Interview
Interview - Philippe Lannes s'explique : «Ça m'a paru surréaliste... » Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

Interview - Philippe Lannes s'explique : «Ça m'a paru surréaliste... »

Salaires impayés, harcèlement... Depuis quelques jours, l'équipe Nippo Delko One Provence est dans la tourmente. Des accusations sans fondements pour la formation française, qui a répondu ce mardi dans un communiqué. Pour en savoir plus, Cyclism'Actu a contacté Philippe Lannes, le patron de Nippo Delko One Provence, qui a fait part de sa surprise et qui nous a donné son point de vue sur cette affaire. "Je n'ai pas de salaires impayés, ni plus, ni moins. Ça peut arriver dans la vie d'avoir des difficultés pour une entreprise, mais je n'ai pas de salaires impayés. J'ai fourni des documents qui le prouvent. Et aujourd'hui, je n'ai aucune procédure de l'UCI", a d'emblée expliqué Lannes.

Vidéo - Philippe Lannes : "Je n'ai pas de salaires impayés !"

 

"On se sent victimes d'une profonde injustice"

Quand il a vu l'article paru sur Cyclingnews, Philippe Lannes est presque tombé des nues : "Je me suis dit que c'était un article plus qu'orienté, et ça m'a paru surréaliste. Je soupçonne qu'il y a quelques personnes qui ont orchestré tout ça, parce que ça tombe au moment où on va demander les invitations pour les courses, où on finalise nos contrats de sponsoring. Mais je n'ai que des soupçons, je n'ai aucun fait. En tout cas, je suis sûr que c'est dans l'intention de nuire", assure-t-il.

Lannes est ensuite revenu sur la situation de certains coureurs comme José Gonçalves et Atsushi Oka : "Ils ne sont pas mis à l'écart. Ils ne courent pas moins que les autres, Gonçalves a couru en fonction de l'état de forme qu'il a affiché, c'est tout. Et quand je regarde ses résultats, je n'ai pas l'impression qu'on soit passé à côté de quelque chose. En tout cas, toutes les sélections ont été basées sur des critères sportifs. Je pense que l'équipe a eu d'assez bons résultats, et je ne vais pas enlever un coureur qui marche bien parce que Gonçalves ou un autre a un statut", explique-t-il. "Des coureurs mécontents, bien sûr qu'il y en a. Mais sur les 60 personnes qui composent l'équipe entre les coureurs et le staff, il y en a 55 qui s'épanouissent totalement, et 5 mécontents. Dans l'équipe, les gens se sentent victimes d'une profonde injustice, c'est vraiment le mot. Le délégué du personnel m'a dit qu'il était atterré."

 

"Je me mets à la place des organisateurs ou des sponsors qui lisent ça..."

Désormais, Philippe Lannes pense-t-il à contre-attaquer ? "Ah non, je n'ai rien à faire. Je me suis posé la question depuis jeudi, j'ai demandé à des conseils, j'ai appelé des sponsors... Je n'ai rien à faire. J'ai ma licence, j'ai ma caution bancaire, je n'ai pas un salaire en retard, j'ai même un coureur qui avait un mois de salaire d'avance. Je n'ai rien à faire, je ne sais même pas comment contre-attaquer", déclare-t-il.

En tout cas, il sait bien que ces accusations peuvent avoir un impact sur le futur de son équipe : "C'est sûr que des accusations pareilles, ça ne fait pas du bien. Mais bon, ce ne sont que des accusations, avec le temps les pages vont se tourner et les gens n'en parleront plus. Ça ne changera rien à ce qu'on doit faire, on doit performer. Il faut le prendre au même titre qu'une série de mauvaises performances en course, la seule différence c'est que c'est gratuit et qu'on n'a pas de maîtrise sur ce genre d'événements. Mais c'est clair que ça ne fera pas du bien. Je me mets à la place des organisateurs ou des sponsors qui lisent ça, c'est sûr que ce n'est pas top. Ça fait du mal, et au-delà peut-être d'une vengeance personnelle... J'ai la responsabilité de pas mal de salariés, c'est incroyable ! Ça peut faire tomber des sponsors, ça peut nous coûter des invitations. Moi, ça ne va pas changer ma vie, mais ça peut être dramatique pour une entreprise, c'est dangereux de se faire agresser comme ça gratuitement. C'est incroyable."

 

"Je ne suis pas le bienfaiteur, mais j'ai quand même redressé la barre"

Pour finir, Philippe Lannes a rappelé que l'équipe Nippo Delko One Provence était en grande difficulté avant son arrivée en début d'année : "Je ne suis pas un sain. J'ai repris un Team en pensant pouvoir m'occuper que de la gestion, mais ça n'a pas été le cas. Quand je l'ai repris, il n'avait plus que quelques semaines à vivre, sinon c'était dépôt de bilan, c'était comme ça, et je parle de semaines, pas de mois. Tout le monde allait se retrouver sans travail. Je ne suis pas le bienfaiteur, mais j'ai quand même redressé la barre. Aujourd'hui il y a un groupe qui est serein, qui est heureux, les coureurs et le staff sont bien ensemble. Romain Combaud s'en va de l'équipe (il rejoint Sunweb, ndlr), et il m'a dit que jamais il ne serait parti pour une autre équipe ProTeam."

"L'équipe fonctionne bien, il y a peut-être 4 ou 5 mécontents, mais c'est normal. Parmi eux, il y a sans doute José Gonçalves, pour ne citer que lui, mais c'est quand même quelqu'un qui vient du World Tour, et quand j'ai repris l'équipe il devait être leader pour les classements généraux. Il avait un gros statut, avec la rémunération qui va avec, mais son comportement n'était pas satisfaisant. Je ne le punis pas, si l'année prochaine il reste et qu'il finit dans les cinq premiers sur l'Étoile de Bessèges, vous verrez qu'il sera aligné sur toutes les courses", a-t-il conclu.

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Publié le par François BONNEFOY

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