniel Mangeas. L'ancien coureur, désormais consultant pour le groupe France Télévisions, subissait alors de lourds dommages dans cette chute. Laurent Jalabert avait la cage thoracique enfoncée ainsi que plusieurs fractures de la mâchoire avec des contusions un peu partout sur le corps notamment au niveau du visage et des mains. Cette chute marquait un tournant dans la carrière du natif de Mazamet.

Caractérisé comme un sprinteur lors de ses premières années dans le peloton, Laurent Jalabert profitait de ses capacités en tant que puncheur et grimpeur pour varier son registre. Ce choix était payant pour l'ancien sélectionneur de l'équipe de France. Il remportait plusieurs classiques : Milan-San Remo (1995) ou le Tour de Lombardie (1997), mais surtout il se développait dans les épreuves de trois semaines pour remporter le Tour d'Espagne en 1995. Il demeure encore le dernier coureur tricolore à avoir remporté un Grand Tour.

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Publié le par François BONNEFOY

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