Liège-Bastogne-Liège - Anquetil, Hinault... Les vainqueurs français de la Doyenne
Par Paul-Antoine STEVENIN le 25/04/2026 à 12:05
Souvent placés, rarement vainqueurs. C'est comme cela que l'on pourrait qualifier les performances des français sur Liège-Bastogne-Liège depuis sa création en 1892. Et en effet, seuls quatre français sont parvenus à s'imposer sur La Doyenne, le dernier en date étant Bernard Hinault... en 1980. Pourtant des coureurs tels que Laurent Fignon, Laurent Jalabert, Julian Alaphilippe ou même Romain Bardet sont passés parfois à un sprint près de lever les bras sur un monument qui ne réussit pourtant pas aux tricolores. Alors qui sont ces héros qui sont parvenus à s'imposer sur Liège-Bastogne-Liège, où les Français se sont pourtant cassés les dents à de si nombreuses reprises ?
Vidéo - Paul Seixas, 5e vainqueur français de Liège-Bastogne-Liège ?
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1908 : André Trousselier
Pour trouver la première victoire française sur Liège-Bastogne-Liège, il nous faut remonter au début du siècle dernier, à la quatrième édition de La Doyenne. Après 14 années d'absence, la classique ardennaise renaît sur un parcours repensé et s'ouvre pour la première fois aux coureurs professionnelles, alors qu'elle était jusqu'alors une course amateure. Et après trois premières éditions dominées par le belge Léon Houa, le premier coureur non-belge triomphe. À 21 ans, André Trousselier, frère de Louis Trousselier — vainqueur de Paris-Roubaix et du Tour de France 1905 — s'impose à Liège et restera pour les 21 années suivantes et la victoire de l'Allemand Hermann Buse, le seul vainqueur non-belge de Liège-Bastogne-Liège.
La carrière cycliste d'Andrée Trousselier ne connaîtra pas d'autres coups d'éclats, lui qui se concentrera sur le football à partir de 1910 après avoir combiné les deux depuis 1907, au Racing Club de France.
1949 : Camille Danguillaume
Hormis Trousselier et donc plus tard Hermann Buse, personne jusqu'en 1949 ne parviendra à stopper l'hégémonie Belge sur Liège-Bastogne-Liège. Tout cela jusqu'au succès de Camille Danguillaume, en 1949, au sprint face à Adolf Verschueren, Roger Gyselinck, Willy Kemp et Maurice Meersman. Jusque là habitué aux places d'honneurs sur les plus grandes classiques (5e sur La Doyenne un an plus tôt, 5e de Paris-Roubaix en 1946), le Breton a connu en ce jour de mai 1949 sa plus grande victoire en carrière. Et cette victoire sera malheurusement la dernière pour le natif de Chateaulin, qui perdra la vie un an plus tard lors d'un accrochage avec des cyclomoteurs lors du championnat de France 1950.
Bernard Hinault, dernier vainqueur français de la Doyenne
1966 : Jacques Anquetil
Si après la victoire de Danguillaume, les vainqueurs de la Doyenne commencent à s'internationaliser avec les deux victoires notamment du Suisse Ferdinand Kubler (1951 et 1952) ou encore du Luxembourgeois Marcel Ernzer (1954), les Belges restent tout de même maîtres en leur royaume. Mais après les trois victoires d'Alfred De Bruyne ou de celle de Rik van Looy, un Français va renouer avec la victoire à Liège. En 1966, Jacques Anquetil est déjà un quintuple vainqueur de Tour de France et a donc déjà un certaine notoriété dans le peloton. Et à juste titre puisque Maître Jacques va s'imposer en tête de course avec près de cinq minutes d'avance sur ses adversaires, notamment un certain Eddy Merckx, qui prendra possession de la classique belge à partir de 1970.
Mais pourtant, cette victoire a bien failli échapper à Jacques Anquetil. Épinglé quelques jours plus tard pour ne pas s'être présenté au contrôle antidopage, le Normand est déclassé, amendé et risque une suspension. Mais en étant le meilleur coureur du monde à cette époque, la menace de ne plus venir courir en Belgique et la saisie de la justice est suffisante pour avoir gain de causee et Anquetil retrouve finalement sa couronne.
1977 et 1980 : Bernard Hinault
Comme sur le Tour de France, Bernard Hinault reste le dernier coureur français à être parvenu à monter sur la plus haute marche du podium de Liège-Bastogne-Liège. Le Blaireau s'impose une première fois en 1977 dans un sprint sous la pluie face à André Dierickx, pour sa découverte de la Doyenne et sa première victoire sur un monument, avant que quatre autres ne suivent. Et Hinault récidive en 1980, cette fois dans la peau d'un double vainqueur du Tour de France et en solitaire, avec près de dix minutes d'avance sur ses premiers concurrents, tout cela quelques semaines avant de remporter un premier Tour d'Italie.
Vera-t-on ce dimanche un nouveau vainqueur français sur la Doyenne ? Avec Lenny Martinez (Bahrain-Victorious), Romain Grégoire (Groupama-FDJ), Kévin Vauquelin (INEOS Grenadiers) et surtout Paul Seixas (Decathlon CMA CGM), on peut se dire que les chances sont nombreuses pour tenter de faire trébucher un Tadej Pogacar que tout semble destiné à un quatrième sacre sur Liège-Bastogne-Liège.
