ITW
ITW - Lannes : «Nippo Delko One Provence sera prêt pour le Tour 2021» Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

ITW - Lannes : «Nippo Delko One Provence sera prêt pour le Tour 2021»

Les périodes de confinement et de déconfinement ont été jalonnées de beaucoup de nouveautés au sein de NIPPO DELKO One Provence. Philippe Lannes, le PDG de Delko, a remplacé Frédéric Rostaing, démissionnaire, en tant que président de la structure en février dernier, et a depuis modifié en profondeur le fonctionnement de la ProTeam française. C'est ainsi qu'un pôle performance de huit personnes a vu le jour (entraîneurs, ostéopathes, préparateur mental, biomécanicien...) et que des personnalités comme José Azevedo et Sean Yates ont rejoint NIPPO DELKO One Provence en cours de saison. Afin d'en savoir plus, Cyclism'Actu s'est entretenu avec Philippe Lannes, le nouvel homme fort de la structure. Déterminé et ambitieux, ce dernier ne se cache pas. "On sera prêt pour le Tour de France 2021". Entretien.

Vidéo - Philippe Lannes : "On sera prêt pour le Tour de France 2021"

Philippe, comment vous êtes-vous retrouvé au poste de propriétaire-dirigeant de l’équipe NIPPO DELKO One Provence ?

Je me suis retrouvé parachuté à la tête de l’entreprise. J’ai eu cet avantage, en étant sponsor auparavant, de la voir vivre pendant quelques années. J’ai racheté l’équipe le 15 février car elle avait des problèmes financiers. Il y a eu ensuite une démission de Frédéric Rostaing, qui était le président, ce qui m’a conduit à prendre ce poste après avoir donc racheté l’équipe. Frédéric Rostaing, que je devais superviser, devait continuer à s’occuper du sportif, ce qu’il a fait pendant trente jours avant de partir pour des problèmes que je ne connais pas – des soucis de santé apparemment – et de quitter officiellement l’entreprise il y a quelques jours.

Pour ma part, j’essaye de mettre en place ma vision des choses. Selon moi, la priorité dans une équipe est de travailler les fondamentaux, c’est-à-dire tout ce qui touche au staff technique. Il faut avoir les meilleurs mécaniciens, les meilleurs assistants et des directeurs sportifs adaptés à notre projet. Nous voulons également avoir un service performance le plus optimisé possible. Avant d’aller chercher des coureurs à fort potentiel, il faut évaluer le potentiel des coureurs que l’on a déjà et que l’on aura plus tard, ainsi qu’optimiser au maximum ces différents potentiels, et ce que ce soit au niveau de l’entraînement, de la nutrition, de la préparation mentale et de la direction de course.

 

"Sean Yates et José Azevedo ont cette expérience dont on avait besoin"

Et outre ce changement à la tête de l’équipe, il y a également eu l’arrivée de José Azevedo en tant que directeur sportif et de Sean Yates en tant qu’entraîneur. Comment se sont déroulés les contacts avec ces derniers ?

Tout est parti du recrutement de Luc Cheilan, le responsable de la performance, dont je m’étais personnellement occupé l’été dernier. Je cherchais un jeune avec beaucoup de potentiel et de motivation pour partir sur un projet qui était proche de zéro sur la partie performance. Luc nous a donc rejoint au mois d’octobre et, après le départ de Frédéric Rostaing, je lui ai demandé de me préparer un projet afin d’optimiser au mieux toute cette partie-là. On s’est alors rendu compte qu’il nous manquait pas mal de choses, et c’est alors qu’on est parti sur du recrutement.

Concernant Sean Yates, j’ai demandé des conseils à droite et à gauche, et on m’a dit qu’une des meilleures personnes pour partir sur des projets émergents et les amener au bout, c’était lui. Je l’ai donc contacté et je lui ai expliqué le projet. Il a souri par moment car on part de loin, mais ce que je lui ai présenté lui a plu et il nous a donc rejoint. Pour ce qui est de José Azevedo, j’ai été mis en relation avec lui par Frédéric Rostaing au mois de janvier. Je l’ai rencontré lors du stage effectué par l’équipe en janvier et j’ai trouvé que l’expérience et les connaissances qu’il avait dans le milieu cycliste pouvaient nous apporter beaucoup. Il me semblait intéressant de l’avoir avec nous pour équilibrer l’équipe.

 

"Sean Yates amènera son expérience et son expertise sur l’évolution globale du projet"

Les coureurs de NIPPO DELKO One Provence ont dû accueillir ces deux arrivées prestigieuses avec beaucoup de bienveillance et d’excitation ?

Oui. Les coureurs ont compris vers quelle direction on voulait aller. Avant de parler de moyens et de recrutement de coureurs, on voulait déjà construire le staff avec de très bonnes personnes qui s’entendent bien. Sean et José ont vraiment cette expérience dont on avait besoin, à savoir celle des Grands Tours et des courses les plus prestigieuses du calendrier. Ce sont également des personnes décomplexées. Ce qui m’a plu par exemple chez Sean Yates, c’est son expérience au sein du Team Sky. Avec ses méthodes, cette équipe faisait sourire tout le monde lorsqu’elle est arrivée. Mais elle a finalement réussi à remporter le Tour de France avec Bradley Wiggins, chose qui paraissait compliquée à imaginer. Ce sont donc des gens qui sont habitués à partir d’une feuille blanche et à adopter un regard neuf. C’est vraiment ce qui m’a plus dans le parcours de Sean. J’ai trouvé que son profil était véritablement adapté à notre projet.

 

Il a été annoncé que Sean Yates allait être l’entraîneur de six coureurs en particulier. Quels sont ces six coureurs ?

Sean va s’occuper de Simon Carr, Julien Trarieux, Eduard Grosu, José Manuel Diaz, Mauro Finetto et Justin Jules. Mais outre prendre en charge spécifiquement ces coureurs, il amènera également son expérience et son expertise sur l’évolution globale du projet.

 

 "On sait qu’on va aller sur des Grands Tours..."

L’équipe s’est réunie en stage du 8 au 14 juin à Moustiers-Sainte-Marie. C’était l’occasion idéale pour présenter toutes ces nouveautés à l’ensemble de la structure ?

Oui, on a profité de cette semaine pour présenter tous les protocoles de nutrition, d’entraînement et de direction de course. Ce qu’on demande aujourd’hui à tous les coureurs qui nous rejoignent ou qui veulent avoir un renouvellement de contrat, c’est d’utiliser uniquement tous les services proposés par l’équipe, que ce soit pour la nutrition, la préparation mentale ou l’entraînement. Ce qu’on leur a expliqué, c’est qu’il vaut mieux travailler avec un groupe de personnes avec qui ils sont en liaison plutôt que d’aller chercher des gens de l’extérieur et qui ne communiquent pas entre eux.

 

Avec ce staff étoffé, on sent que les ambitions commencent à être grandes chez NIPPO DELKO One Provence. Cela veut-il dire que votre équipe vise une participation à un Grand Tour dès 2021 ? Et est-ce réalisable selon vous ?

Le premier objectif, c’est d’être prêt. On sait qu’on va aller sur des Grands Tours. On espère en 2021, mais sinon je pense que ce sera au plus tard en 2022. L’objectif, c’est donc de s’y préparer et de séduire les organisateurs. Je pense d’ailleurs qu’il y a plusieurs leviers pour les séduire. Il y a notre comportement en course, notre identité cosmopolite et nos résultats. Tout ce que l’on fait actuellement, on le fait bien sûr pour aller sur les Grands Tours, mais l’objectif sera la conséquence du travail qu’on a fait et qu’on va faire. Si on travaille bien et qu’on ne s’est pas trompé au niveau de notre plan d’action, c’est évident qu’on sera sur les Grands Tours.

 

"Un grand coureur qui viendrait aujourd’hui chez nous, ça me ferait peur"

Concernant la politique que vous souhaitez mener par rapport à votre effectif, avez-vous l’ambition de recruter des coureurs de renom ?

Non, absolument pas. Aujourd’hui, NIPPO DELKO One Provence n’est pas une équipe attractive. On n’a encore rien démontré et on n’est pas sexy pour un coureur. Avant d’avoir des grands noms, il va falloir que l’on démontre que l’on est attractif pour ce genre de coureurs. Et à vrai dire, un grand coureur qui viendrait aujourd’hui chez nous, ça me ferait peur. Je me demanderai même pourquoi il vient chez nous… Ce qu’il faut faire, c’est construire l’équipe avec deux grandes catégories de coureurs : des coureurs confirmés, qui ont un niveau ProTeam mais qui n’auront pas le niveau pour gagner des courses WorldTour, et des jeunes avec des contrats longs et que l’on va accompagner au plus haut niveau.

 

"Je pense qu’on aura le niveau pour être sur le Tour de France 2021"

Ce qui a commencé à être fait en 2020 avec les arrivées notamment de Biniam Girmay ou de Pierre Barbier, deux coureurs qui semblent avoir un potentiel très intéressant pour l’avenir ?

C’est vrai. Mais vous pouvez rajouter aussi Dusan Rajovic, Mulu Hailemichael… Je pense sincèrement que ces coureurs ont le potentiel pour arriver au plus haut niveau. D’autres coureurs, comme Eduard Grosu par exemple, ont également une marge de progression importante. Un garçon comme Simon Carr va également nous rejoindre le 1er août, et il pourrait être une bonne surprise. Il est passé à travers les mailles des filets des recruteurs, mais il a beaucoup de potentiel. On croit beaucoup en ce coureur pour les classements généraux. C’est évident que ce ne sont pas des noms qui font vibrer, mais si on les accompagne bien et si on est irréprochables sur leur éducation afin de leur permettre de passer les derniers paliers, je pense qu’on peut avoir de bonnes surprises. Et pour 2021, on continuera dans cette stratégie de recrutement.

 

Et pour finir, si je vous dis que NIPPO DELKO One Provence sera sur le Tour de France 2021, vous me dites que c’est possible ou que c’est un petit peu trop tôt pour votre équipe ?

On sera prêt. En tout cas, on se tient prêt, et absolument pas par défaut. En toute sincérité, je pense qu’on aura le niveau. Nos coureurs seront jeunes, mais notre staff sera d’expérience avec José Azevedo, Sean Yates ou encore Gorka Gerrikagoitia, qui ont une vraie connaissance des Grands Tours. Notre équipe est bien construite, homogène et je pense que les performances seront au rendez-vous.

Vous avez aimé cet article, partagez le ! 

Publié le par Nicolas GAUTHIER

Vos pronostics et vos paris cyclistes c'est ici

Ces pronostics sont donnés à titre indicatif. Vous ne saurez engager la responsabilité de l'auteur quant aux résultats des courses. Les cotes sont susceptibles de changer jusqu'au départ. «  Jouer comporte des risques : endettement, dépendance… Appelez le 09 74 75 13 13 (appel non surtaxé) »

Publicité



News

Transferts

Publicité

Sondage

Qui va remporter La Vuelta le 8 novembre prochain ?



















Partenaires

Publicité
Publicité