ITW - Portal : «Alaphilippe aura peut-être moins de libertés»
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Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

ITW - Portal : «Alaphilippe aura peut-être moins de libertés»

Le maillot a changé, pas le résultat. Pour la septième fois en huit éditions, la formation Sky, devenue INEOS au mois de mai, a triomphé sur le Tour de France. Après Bradley Wiggins (2012), Christopher Froome (2013, 2015, 2016, 2017) et Geraint Thomas (2018), c'est Egan Bernal qui s'est paré de jaune le 28 juillet dernier à Paris. Mieux, l'écurie britannique a réussi à placer deux hommes sur le podium final, comme en 2012 et en 2018. Le paroxysme d'une saison où tout n'a pas été parfait puisque le nombre total de victoires a chuté. Gravement blessé, Christopher Froome a quant à lui vécu une saison blanche. A l'heure de se tourner vers 2020, Cyclism'Actu dresse le bilan avec Nicolas Portal, directeur sportif de l'équipe depuis 2011.

Vidéo - Le Mag Cyclism'Actu avec Nicolas Portal "relax" pour 2020 !

 

Nicolas Portal, comment allez-vous à l'issue de cette saison ?

Ça va très bien, j'ai eu le temps de récupérer, j'ai arrêté les courses après le Tour d'Espagne. Après ça, je n'ai pas fait énormément de déplacements. Depuis trois semaines, on est en train de planifier les premières courses et surtout le camp d'entraînement. Voilà, sinon tout va bien.

 

L'équipe INEOS a remporté 26 victoires cette année contre 44 en 2018. Une saison peut être réussie même quand on gagne presque deux fois moins ?

C'est une très bonne question. Pour nous en tout cas, je pense que oui. Le chiffre est un fait mais il faut regarder l'aspect qualitatif des victoires, qui gagne, de quelle manière. L'équipe est orientée sur les courses par étapes, on le sait. On a continué à gagner des courses par étapes majeures : Paris-Nice, le Tour de Suisse... On a aussi eu deux victoires d'étapes sur le Dauphiné. Sur le Tour, la course de l'année, on fait 1 et 2, ce qui est vraiment incroyable. C'est la troisième fois qu'on arrive à mettre deux de nos leaders sur le podium et c'est la deuxième fois qu'on fait 1 et 2 puisqu'en 2012 on l'avait réussi avec Wiggins et Froomey. C'est incroyable, en sachant que chaque année la concurrence est de plus en plus rude. On n'est pas la seule équipe qui prend le départ avec deux voire trois leaders, et on arrive à mettre deux coureurs sur le podium aux deux premières places donc on ne peut vraiment pas demander mieux.

Au niveau des circonstances, ç'a été un peu compliqué quand nous avons appris fin décembre - début janvier que Sky allait se retirer fin 2019. Il a fallu continuer à maintenir le cap, continuer à performer, et en même temps trouver un nouveau partenaire. Ce n'est jamais évident mais tout le monde s'est bien soudé. On voulait vraiment, les coureurs et le staff, que l'équipe continue. On a vraiment mis les bouchées doubles pour continuer à faire des résultats et en même temps chercher un sponsor avant juin car quand on sait que si les choses ne sont pas claires au mois de juin, ça commence à être compliqué. Au final, on gagne de très grandes courses, on fait 1 et 2 au Tour, et la majorité de nos victoires sont remportées par la nouvelle génération, c'est-à-dire les coureurs comme Pavel Sivakov, Egan Bernal, Ivan Sosa... Ça fait plaisir parce qu'on essaye souvent de les mixer avec les coureurs plus expérimentés pour qu'ils apprennent, il y a un investissement sur les jeunes, et ça fonctionne. 

 

Vous avez eu peur que l'équipe s'arrête ?

On était assez confiant. Ça fait un moment maintenant qu'on est une équipe réputée, les gens nous connaissent dans le monde du cyclisme. On nous connaît comme une équipe sérieuse, on est performant, on sait ce que l'on fait. Si un sponsor veut une équipe pour aller au plus haut, on est sur le haut du tableau donc on avait confiance de pouvoir retrouver un sponsor. Tout le monde voulait vraiment, les coureurs, le staff, même Dave, que l'aventure continue. C'était inattendu, on avait vraiment tous à coeur de faire le maximum pour que le groupe reste ensemble.

L'équipe a dix ans et depuis, on a créé une culture entre nous, tout le monde se connaît, on sait travailler ensemble et c'est agréable, on sent qu'il y a une osmose, on a toujours envie que ça continue quand c'est comme ça. C'est sûr qu'on a toujours le doute puisque l'équipe est une grosse structure, emploie beaucoup de personnes. On parle de l'un des plus gros budgets du peloton donc ça a potentiellement restreint le nombre de partenaires intéressés. Finalement, je crois que Dave avait plusieurs offres, donc on a vraiment eu beaucoup de chance.

 

Cette année, 20 de vos victoires ont été remportées par des coureurs de moins de 25 ans, notamment Bernal, Sosa, Sivakov et Ganna. Est-ce qu'on assiste à un passage de témoins entre deux générations chez INEOS ? 

Peut-être, en tout cas on a encore nos coureurs qui sont là pour performer, des coureurs d'expérience qui ont encore quelques années devant eux. Pour plusieurs raisons, ça n'a pas bien fonctionné cette année. Geraint Thomas a eu un hiver et un début de saison assez compliqués. Quand on gagne le Tour de France, la première fois en tout cas, c'est assez dur de se remettre dans le bain et de se dédier complètement à son travail. Il y a beaucoup d'obligations, on n'est plus la même personne même si on a envie de rester la même. Ç'a été compliqué, il n'a pas gagné comme il avait gagné l'année d'avant. Maintenant, chapeau à lui parce qu'il a quand même fait deuxième du Tour. Froomey, c'était vraiment la malchance avec cette énorme chute au Dauphiné. D'autres coureurs ont un peu moins performé comme Michal Kwiatkowski, mais c'est comme ça, on ne peut pas non plus tout le temps performer.

Par contre, il y a ce groupe de jeunes qu'on met en place depuis un petit moment. Cette année, on a vu des jeunes qui ont faim et qui arrivent à faire des choses terribles sur le vélo. Il y a quelque chose qui se passe, c'est sûr. C'est ce que l'on veut en tout cas. Après, Egan est à part, c'est un athlète qui peut déjà gagner à 20-21 ans, on le savait. Il faudra une ou deux années de plus aux coureurs comme Ivan Sosa, Ganna ou même Pavel mais on voit qu'ils sont très assidus et qu'ils gagnent déjà. Ça va se mettre en place tout seul, on est vraiment là pour que la transition se passe bien et qu'on ne perde pas cette énorme expérience qu'ont certains anciens ou certains coureurs majeurs, qui savent gagner, qui savent gérer la vie de cycliste professionnel. On n'a pas envie de perdre ça donc on essaye de connecter tout le monde, de faire en sorte que les jeunes soient ouverts, qu'ils écoutent. Ils ont la chance de pouvoir côtoyer tous les jours des champions comme ceux qui sont dans l'équipe, c'est une chance énorme pour eux. Il y a une transition qui va durer trois à cinq ans, il faut l'optimiser.

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Publié le par Quentin BALLUE

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