Route - Antoine Huby se relance aux Philippines et vise un retour en Europe
Antoine Huby s'est longuement confié à Eurosport sur la manière dont il a relancé sa carrière à l'autre bout du monde après son départ de l'équipe Soudal Quick-Step fin 2025. Non prolongé par la structure belge et confronté à un marché des transferts totalement bouché, le Breton de 25 ans a traversé une grave dépression hivernale avant de s'engager au printemps avec la formation continentale 7-Eleven. Un choix exotique payant puisqu'il vient de briller sur les routes du Tour de Luzon aux Philippines, une épreuve nationale de 14 étapes où ses victoires en montagne ont agi comme un véritable déclic psychologique, rallumant l'ambition de frapper de nouveau à la porte des équipes professionnelles européennes.
"Je me demandais parfois pourquoi je continuais à m’entraîner"
L'interrégion entre la fin de saison 2025 et le début d'année 2026 a été un immense chemin de croix pour le jeune coureur, qui s'est retrouvé sans aucune perspective d'avenir. "Quand les dernières pistes se sont fermées, la période est devenue très difficile mentalement. J’avais du mal à aller rouler alors que c’est ce que j’aime le plus, normalement. Je me demandais parfois pourquoi je continuais à m’entraîner. Je voyais tout en noir", avoue-t-il avec une grande franchise, confessant avoir même arrêté de suivre les plans de son entraîneur.
Le salut est finalement venu d'une proposition de l'équipe philippine 7-Eleven, transmise par son compatriote Édouard Bonnefoix. Débarqué en Asie avec l'étiquette prestigieuse d'ancien coureur du WorldTour, Antoine Huby a dû s'adapter instantanément à un environnement aux antipodes du confort européen. Au milieu d'une ferveur populaire incroyable, il a découvert un cyclisme d'instinct, très offensif, mais surtout des conditions de course diffiles , marquées par une logistique rudimentaire, des routes ouvertes à la circulation et des températures étouffantes. "Sur certaines étapes, on roulait à près de 45 degrés. Pour gérer la chaleur, il fallait constamment s’arroser. On roulait avec des petites bouteilles d’eau minérale. À l’arrivée, il y avait même des camions de pompiers avec des lances à incendie pour refroidir les coureurs".
"Mon téléphone reste allumé avec grand plaisir ! "
Malgré un manque d'acclimatation qui lui a coûté le classement général lors des premières étapes de l'épreuve, notamment sur le contre-la-montre, le Malouin a réalisé un véritable festival dès que la route s'est cabrée. En surclassement total, il s'est offert trois victoires d'étapes au sommet, s'emparant au passage du maillot de meilleur grimpeur et du classement par points. Au-delà des chiffres, cette expérience humaine unique lui a permis de retrouver des valeurs simples et de balayer ses doutes. "L’expérience de vie a été énorme. Elle remet énormément de choses en perspective. Là-bas, les moyens sont limités et il faut laisser l’ego de côté. J’aimais beaucoup appris humainement. Là-bas, j’ai redécouvert pourquoi j’aimais le vélo".
Désormais installé à Nice pour optimiser ses entraînements, tout en suivant de près les performances sur le Giro de son grand ami Paul Magnier, Huby a établi un programme solide pour les mois à venir, incluant le Tour de l'Île Maurice, des épreuves en Corée du Sud, le Tour de Langkawi et les Championnats de France. Affûté et requinqué, il lance un message clair aux directeurs sportifs d'Europe : "Mon objectif est clair : marquer des points UCI, gagner des courses et montrer aux équipes européennes que j’ai encore le niveau pour revenir dans le peloton professionnel européen. Mon téléphone reste allumé avec grand plaisir ! Je sais où je veux aller et je suis prêt à travailler très dur pour y parvenir".
