Bilan 2020
Bilan 2020 - Martin et Viviani, des destins contraires chez Cofidis Photo : @TeamCofidis / Sirotti

Bilan 2020 - Martin et Viviani, des destins contraires chez Cofidis

La saison 2020 de la formation Cofidis laisse une double impression. Peu flatteuses, les statistiques collectives de l'équipe nordiste - deux victoires seulement et une 19e place au classement UCI - laissent à penser qu'elle est complètement passée à côté de son année. Mais à côté de ces chiffres bruts et implacables, il y a cette impression bien plus positive d'une équipe qui a existé sur toutes les courses auxquelles elle a participé - notamment grâce un épatant Guillaume Martin - et qui a même pris ses responsabilités à plusieurs reprises sur les plus grandes courses du calendrier. Retour sur une saison 2020 qui marquait l'entrée dans le WorldTour de la Cofidis de Cédric Vasseur.

Vidéo - Cédric Vasseur : "On s'attendait à plus que deux victoires"

 

La progression constante de Guillaume Martin

Après un début de carrière passé en Belgique au sein de la Wanty Gobert, Guillaume Martin avait fait le choix de signer dans une équipe française et WorldTour en 2020. Montant son niveau sportif d'année en année depuis son arrivée chez les professionnels, le Normand n'a pas baissé de pied cette saison, bien au contraire ! Bien démarré - 7e et meilleur grimpeur du Tour de San Juan, 3e de la Faun-Ardèche Classic et 4e de la Royal Bernard Drôme Classic - son exercice 2020 s'est avéré encore plus concluant au moment de la reprise de la saison en août dernier. 

Et c'est véritablement sur le Critérium du Dauphiné que le talent de Guillaume Martin saute aux yeux du grand public. En permanence avec les meilleurs lors cette édition raccourcie de la course par étapes française, le grimpeur de 27 ans s'est invité sur le podium aux côtés de Daniel Martinez (EF Pro Cycling) et Thibaut Pinot (Groupama-FDJ). Un résultat de très bon augure en vue du Tour de France, l'objectif numéro un du coureur français en cette saison 2020 et qu'il aborde avec une double ambition : un top 10 au classement général et une victoire d'étape.

 

Et si aucun objectif ne sera finalement rempli par Guillaume Martin, ce dernier a tout de même marqué de son empreinte la 107e Grande Boucle, et notamment en se plaçant à la troisième place du général de la huitième à la treizième étape. N'ayant pas peur de se frotter aux meilleurs à Orcières-Merlette et dans les Pyrénées, il a en revanche baissé un peu de pied par la suite, la malchance ne l'ayant pas épargné non plus à quelques reprises. Finalement onzième du classement général final, ce qui reste sa meilleure performance sur le Tour, Guillaume Martin en sort gonflé à bloc et prêt à passer à la dernière partie de sa saison, marquée par les Championnats du monde, Liège-Bastogne-Liège et le Tour d'Espagne.

Essentiel pour l'équipe de France lors du titre de champion du monde décroché à Imola par Julian Alaphilippe - il terminera lui-même à une belle treizième place - et à la bagarre sur la Doyenne des Classiques, qu'il conclura au quatorzième rang, Guillaume Martin va terminer 2020 de la meilleure des manières en étant l'un des personnages majeurs de La Vuelta. Vite écarté de la course au classement général en raison d'un coup de bordure mal digéré dès le deuxième jour, il se recentre alors sur son envie de gagner une étape. Mais à défaut de lever les bras - sa meilleure performance est une deuxième place à Sabinanigo - le diplômé en philosophie va accumuler les places d'honneur et les échappées, ce qui lui permet de remporter haut la main le classement du meilleur grimpeur à Madrid. Une bien belle façon de conclure une saison 2020 qui a définitivement installé Guillaume Martin parmi les meilleurs coureurs du peloton.

 

Le flop Elia Viviani !

Avec Guillaume Martin, il s'agisssait de l'autre recrue phare de Cofidis pour 2020. Arrivé en provenance de la Deceuninck-Quick Step, Elia Viviani devait être le pourvoyeur principal de victoires pour la formation nordiste. Fort de 78 victoires en carrière - dont 38 lors des trois dernières saisons - le sprinteur italien, arrivé en compagnie de son poisson-pilote Fabio Sabatini, devait faire passer un cap statistiquement parlant à sa nouvelle équipe. Mais force est de constater que rien n'a fonctionné comme prévu pour le coureur de 31 ans.

Tombé sur le Tour Down Under à l'occasion de sa première course officielle sous ses nouvelles couleurs, Elia Viviani n'a jamais réussi à trouver la confiance et la bonne carburation en 2020. Insatisfait de sa forme et des repères collectifs mis en place autour de lui, il ne parviendra pas à lever les bras tout au long de la saison, une première pour lui depuis ses débuts professionnels en 2010. Largement dominé par ses rivaux sur le Tour de France et le Tour d'Italie, le champion olympique 2016 de l'omnium - qui garde l'entière confiance de ses dirigeants et "croit au projet Cofidis" - ne souhaite désormais qu'une chose : regoûter à la victoire en 2021.

"Les responsabilités ? C'est du 50-50 entre moi et l'équipe. Je pensais que ça serait plus facile de créer un groupe sprint autour de moi, mais ça ne s'est pas passé comme ça. C'était une mauvaise saison. Dès le Tour Down Under, on a couru après le temps, et lorsque vous n'êtes pas tranquille, cela devient vite difficile [...] Je crois au projet Cofidis encore plus qu'auparavant. L'alchimie n'a pas encore été créée, mais je n'abandonne pas. Il faut que le groupe que nous allons créer fonctionne toujours ensemble. Fabio Sabatini doit par exemple être une certitude, et non un point d'interrogation. Il ne peut pas être remis en question car nous sommes complémentaires. L'objectif en 2021 sera de gagner, et ce peu importe la course", avait-t-il notamment confié à Tuttobiciweb en novembre dernier.

 

Attilio Viviani et Anthony Perez, les "sauveurs" de la Cofidis

Ils sont donc deux coureurs de la Cofidis à avoir goûté au succès cette année : Attilio Viviani et Anthony Perez. Chronologiquement parlant, le premier à avoir fait mouche est l'Italien, vainqueur d'une étape sur la Tropicale Amissa Bongo en janvier dernier. Stagiaire au sein de la formation nordiste lors des derniers mois de la saison 2019, le petit frère d'Elia Viviani s'est définitivement imposé en 2020 comme un coureur rapide et capable de rapporter quelques victoires et places d'honneur à une équipe professionnelle. Avide de progresser, il s'est donné un objectif d'ici deux ans : "battre Arnaud Démare" (Groupama-FDJ) et rejoindre ainsi la caste des plus grands sprinteurs de la planète.

Victorieux pour sa part d'une étape sur le Tour des Alpes-Maritimes et du Var au nez et à la barbe d'Anthony Turgis (Total Direct Energie), Anthony Perez a de nouveau montré ses excellentes qualités de coursier en 2020. Performant également avant le confinement sur les deux courses composant les Boucles Drôme-Ardèche ainsi que sur Paris-Nice, le Toulousain semblait parti pour faire un excellent Tour de France avant de chuter lourdement lors de la troisième étape. Dans l'impossibilité de recourir en 2020 après son accident, celui qui a prolongé jusqu'en 2022 avec Cofidis aura à coeur de reprendre sa marche en avant dès le début de la saison prochaine.

 

Jesus Herrada, Dimitri Claeys, Simone Consonni... ils ont réalisé quelques coups d'éclat

Si Guillaume Martin a été la grande satisfaction côté Cofidis, certains de ses coéquipiers ont également su performer à certaines occasions. Valeur sûre de la formation nordiste depuis son arrivée en 2018, Jesus Herrada, s'il n'a pu gagner une étape d'un Grand Tour comme en 2019, a de nouveau démontré sa fiabilité. À la bagarre sur quasiment toutes les courses qu'il a disputées cette saison, il est notamment passé tout proche d'un succès de prestige sur le Tour de France, seulement devancé par Alexey Lutsenko au sommet du Mont Aigoual. Quinzième de La Flèche Wallonne et du Tour de Lombardie, il a également prouvé qu'il pouvait s'illustrer lors des plus grandes classiques du calendrier. Mais le meilleur résultat décroché cette saison par un coureur de la Cofidis sur un Monument reste à mettre à l'actif du surprenant Dimitri Claeys, excellent sixième d'un Tour des Flandres très relevé. 

Recruté pour soutenir Elia Viviani et intégrer le train du champion d'Europe 2019, Simone Consonni a profité des difficultés de ce dernier pour mettre à profit sa belle pointe de vitesse. S'il n'a pas eu la chance de lever les bras, il s'est tout de même illustré en prenant la deuxième place d'une étape du Tour Down Under en tout début de saison, puis en finissant troisième à Lyon sur le Tour de France et quatrième à Rimini sur le Tour d'Italie. Des résultats qui devraient lui offrir de belles opportunités individuelles en 2021. Enfin, des coureurs comme Nicolas Edet, Pierre-Luc Périchon, Damien Touzé, Emmanuel Morin ou Victor Lafay ont contribué au beau comportement de la Cofidis sur les Grands Tours.

 

2021 : Guillaume Martin sur les rails, Elia Viviani et Christophe Laporte doivent une revanche

Pour sa deuxième année dans le WorldTour, la formation de Cédric Vasseur cherchera à "mettre au fond" en 2021. Et pour cela, elle aura inévitablement besoin de ses deux sprinteurs, à savoir Elia Viviani et Christophe Laporte. Après une première année bien compliquée, l'Italien n'aura pas le droit à l'erreur la saison prochaine. Le début de saison sera primordial pour ce dernier, qui cherchera à se rassurer à travers des victoires rapides et qui pourra compter sur un train solidifié par les arrivées du prometteur Szymon Sajnok (CCC Team) et de l'expérimenté Jempy Drucker (BORA-hansgrohe). Quant au Varois, perturbé par une fracture du poignet en début de saison qui ne lui a pas permis de surfer sur sa magnifique saison 2019 - 9 victoires - il devrait pouvoir reprendre sa progression et permettre ainsi à la Cofidis de gonfler ses statistiques en 2021.

Mais celui sur lequel tous les yeux seront braqués, ce sera bien sûr Guillaume Martin. À 27 ans, ce dernier espère encore franchir un palier la saison prochaine, tout en ayant ce petit grain de réussite qui lui ferait remporter sa première course sous les couleurs de la Cofidis. En recrutant Ruben Fernandez (Euskaltel-Euskadi), Rémy Rochas (NIPPO Delko One Provence) et Simon Geschke (CCC Team), ses dirigeants lui ont adjoint de solides lieutenants dans la montagne, ce qui l'aidera fatalement lors du prochain Tour de France, dont il espère intégrer le top 10 pour la première fois de sa carrière. L'autre moment fort de sa saison 2021 sera les Jeux olympiques de Tokyo, qu'il espère de tout coeur disputer sous les couleurs de l'équipe de France.

 

Mouvements

Arrivées : Ruben Fernandez (Euskaltel-Euskadi), Tom Bohli (UAE Team Emirates), Szymon Sajnok (CCC Team), Rémy Rochas (Nippo Delko One Provence), Jelle Wallays (Lotto Soudal), Thomas Champion (Bourg-en-Bresse Ain Cyclisme), Andre Carvalho (Hagens Berman Axeon), Simon Geschke (CCC Team), Jempy Drucker (BORA-hansgrohe)

Départs : Damien Touzé (AG2R La Mondiale), Cyril Lemoine (B&B Hotels-Vital Concept), Luis Angel Maté (Euskaltel-Euskadi), Jesper Hansen (retraite), Mathias Le Turnier (NIPPO Delko One Provence), Marco Mathis, Stéphane Rossetto et Julien Vermote (fin de contrat)

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Publié le par Nicolas GAUTHIER

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