Dans le Rétro de
Dans le Rétro de - Daniel Mangeas, le duel Anquetil-Poulidor en 1964 Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

Dans le Rétro de - Daniel Mangeas, le duel Anquetil-Poulidor en 1964

En cette fin du mois de juin et tout au long de ce mois de juillet, il règne - crise sanitaire oblige - une atmosphère bizarre. Une impression de vide absolu. Habituellement, l'effervescence en France est palpable, les vrais amateurs de cyclisme sont au bord des routes. L'édition 2020 du Tour de France aurait dû se dérouler du 27 juin au 19 juillet et a donc été décalée au 29 août. Alors pour tenter de combler ce vide, Cyclism'Actu décide de regarder "Dans le rétro de Daniel Mangeas" pour vous présenter durant ces trois semaines ce qui a marqué l'histoire de la Grande Boucle avec la complicité de Serge Lagetauteur du livre "Jours de Fête, La Grande Histoire du Tour de France". Pour cette quinzième chronique de la série "Tour de France - Dans le Rétro de Daniel Mangeas", souvenons-nous de ce qu'il s'est passé un 12 juillet sur les routes du Tour de France... en 1964.

Tour de France - Dans le Rétro de Daniel Mangeas !

 

"À l'époque, on est soit poulidoriste, soit anquetiliste"

C'est certainement le duel qui aura le plus tenu en haleine et divisé la France entière lors d'un mois de juillet. "À l'époque, la France est partagée en deux. On n'est ni de droite, ni de gauche, ni du centre, mais on est soit poulidoriste, soit anquetiliste", nous raconte Daniel Mangeas. Quadruple vainqueur du Tour de France en 1957, 1961, 1962 et 1963, Jacques Anquetil domine la planète cyclisme à cette époque. De son côté, Raymond Poulidor a pris la troisième place de la Grande Boucle en 1962 et va se révéler être un adversaire redoutable pour le Normand, que ce soit sur la route ou dans le coeur des Français.

Et ce sont deux coureurs en pleine confiance qui se présentent à Rennes pour le départ du Tour de France 1964. Victorieux respectivement sur les routes du Tour d'Italie et du Tour d'Espagne avant la Grande Boucle, Jacques Anquetil et Raymond Poulidor arrivent fin prêts le 22 juin 1964 pour se livrer un duel qui va rester dans les annales. Vainqueur d'étape à deux reprises le 30 juin et le 1er juillet - une étape en ligne vers Monaco et un contre-la-montre entre Hyères et Toulon - le Normand aborde la seconde partie du Tour avec un avantage de 31 secondes sur son rival limousinois.

 

La réaction d'orgueil de Raymond Poulidor entre Toulouse et Luchon

Et c'est dans les Pyrénées que la course s'anime franchement. Au lendemain d'une étape de repos lors de laquelle il aura été aperçu en train de boire de la sangria, Jacques Anquetil connaît un début de journée très compliqué entre Andorre et Toulouse. À la dérive dans le Port d'Envalira, il est complètement lâché par ses adversaires et passe au sommet avec 4 minutes de retard sur ses rivaux. Mais l'orgueil du champion et le concours de l'équipe du maillot jaune Georges Groussard, piégé également, lui permettent d'éviter le pire et de réintégrer le groupe des favoris après une course-poursuite d'une intensité folle.

Et ce qui aurait pu virer en cauchemar pour le quadruple vainqueur du Tour va finalement se transformer en excellente journée puisque Raymond Poulidor, victime d'un ennui mécanique puis d'une chute à une vingtaine de kilomètres de l'arrivée, connaît une fin d'étape cataclysmique et perd sur la ligne 2'36" sur son grand rival. Mais Poupou est dans une condition physique exceptionnelle durant ce mois de juillet 1964 et annule son débours dès le lendemain entre Toulouse et Luchon en empochant la minute de bonification dédiée au vainqueur de l'étape et en franchissant la ligne avec 1'43" d'avance sur Jacques Anquetil.

 

L'épisode finale du Puy de Dôme !

Si celui-ci profite du contre-la-montre de Bayonne pour se redonner un peu d'air au classement général et enfin endosser le maillot jaune, tout peut encore basculer lors de la dernière étape de montagne de ce Tour 1964. Se terminant au sommet du Puy de Dôme, cette journée du 12 juillet va rester dans l'Histoire du Tour de France pour l'intensité du duel que vont se livrer les deux premiers du classement général. Disposant au départ de l'étape de 56 secondes d'avance sur le vainqueur du Tour d'Espagne, Jacques Anquetil sait qu'une cinquième victoire dans le Tour de France est toute proche, le dernier contre-la-montre entre Versailles et Paris lui donnant un avantage en plus dans cette fin d'épreuve.

 

"Épaule contre épaule, ils sont cuits, au bout du rouleau..."

Mais la forme de Raymond Poulidor et l'irrégularité du maillot jaune lors de cette 51e édition du Tour de France laisse planer un suspense qui rend nerveuse la France entière. La suite nous est contée par Daniel Mangeas. "Au Puy de Dôme, c'est Julio Jimenez qui va chercher la victoire d'étape. Federico Bahamontes termine deuxième, Anglade et Adorni sont là également, mais il y a le match entre Anquetil et Poulidor. Épaule contre épaule, respiration saccadée de l'un et de l'autre, ils sont cuits, au bout du rouleau, comme ils me l'ont souvent dit lorsque nous en discutions par la suite."

 

"Deux athlètes réunis dans la même souffrance..."

"Raymond Poulidor part devant", poursuit notre chroniqueur. "Mais il ne réussit pas véritablement à assommer Jacques Anquetil. Il revient au classement général à 14 secondes, ce qui fera dire à Jacques Anquetil que c'était 13 de trop. Ce dernier sait alors qu'il va gagner le Tour de France. Mais cette montée du Puy de Dôme, cette image d'Anquetil épaule contre épaule face à Poulidor, a fait le tour du monde. C'était deux athlètes réunis dans la même souffrance, dans la même envie d'aller chercher le maillot jaune qui, finalement, choisira le champion normand."

Vainqueur du contre-la-montre faisant office de dernière étape de ce Tour 1964, Jacques Anquetil décroche un cinquième et dernier Tour de France le 14 juillet 1964. Quant à Raymond Poulidor, il ne le sait pas encore mais il vient de laisser passer sa plus grande chance de remporter le Graal. Auteur de six podiums sur le Tour après cette édition 1964, il n'aura cependant jamais connu le bonheur de la victoire finale, ni même celui de porter ne serait-ce qu'un jour le maillot jaune. Ce qui ne l'a pas empêche de laisser une empreinte indélébile dans le coeur et l'esprit des passionnés de la petite reine...

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Publié le par Nicolas GAUTHIER

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