Tour de France 1989
Tour de France 1989 - Mangeas : «J'ai eu du mal à trouver les mots» Photo : Sirotti / @Cyclismactu

Tour de France 1989 - Mangeas : «J'ai eu du mal à trouver les mots»

Ce jeudi, comme depuis le début de cette semaine, La Chaîne L'Equipe vous propose de revoir les grands moments du Tour de France 1989 et son épilogue. Souvenez-vous, le dimanche 23 juillet 1989, Laurent Fignon perdait le Tour de France sur les Champs-Elysées... pour huit petites secondes. Ce jeudi, sur La Chaîne L'Equipe, vous pourrez donc revoir ce chrono et étape au dénouement incroyable du Tour de France 1989 qui restera marquée à jamais dans l'Histoire. Greg LeMond s'impose devant Laurent Fignon de justesse au terme du contre-la-montre final sur les Champs-Elysées. Speaker du Tour de France à l'époque, Daniel Mangeas revient sur ce qu'il s'est passé pour Cyclism'Actu. Non sans émotion. Daniel Mangeas a commenté le Tour de France pendant 41 ans et cet épisode représente pour lui l'un de ses plus grands souvenirs sur la Grande Boucle. Entretien.

Mangeas : "Je me devais de respecter la détresse de Fignon"

 

"On se disait qu'avec 50 secondes d'avance..."

"Il restait 24 kilomètres de contre-la-montre, Fignon devait avoir 50 secondes d'avance au général. Quelqu'un m'avait fait une confidence, apparemment Laurent souffrait, mais malgré ça on se disait qu'avec 50 secondes d'avance... Pour moi, cette journée était absolument folle", explique Daniel Mangeas. "Quand Fignon passe en face de nous dans la montée des Champs-Elysées, j'avais un chronométreur à côté de moi qui me dit qu'il a deux secondes de retard. Je me demandais presque si son chronométrage était juste. En tout cas, ça a été un contre-la-montre absolument fou, tout le monde pensait que c'était plié : 50 secondes, 24 kilomètres, Laurent qui roule bien... D'ailleurs, il fait un beau chrono en prenant la 3e place malgré son handicap."

 

"C'est le jour où j'ai eu le plus de mal à trouver les mots justes"

"Mais c'est vraiment sur le plan émotionnel que ça me laisse un souvenir", ajoute l'ancien speaker du Tour. "D'un côté, tu as envie de t'emballer pour l'exploit, et d'un autre côté tu as une certaine pudeur, tu te retiens face à la détresse de Laurent quand il franchit la ligne d'arrivée. De toute ma carrière de commentateur, je pense que c'est le jour où j'ai eu le plus de mal à trouver les mots justes, pour être vraiment objectif. On comprend la joie de LeMond, mais je devais respecter la détresse de Laurent. C'était un scénario jamais vu, et qu'on n'a d'ailleurs plus revu puisque jamais le Tour de France ne s'est terminé par un contre-la-montre à nouveau. Et en 1989, c'était une atmosphère bizarre, il y en avait qui se réjouissaient pour Greg, mais en même temps ceux qui se réjouissaient pour Greg avaient des sentiments ambivalents."

 

"Je voulais magnifier la victoire de Greg, mais je ne voulais pas chagriner Laurent"

"Personnellement, je ne m'attendais pas à un tel dénouement, et tout le monde était abasourdi", continue Mangeas. "Tout le monde pensait que Fignon allait remporter un troisième Tour de France. J'aimais bien les deux hommes, même s'ils avaient des caractères différents. C'est peut-être pour ça que ça a guidé mon commentaire, parce que j'avais envie de magnifier la victoire de Greg, mais en même, même si Laurent devait être dans son monde, il devait entendre la sonorisation qui était très forte et je ne voulais pas placer un mot qui aurait pu le chagriner. Le chagrin était déjà assez fort. Et la famille et les proches de Laurent étaient là aussi et je comprenais leur détresse."

 

"Une de mes plus grandes émotions sur le Tour"

"C'est une de mes plus grandes émotions sur le Tour. Parmi les plus belles, il y a aussi l'arrivée de Greg LeMond et Bernard Hinault main dans la main à l'Alpe d'Huez en 86. Il y a l'émotion dans la joie, mais aussi dans la peine, et le souvenir le plus triste est bien sûr le décès de Fabio Casartelli en 95, ça a été épouvantable. Et la chute de Laurent Jalabert à Armentières en 94 lors du sprint. Casartelli n'est pas tombé devant moi, mais Armentières c'était sous mes yeux, et je crois que je n'ai jamais eu aussi peur pour des coureurs que ce jour-là. Donc il y a la joie avec l'arrivée main dans la main de Hinault et LeMond, le duel Fignon-LeMond combine joie et tristesse, et évidemment le dramatique avec ce que j'évoquais juste avant", conclut Mangeas.

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Publié le par François BONNEFOY

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