Tour de France - Le Jura, un passage devenu incontournable du Tour de France
Par Esteban DA COSTA le 06/03/2026 à 11:24
Pour les 20 ans du prestigieux Tour du Jura, les organisateurs Laurent et Didier Monrolin, ainsi que leur père Claude – fondateur de la course en 2006 et du club Jura Cyclisme en 1998 – ont pu compter sur la présence exceptionnelle de Christian Prudhomme, patron du Tour de France. Le département accueillera cette année deux étapes : un départ à Dole le 17 juillet et un nouveau départ à Champagnole le 19 juillet prochain. Mais ce n’est pas tout, puisque les coureuses du Tour de France Femmes avec Zwift rouleront également dans le Jura, avec Poligny qui accueillera une arrivée d’étape le 3 août. Nos confrères régionaux de France Bleu Bourgogne Franche Comté ont recueilli les propos de Christian Prudhomme au sujet du Tour de France et du Jura, où la Grande Boucle n’y a pas fait escale "que" deux fois depuis 2016, en 2018 et en 2021.
Vidéo - Christian Prudhomme au micro de Cyclism'Actu
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Pas moins de 14 passages depuis 2010
Depuis 2010, le Tour de France traverse pourtant très régulièrement le Jura, avec plusieurs départs et arrivées d’étapes. En 2010, Les Rousses accueillent à la fois un départ et une arrivée d’étape, avec la victoire symbolique de Sylvain Chavanel. En 2016, Moirans-en-Montagne est ville de départ. L’année suivante, en 2017, l’étape Dole – Les Rousses est entièrement disputée dans le département, où Lilian Calmejane, victime de crampes, s’impose le jour de l’anniversaire de Jean-René Bernaudeau.
En 2019, le peloton effectue un long passage dans le Jura lors de l’étape Belfort – Chalon-sur-Saône. En 2020, Champagnole reçoit une arrivée d’étape, puis Dole organise un départ en 2022. En 2023, une nouvelle étape 100 % jurassienne relie Moirans-en-Montagne à Poligny. En 2024, Champagnole accueille le départ d’une étape du Tour de France Femmes avec Zwift. En 2025, le Jura est de nouveau traversé lors de l’étape Nantua – Pontarlier. Enfin, en 2026, Dole sera ville de départ de la 13e étape, Champagnole de la 15e, tandis que Poligny accueillera une arrivée d’étape du Tour de France Femmes avec Zwift.
Le patron du Tour de France assume d’ailleurs son attachement à la région, comme il l’a expliqué à nos confrères de France Bleu : "J’ai été très marqué par l’arrivée d’étape du Tour aux Rousses en 2010, où Andy Schleck [futur vainqueur cette année-là] me dit : “Si j’avais su que c’était aussi dur, on aurait attaqué.” Depuis, il y a eu une obsession chez nous : faire en sorte que les champions, et donc ensuite les journalistes, puissent se dire : “Attends, ce ne sont pas simplement des étapes entre la haute montagne qui se passent dans le Jura, cela peut être quelque chose de sélectif, voire de décisif.” Il y a donc cette obsession dans le Jura, comme dans les Vosges ou dans le Massif central, de faire en sorte que certaines étapes puissent être très importantes au-delà des Alpes et des Pyrénées, qui restent évidemment incontournables. Dans cette France coupée en deux, puisque tous les massifs montagneux sont à l’est d’une ligne allant du Pays basque à l’Alsace, nous devons aussi aller de l’autre côté : il y a la Bretagne de Bernard Hinault, qui me tirera les oreilles très fort si on n’y allait plus jamais, ou encore la Vendée, qui adore le Tour. Il n’empêche qu’il y a bien sûr plus de cols ou de côtes à l’est du pays : les Alpes naturellement, et aussi le Jura."
Accueillir une étape du Tour de France, synonyme d’attractivité touristique
Le patron du Tour de France poursuit, toujours pour France Bleu : "Je crois beaucoup à la récurrence. En 2014, le maire de Chamrousse, dans le département de l’Isère, avait pour concurrent l’Alpe d’Huez, qui est un mythe du Tour de France ! Et il me disait : “Il faut de la récurrence.” C’est par exemple ce que l’on a pu voir à La Planche des Belles Filles, que personne ne connaissait en Haute-Saône. Et d’un seul coup, les gens sont venus [au fil des arrivées d’étapes en 2012, 2014, 2017, 2019, 2020 et 2022, hommes et femmes]. Je crois donc à cette récurrence. Il est toujours difficile de quantifier les retombées. Mais si nous avons environ 300 candidatures chaque année pour le Tour de France, pour une trentaine de places, c’est bien que le rapport qualité-prix doit être intéressant.
Il y a à la fois les retombées immédiates pour les hôtels, les restaurants, les pressings ou les stations-service, et ensuite ce que cela peut apporter au tourisme dans un département comme celui du Jura, qui est juste magnifique… et qui mérite sans doute d’être encore plus connu. Grâce aux images du Tour, il l’est évidemment davantage. Dans le premier pays touristique au monde qu’est la France, si l’on voulait faire une bande-annonce pour montrer la beauté de notre pays, on inventerait le Tour de France", conclut Christian Prudhomme pour France Bleu.
