Tour de France - Hugo Page : «On n'est pas attendu, donc on n'a pas cette pression»
Par Titouan LABOURIE le 02/07/2026 à 16:08
Pour son premier Tour de France sous les couleurs de Cofidis, Hugo Page sait que l'équipe abordera la "Grande Boucle" avec un statut d'outsider. Sans ambition au classement général, la formation nordiste misera tout sur les victoires d'étape, avec Milan Fretin pour les sprints mais aussi une stratégie offensive sur les terrains plus accidentés. Le sprinteur français s'est confié à Cyclism'Actu avant le Grand Départ.
"Notre mot d'ordre : attaquer"
Quels seront les objectifs de Cofidis sur ce Tour de France ?
C'est vrai qu'on arrive avec plusieurs objectifs. Je pense qu'on va rapidement faire une croix sur le classement général, mais ce n'est pas plus mal, car cela va nous permettre de nous concentrer sur les victoires d'étape. Le but de l'équipe est vraiment d'en remporter une. On sait à quel point c'est important et, si on y parvient, notre Tour de France sera forcément réussi. Pour cela, on pourra compter sur Milan Fretin dans les sprints. On sait aussi qu'Alex Aranburu et Ion Izagirre peuvent jouer leur carte dans les échappées sur des étapes plus vallonnées et plus difficiles. Et puis, de manière générale, on veut être offensifs, intégrer des échappées et essayer d'aller au bout. Je pense que ce sera vraiment notre mot d'ordre : attaquer.
Votre rôle sera principalement d'accompagner Milan Fretin ?
Oui, je serai dans son train cette année. Ensuite, l'idée sera aussi d'être offensif, de ne pas trop calculer et d'essayer de prendre les bonnes échappées quand le terrain sera un peu plus accidenté. Il y aura peut-être aussi des opportunités sur des sprints en comité réduit, où je pourrai tenter ma chance.
Milan Fretin va découvrir le Tour de France. Vous, non. Qu'avez-vous pu lui dire sur la particularité des sprints sur la Grande Boucle ?
On n'en a pas encore énormément parlé, mais c'est vrai que c'est totalement différent. Ça m'avait d'ailleurs surpris lors de mon premier Tour. À cinquante kilomètres de l'arrivée, c'est déjà extrêmement nerveux, les routes sont quasiment bloquées et tout le monde veut être devant. Ça roule aussi beaucoup plus vite que sur les autres courses.
C'est encore plus marqué aujourd'hui ?
Oui, de plus en plus. Après, il n'y a quasiment plus de courses faciles aujourd'hui. Mais le Tour reste le Tour, la plus grande course du monde. Tout le monde arrive parfaitement préparé et le niveau est extrêmement élevé.
"Il faudra être malin"
Vous évoquiez des sprints en petit comité ou des échappées. Avez-vous déjà ciblé certaines étapes ?
Oui, j'en ai repéré quelques-unes. Après, il faudra être malin. Ce sera aussi une première pour moi, parce que je n'ai jamais vraiment pris beaucoup d'échappées depuis le début de ma carrière professionnelle. C'est quelque chose qui me tente énormément, surtout sur le Tour de France. Depuis le début de la saison, on a vu beaucoup d'échappées aller au bout, donc je pense que c'est une bonne stratégie. Il y aura quelques étapes qui peuvent me convenir, mais il faudra être solide et bien passer les bosses. Je me suis entraîné pour ça.
Le Grand Départ en Espagne doit aussi être un moment particulier pour Cofidis, avec plusieurs coureurs espagnols dans l'équipe...
Oui, c'est important de bien commencer. Ion Izagirre et Alex Aranburu sont très motivés. Alex vient de gagner sur le Baloise Belgium Tour, donc il arrive en grande forme. D'ailleurs, je pense que toute l'équipe est dans de bonnes dispositions. Ce départ est important pour nous. Nous sommes ici à Cofidis Espagne, donc cela nous tient à cœur de démarrer sur de bonnes bases. Dès dimanche, il y aura déjà une belle opportunité pour nous.
C'est aussi une première pour votre manager général Raphaël Jeune...
Oui, c'est son premier Tour de France en tant que manager général. De mon côté, c'est mon premier Tour sous les couleurs de Cofidis. Il apporte une vraie fraîcheur au groupe et une très bonne ambiance. Tout le monde semble heureux d'être là et l'atmosphère est différente de celle des années précédentes. C'est très positif.
Vous partez sans l'un des grands favoris du classement général. Cela vous donne-t-il un vrai statut d'outsider ?
Oui, clairement. Nous ne sommes pas attendus, donc nous n'avons pas cette pression-là. C'est aussi un avantage. Je me souviens de mon premier Tour avec Intermarché. Nous étions considérés comme l'une des plus petites équipes du peloton et pourtant nous étions repartis avec trois victoires d'étape et le maillot vert. Comme quoi, tout est possible. Il faut simplement être solides, courir avec une bonne dynamique collective et saisir les opportunités.
