INTERVIEW - Raphaël Jeune : «Ne pas courir comme un poulet sans tête...»
À l’issue de sa première saison à la tête de Cofidis, Raphaël Jeune dresse un bilan positif de l’année 2026, marquée par 18 victoires pour l’équipe masculine, un record de dix succès chez les féminines et 36 victoires pour les paracyclistes. Au micro de Cyclism’Actu, le manager général revient sur les résultats de ses trois formations, les changements qu’il a souhaité apporter depuis son arrivée et les ambitions du collectif pour 2027, avec notamment l’objectif de retrouver le WorldTour d’ici 2028 et de remporter une étape du Tour de France. Il évoque également le recrutement, l’arrivée de Valentin Madouas et la question de la formation, alors que Cofidis ne dispose ni d’équipe de développement ni de structure junior.
"Chez les hommes, nous terminons avec 18 victoires et une 18e place mondiale..."
Comment allez-vous et quelles sont les actualités de votre côté ?
Ça va très bien. La saison 2026 s'est achevée il y a moins de trois semaines. Même si, pour les coureurs, c'est une période creuse, pour le staff, c'est une période faste, parce qu'il faut évidemment préparer les saisons futures et notamment la saison 2027. Nous avons déjà fait un stage et nous nous sommes tous retrouvés sur l'île pour le stage administratif, comme le font toutes les équipes. Cela permet aux nouveaux coureurs de prendre leurs mensurations pour les textiles, mais aussi à tous les coureurs de récupérer leur vélo d'entraînement 2027. Nous en profitons également pour faire un petit bilan comptable et revenir sur les sensations de chacun. Nous avons reçu un à un tous les coureurs et toutes les coureuses, puisque Cofidis possède une équipe masculine, féminine et paracycliste. L'idée était de faire le bilan de leur saison, de savoir comment ils imaginaient leur période hivernale et surtout la saison à venir. C'est donc une période assez faste.
Cette première saison pour vous à la tête de Cofidis est terminée. Comment la jugez-vous ? Chez les hommes, notamment, les statistiques sont plutôt bonnes, avec 18 victoires et une 18e place au classement UCI. Est-ce une vraie réussite ?
La réussite réside surtout dans l'état d'esprit et le collectif qui se sont construits au sein de nos trois équipes. C'est une priorité chez Cofidis et nous sommes en train d'y parvenir. Chez les filles, nous avons remporté dix victoires et battu notre record. On voit que l'équipe monte petit à petit. L'objectif sera de continuer à progresser l'année prochaine, d'aller chercher de plus grandes victoires et d'oser davantage sur les grosses courses. Nous avons fait des recrues judicieuses, qui correspondent vraiment à l'image humaine de Cofidis. C'est de bon augure pour la suite. Les para-cyclistes, c'est tout simplement l'excellence : 36 victoires et trois titres de champion du monde, sans compter les nombreux titres de champion de France. L'équipe a également battu son record de victoires. C'est exceptionnel ! Il faut rappeler que nous sommes la seule équipe au monde à avoir une structure paracycliste, avec des coureurs tous sous contrat professionnel chez Cofidis. C'est une vraie fierté. Où qu'ils aillent, ils gagnent ! Cela fait plusieurs saisons que ça dure, mais on ne s'en lasse pas.
Enfin, chez les hommes, nous terminons avec 18 victoires et une 18e place mondiale. Là encore, je retiens surtout l'état d'esprit. Tout le monde avait la banane, aussi bien les coureurs que les staffs. Malgré quelques périodes difficiles, le collectif est toujours resté soudé et solidaire. Notre objectif était de remporter 15 victoires et de terminer 15es au classement mondial. Nous faisons finalement 18 victoires et terminons 18es. Ce n'était pourtant pas évident, puisque nous avons dû composer avec plusieurs absences importantes. Ludovic Robeet, après son AVC, Damien Touzé, victime d'une grave chute à Oman, et Oliver Knight, qui avait des problèmes de dos récurrents, étaient indisponibles. Nous sommes donc partis à 27 au lieu de 30, sans équipe Devo pour compléter l'effectif. Ensuite, nous avons perdu Milan Fretin pendant plus de deux mois après Paris-Nice, puis Stanisław Aniolkowski s'est cassé le bras à son retour. En fin de saison, Hugo Page, Alex Aranburu et Ion Izagirre ont également été victimes de graves chutes. Nous n'avons pas été très chanceux, mais le bilan reste très satisfaisant. Nous avons notamment remporté cinq victoires en WorldTour. Depuis 2010, Cofidis n'en avait pas obtenu autant. Nous terminons aussi devant trois équipes WorldTour au classement mondial. Il y a également la victoire de Bryan Coquard sur la Vuelta, son premier succès sur un Grand Tour, qui est une grosse satisfaction. Je retiens aussi la Bretagne Classic. Il n'y a que deux épreuves WorldTour d'un jour en France, Paris-Roubaix et la Bretagne Classic, et nous avons réussi à en gagner une. Nous avions même dominé la course avec trois coureurs dans le bon groupe : Alex Aranburu, qui s'est imposé, Ion Izagirre, qui a malheureusement connu un problème mécanique à quatre kilomètres de l'arrivée, et Dylan Teuns. Derrière, nous avions encore Hugo Page et Milan Fretin. Nous avons terminé l'année avec deux victoires au Guangxi grâce à Milan Fretin, qui est un coureur d'avenir. À l'échelon national, je retiens également les succès de Jenthe Biermans, sa première victoire sous le maillot Cofidis, et d'Alexis Renard, qui a remporté sa première course professionnelle. Enfin, tous les coureurs avaient encore faim en fin de saison. Cela montre bien l'état d'esprit et l'esprit collectif qui règnent chez Cofidis. Tout le monde voulait bien faire les choses. C'est une vraie satisfaction.
Ces dernières années ont été marquées par quelques polémiques chez Cofidis. Sans revenir là-dessus, qu'avez-vous changé en arrivant au poste de manager général ?
Qu'est-ce que j'ai changé ? Je ne sais pas comment cela se passait avant en interne, donc je n'ai pas à juger ce qui a été fait précédemment. Mais je pense que j'ai amené ma personnalité. Que ce soit dans mon précédent travail ou maintenant, je pense que je n'ai pas changé de personnalité. Je suis quelqu'un qui aime bien regrouper les gens autour de moi, qui fait confiance, qui essaie toujours d'installer un bon état d'esprit et une bonne dynamique. Comme je l'ai dit en préambule, nous avons eu des mois de mai et juin qui n'ont pas été terribles en termes de résultats. Il y a eu de belles places de certains coureurs, comme Jamie Meehan ou Alexis Renard, mais, en termes de victoires, nous étions un peu à la peine pendant ces deux mois-là. Nous avions un plan très clair sur le Tour de France et nous l'avons respecté. Ce que j'ai amené, c'est justement le fait d'établir des plans très clairs, de s'y tenir et de ne pas courir comme un poulet sans tête, si je peux dire. Je voulais que l'état d'esprit soit vraiment tourné vers le collectif et le côté humain dans l'équipe.
On peut donc parler d'une première saison réussie pour vous, avec beaucoup de satisfaction ?
Évidemment, il y a beaucoup de satisfaction. Maintenant, il ne faut pas se cacher derrière ça. Il faut continuer à travailler très dur, parce que tout le monde travaille très dur. Nous savons très bien que le couperet tombera fin 2028. La concurrence est très rude. On voit émerger des équipes soutenues par des milliardaires, qui disposent de moyens financiers quasiment illimités. De notre côté, nous avons un budget que nous devons respecter et nous gérons notre structure comme une véritable entreprise. Nous allons donc nous battre avec nos armes pour exister dans cet environnement. Nous ne pouvons pas revenir en arrière, mais nous devons continuer à avancer. Je pense d'ailleurs qu'avec un tout petit peu plus de chance, sans rien changer à notre préparation ni à nos plans, nous aurions pu viser le top 15 mondial.
"Notre objectif est de retrouver le WorldTour"
La concurrence pour intégrer le WorldTour en 2028 est effectivement très importante. Des équipes comme Tudor ou Pinarello Q36.5 semblent aujourd'hui disposer de moyens supérieurs à ceux de nombreuses formations déjà en première division. Dans ce contexte, la remontée en WorldTour est-elle un objectif impératif pour Cofidis d'ici 2028 ?
Oui, notre objectif est de retrouver le WorldTour. Quand on prend le départ d'une course, il faut se battre pour la gagner. Si on ne se bat pas pour la victoire, on est certain de ne pas l'obtenir. Et parfois, en visant la victoire, on termine deuxième, troisième ou cinquième. Si l'on part avec l'objectif de faire cinquième, on risque de terminer dixième. Évidemment, nous voulons retrouver le WorldTour. Comme vous le disiez, la concurrence est très forte. Entre la 14e et la 20e place mondiale, toutes les équipes se tiennent dans un mouchoir de poche. Avec un peu plus de réussite, nous aurions pu terminer 14es cette année, compte tenu de notre niveau. Certaines équipes ont également été portées par les très gros résultats d'un seul coureur. Si celui-ci connaît une saison plus compliquée en 2027, la hiérarchie pourrait évoluer.
Effectivement, des formations comme Tudor ou Pinarello Q36.5 recrutent à coups de millions. C'est toujours plus facile avec de tels moyens. Après, il faut aussi réussir à faire prendre la mayonnaise entre tous ces coureurs. Avec des profils comme Tom Pidcock ou Giulio Ciccone chez Pinarello Q36.5, cela va être difficile de lutter. Mais nous abordons la suite avec un esprit combatif et l'envie de nous battre.
Pour 2027, une victoire sur le Tour de France ferait également beaucoup de bien à l'équipe. Est-ce un objectif clairement identifié ?
Évidemment ! Aucune équipe ne refuserait une victoire sur le Tour de France. Notre objectif sur les Grands Tours sera de gagner, mais nous connaissons la difficulté de l'exercice. Il y a 23 équipes au départ du Tour de France et, en 2026, seules neuf d'entre elles ont remporté une étape. Il y a donc beaucoup plus de déçus que d'heureux. On voit des coureurs comme Mathieu van der Poel se battre pour gagner deux étapes et terminer complètement épuisés après leurs succès. Aujourd'hui, les vainqueurs d'étapes du Tour sont tous des coureurs de classe mondiale. Les petites surprises sont de plus en plus rares. On ne peut plus simplement compter sur un coureur inattendu pour aller chercher une victoire.
C'est pour cette raison qu'il faut établir des plans très précis et bien sélectionner les étapes sur lesquelles on souhaite se concentrer. Toutes les équipes fonctionnent désormais de cette manière. On voit également des coureurs comme Ben Healy, qui peuvent se retrouver à quelques heures au classement général de Tadej Pogacar. Physiquement, ils pourraient peut-être viser une place dans les quinze premiers, mais ils ont compris que cela ne leur apporterait pas forcément grand-chose. Ils préfèrent se concentrer sur les victoires d'étapes. C'est aussi ce que nous avons essayé de faire cette année avec Milan Fretin. Il disputait son premier Tour de France et c'était également la première fois que Cofidis mettait à sa disposition un train de sprint aussi structuré sur un Grand Tour. Je pense que nous avons été très présents sur les étapes de sprint. Nous avons obtenu deux top 5, à Nevers et à Chalon-sur-Saône, en passant tout près de la victoire. Avec un peu plus d'expérience, Milan aurait peut-être pu remporter ces deux étapes. Nous savons désormais qu'il a le niveau pour gagner sur le Tour de France. Mais savoir qu'un coureur peut gagner et parvenir réellement à le faire, ce sont deux choses différentes. C'est souvent la marche la plus difficile à franchir. En tout cas, il a les capacités pour réaliser quelque chose de très grand. Au-delà de ces deux top 5, il a également obtenu quatre autres top 10. Nous avons donc été présents tout au long de la course. Il va maintenant falloir continuer à accompagner Milan et travailler avec un effectif soudé et solide pour atteindre cet objectif. Mais nous ne sommes évidemment pas les seuls à vouloir gagner une étape du Tour. Toutes les équipes au départ ont cette ambition.
Sur le Tour de France, les étapes de montagne sont souvent remportées par les favoris du classement général ou par de grands spécialistes des échappées. Les étapes de transition reviennent également à des coureurs comme Van der Poel ou Pedersen. Les sprints semblent donc offrir davantage d'opportunités à une équipe comme Cofidis. Est-ce là que vous souhaitez concentrer vos efforts ?
Pas uniquement. Nous avons aussi un coureur comme Valentin Madouas qui arrive dans l'équipe. C'est un vice-champion olympique, un coureur qui a obtenu des podiums sur des courses comme le Tour des Flandres ou les Strade Bianche. C'est un coureur de classe mondiale. Valentin a toute ma confiance. C'est quelqu'un qui fonctionne beaucoup à la confiance, que je connais et que je suis depuis très longtemps. Évidemment, tout dépendra de son état de forme, mais c'est typiquement un coureur capable d'aller chercher une victoire d'étape sur le Tour de France. Nous avons également Alex Aranburu, qui est un très bon puncheur. Quand il est en forme, il peut réaliser de grandes choses. On l'a encore vu à Plouay, sur une belle course WorldTour.
Nous avons donc plusieurs possibilités. Il faudra bien cibler les étapes, mais c'est vrai que les sprints représentent une grande partie des opportunités. Il y a potentiellement sept étapes de sprint sur le prochain Tour de France, auxquelles peuvent s'ajouter trois étapes où les échappées ont une chance d'aller au bout. Encore faut-il réussir à battre les meilleurs. Quand vous vous retrouvez dans une échappée avec un Wout van Aert, un Mathieu van der Poel ou un Tom Pidcock, les choses deviennent forcément plus compliquées. Mais il ne faut rien s'interdire. Cette année, notre stratégie était particulièrement axée sur les sprints, car nous avions constaté la difficulté des étapes de montagne. Les opportunités y étaient limitées, puisque les grands favoris remportaient généralement les étapes. Se battre pour terminer douzième d'une étape de montagne ne rapporte finalement pas grand-chose. Autant préserver ses forces et se concentrer sur d'autres occasions, notamment les sprints. Nous n'avons pas réussi à gagner cette année, mais nous estimions que c'était là que nous avions le plus de chances de le faire.
Vous avez également évoqué la victoire de Bryan Coquard sur la Vuelta. Vous aviez fait le choix de ne pas l'aligner sur le Tour de France. C'était un pari qui a finalement porté ses fruits.
Il faut rappeler que nous en avions discuté dès le mois de décembre dernier. Cela faisait donc quasiment un an que Bryan savait qu'il ne disputerait pas le Tour de France. Il a accepté ce challenge et j'en suis vraiment très fier. C'est un coureur que j'apprécie énormément sur le plan humain. Je suis particulièrement heureux que nous ayons réussi à lui faire gagner une étape sur un Grand Tour, parce que c'était quelque chose qui lui manquait. Je pense que cette victoire lui a aussi apporté beaucoup sur le plan mental. Bryan avait pris l'habitude de disputer le Tour de France, notamment en tant que coureur français. Il fait partie des coureurs qui ont remporté beaucoup de victoires au cours de leur carrière. Avec l'ensemble de la direction sportive, nous avons décidé de changer cette habitude et il a accepté ce nouveau défi. Je suis donc très fier qu'il ait réussi à gagner sur la Vuelta. C'est vraiment beaucoup de bonheur.
Je pense aussi à des coureurs comme Alexis Renard, qui a remporté sa première course professionnelle. Quand on voit Alexis franchir la ligne d'arrivée et Bryan terminer cinquième ou sixième, on a presque l'impression que Bryan est encore plus heureux que le vainqueur ! C'est pareil pour Alex Aranburu et Hugo Page à la Polynormande. Hugo a retrouvé le chemin de la victoire après une longue période sans succès. Sur la photo de l'arrivée, on voit Alex, qui est pourtant un coureur de classe mondiale, particulièrement heureux pour lui. C'est vraiment ce qui me satisfait le plus : voir nos coureurs lever les bras, mais aussi constater que ceux qui terminent dans le top 10 sont aussi heureux que le vainqueur. C'est cette solidarité que nous voulons conserver.
"Tout le monde ne s'appelle pas Paul Seixas !"
Concernant le mercato, vous avez déjà officialisé trois arrivées : Valentin Madouas, Pierre Thierry et Michel Coppens. Est-il désormais terminé ? On connaît également plusieurs départs, notamment ceux de Dylan Teuns, Ion Izagirre, Ludovic Robeet et Damien Touzé. Allez-vous repartir avec 29 coureurs ou cherchez-vous encore un 30e élément ?
Non, nous serons 30. Le recrutement est finalisé. Il ne manque plus que l'annonce.
Vous avez déjà expliqué pourquoi vous souhaitiez attirer Valentin Madouas. Certains ont été surpris de le voir rejoindre Cofidis après deux saisons compliquées. Pourquoi avoir fait ce choix ? Est-ce un pari pour l'équipe comme pour lui ?
Pourquoi Valentin ? Parce que, comme je l'ai déjà dit, c'est un coureur de classe mondiale. C'est tout de même un vice-champion olympique, et ce n'est pas si ancien que cela. Il a également été présent aux côtés de Julian Alaphilippe pour l'aider à remporter ses titres mondiaux, jusqu'à proximité du final. Valentin est donc véritablement un coureur de très haut niveau. Cela fait très longtemps que je le suis, depuis son titre de champion de France à Vesoul. Dès nos premières discussions, une confiance réciproque s'est installée. Valentin a toute ma confiance. Je ne considère absolument pas son arrivée comme un pari. Il ne vient pas chez Cofidis pour prouver quoi que ce soit. Il bénéficie de toute ma confiance, mais aussi de celle de l'équipe et de Cofidis. Je suis persuadé qu'il réalisera de très beaux résultats sous nos couleurs.
Sur Cyclism’Actu, nous réalisons actuellement des classements des meilleurs jeunes par génération, avec les coureurs à suivre. Et on constate qu’il n'y a pas de représentants de Cofidis, notamment parce que vous n’avez ni équipe de développement ni équipe juniors. Pourquoi avoir fait ce choix ? Et est-ce que l’absence de ces structures ne vous manque pas aujourd’hui ?
Évidemment, l'absence d'une équipe de développement nous manque. Une Devo doit avant tout servir à développer des talents. Beaucoup d'équipes utilisent parfois leur structure de développement pour simplement boucher des trous dans leur effectif professionnel. Or, le véritable objectif d'une Devo est de découvrir des talents et de leur permettre de s'émanciper progressivement. Nous n'en avons pas, mais cela ne signifie pas pour autant que nous ne possédons pas de très bons jeunes. Tout dépend de ce que l'on entend par "jeune". Il y a les jeunes cyclistes et les jeunes en matière d'âge.
Si l'on parle d'expérience dans le cyclisme, un coureur comme Jamie Meehan progresse vraiment petit à petit et réalise de très belles choses. Il était présent au moment où on l'attendait.Je pense également à Sam Maisonobe ou Clément Izquierdo. Ce ne sont pas des coureurs de 20 ans, mais ils n'ont pas non plus énormément d'ancienneté dans le cyclisme. Ce sont des éléments sur lesquels nous pourrons compter à l'avenir. Il y a aussi Camille Charret, qui a seulement 20 ans et qui disputait sa première saison. Il est arrivé assez timidement, mais je pense qu'il peut devenir un bon coureur. Il a fait preuve de beaucoup de sérieux tout au long de l'année. Il n'a pas forcément eu de chance pour ses débuts puisqu'il s'est cassé la clavicule dès le mois de janvier. Malgré cela, dans tous les rapports transmis par les directeurs sportifs, son excellent travail était souligné.Il ne deviendra peut-être pas l'un des futurs leaders du cyclisme mondial. Tout le monde ne s'appelle pas Paul Seixas ! Mais ce n'est pas parce qu'on ne s'appelle pas Seixas qu'on ne peut pas réussir dans le vélo. Camille fait partie de ces jeunes sur lesquels nous comptons. Et puis, nous avons aussi quelques petits secrets bien gardés qui arriveront à l'avenir !
Maxime Vezie, qui évolue actuellement au CIC, a déjà été annoncé pour 2028. Et il fait partie de ces jeunes talents que l'on souhaite accompagner sur le long terme. Maxime fait partie de ces jeunes talents sur lesquels nous pouvons compter pour l'avenir. Dès sa première année professionnelle, il a obtenu plusieurs podiums en Coupe de France. On sait que ces courses rapportent parfois moins de points UCI que certaines grandes épreuves, mais elles sont particulièrement difficiles sur le plan tactique, car la course peut partir dans tous les sens. Maxime a réussi à obtenir plusieurs podiums sur ces épreuves, tout en étant présent quasiment toute l'année, y compris sur de belles courses comme les 4 Jours de Dunkerque. Il sera un élément essentiel de Cofidis dans le futur. Et il n'est pas le seul.
Pour terminer, quel serait votre souhait pour les prochains mois et les prochaines années, que ce soit pour les équipes masculine, féminine ou paracycliste ?
Pour revenir au début de notre interview, ce qui me paraît primordial dans une équipe, et je parle bien de nos trois équipes, c'est l'état d'esprit et la cohésion entre toutes et tous. Je souhaite vraiment que nous continuions dans cette direction. Je tiens à tirer mon chapeau à l'ensemble des coureurs et des coureuses, qu'ils évoluent dans les équipes masculine, féminine ou paracycliste, mais aussi à tout le staff. Je pense notamment au service course et, plus largement, à toutes les personnes qui travaillent dans l'ombre. Nous avançons tous dans le même sens.
C'est même quelque chose qui me donne des frissons et qui me fait énormément plaisir. Nous ramons tous dans la même direction et j'espère que nous continuerons à travailler ainsi, avec un élan positif et cette envie de faire briller les couleurs de Cofidis. Il faut rappeler que Cofidis est présent dans le cyclisme depuis 30 ans. C'est un partenaire historique et fidèle. Personnellement, je ne remercierai jamais assez Cofidis pour sa confiance. J'étais déjà très fier d'afficher ces couleurs à l'époque où j'étais chez Look, et je le suis toujours aujourd'hui. Ce sponsor mérite beaucoup et nous allons tout faire pour l'emmener le plus haut possible. Quand je dis "nous", je ne parle évidemment pas uniquement de moi. Je suis peut-être le capitaine du bateau, mais un capitaine sans matelots ne va pas très loin ! Je compte énormément sur l'ensemble de mon staff et je tiens à leur adresser un grand merci. Nous avons réalisé un travail exceptionnel cette année et nous allons continuer dans cette voie.
