Bilan 2019
Bilan 2019 - Le Team INEOS en pleine cure de jouvence Photo : Sirotti

Bilan 2019 - Le Team INEOS en pleine cure de jouvence

L'année 2019 marquera à jamais un tournant dans l'histoire du Team Sky. D'abord du fait du passage de témoin entre Sky et INEOS. Puis par celui, plus ou moins consenti, entre la vieille garde de l'équipe et ses jeunes pousses ambitieuses. Une prise de pouvoir symbolisée par le triomphe estival d'Egan Bernal (22 ans), plus jeune vainqueur du Tour de France de l'après-guerre, devant son coéquipier Geraint Thomas (33 ans), sacré en 2018. Sur le plan comptable, déception : 26 victoires dont 8 en WorldTour, loin, très loin des 44 victoires acquises en 2018, parmi lesquelles 21 en WorldTour. Il fallait remonter à 2014 pour voir l'écurie britannique gagner aussi peu. Aucune victoire d'étape en Grands Tours, terrain de jeu pourtant privilégié des hommes de Dave Brailsford. Pis, ils n'ont obtenu qu'un seul top 5 d'étape sur le Giro, pour 6 en France et 2 sur la Vuelta. Une saison clairement en deçà des attentes, mais illuminée par des diamants bruts qui ne demandent qu'à être polis. 

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Bernal et la jeunesse au pouvoir

12 coureurs de l'équipe ont levé les bras en 2020 - 13 si l'on y ajoute la médaille d'or de Vasil Kiryienka aux Jeux Européens, mais le Biélorusse représentait alors son pays. 7 d'entre eux ont moins de 25 ans : Egan Bernal (22 ans), Kristoffer Halvorsen (23 ans), Filippo Ganna (23 ans), Tao Geoghegan Hart (24 ans), Pavel Sivakov (22 ans), Ivan Sosa (22 ans) et Chris Lawless (24 ans). Cumulez ces 7 coureurs et vous obtenez un total de 20 victoires en 2019, soit 77% des succès du Team INEOS.

Egan Bernal était attendu, il n'a pas déçu. Le prodige est définitivement entré dans la cour des grands en inscrivant son nom au palmarès du Tour de France. Forcé d'abandonner ses rêves de maillot rose à cause d'une chute à l'entraînement, le Colombien s'est rabattu, avec succès, sur le maillot jaune - avec le maillot blanc en prime. Son palmarès ne se limite néanmoins pas au mois de juillet puisqu'avec 5 victoires, Bernal est l'homme le plus prolifique de sa formation cette année. Paris-Nice et le Tour de Suisse figurent également à son palmarès, tout comme le Gran Piemonte. Performant de février (4e du Tour Colombia) jusqu'à octobre (3e du Tour de Lombardie), il aura marqué de son empreinte cette saison 2019.

Autre talent à l'honneur : Pavel Sivakov. Le grimpeur franco-russe a remporté le très disputé Tour des Alpes en avril et a enchaîné avec un beau Giro, conclu à la 9e place. Cerise sur le gâteau, il a ouvert son compteur au niveau WorldTour en s'adjugeant le Tour de Pologne. Après une saison 2018 placée sous le signe de l'apprentissage, Ivan Sosa a lui aussi pris de l'épaisseur. Le Colombien s'est révélé brillant sur la Route d'Occitanie - vainqueur d'une étape et deuxième du général - ainsi que sur le Tour de Burgos - deux victoires d'étape et vainqueur du général. Il a d'ailleurs terminé sur une bonne note en montant sur le podium du Gran Piemonte (2e) et en prenant la 14e place du Tour de Lombardie, son meilleur résultat en WorldTour. Tao Geoghegan Hart s'est pour sa part illustré en terminant deuxième du Tour des Alpes et en y remportant deux étapes. Contraint à l'abandon lors du Giro, qu'il avait débuté par une 7e place prometteuse lors du chrono de Bologne, il s'est classé cinquième du Tour de Pologne pour son retour à la compétition. Il a ensuite disputé le Tour d'Espagne, où il est passé près de la victoire à l'Alto de La Cubilla, seulement devancé par Jakob Fuglsang (Astana) au sommet.

Dans un tout autre registre, Filippo Ganna a envoyé un sacré message aux autres rouleurs du peloton en remportant trois contre-la-montre, d'abord sur le Tour La Provence, puis lors des Championnats d'Italie et du BinckBank Tour. Mais au-delà des succès, il a fait preuve d'une régularité remarquable avec en point d'orgue sa troisième place aux Championnats du monde dans le Yorkshire. Ajoutez-y Chris Lawless (vainqueur du Tour de Yorkshire) ou Eddie Dunbar (5e de la Route d'Occitanie) et vous comprendrez immédiatement que le Team INEOS a (encore) un bel avenir devant lui. 

 

Des tauliers en perte de vitesse

Si la jeunesse est particulièrement vigoureuse, difficile d'en dire autant des tauliers habituels, pas vraiment à leur avantage en 2019. Pour des raisons diverses et variées, ni Christopher Froome, ni Geraint Thomas, ni Michal Kwiatkowski, ni Gianni Moscon n'ont levé les bras en 2019. Quatre hommes qui avaient cumulé 23 victoires la saison dernière.

Saison blanche pour Christopher Froome (34 ans). Le Britannique nourrissait pourtant de grandes ambitions après avoir remporté le Giro en 2018. Deuxième du Tour l'an dernier, le natif de Nairobi espérait reconquérir son trône et décrocher un cinquième sacre hexagonal. Un rêve qui s'est évaporé au moment où il est allé percuter un muret mi-juin avant le contre-la-montre de Roanne, quatrième étape du Dauphiné. Victime de multiples fractures, Froome a dû mettre fin à sa saison avant même le début de l'été. Les mois de rééducation sont passés et le Kenyan Blanc a aujourd'hui retrouvé son vélo, avec la ferme intention d'ajouter un huitième Grand Tour à son palmarès dans les mois à venir.

Une fois atteint le sommet, deux options s'offrent à vous : y rester ou redescendre. Pour Geraint Thomas (33 ans), ç'a été la deuxième. Vainqueur du Tour en 2018, le Gallois a dû digérer. Des semaines, et même des mois, au point qu'un point d'interrogation l'entourait au départ de la Grande Boucle. Finalement, l'ancien pistard a été là où on l'attendait. Deuxième du général à 1'11" de Bernal, il a confirmé que sa conquête du graal l'an passé n'avait rien d'un hasard. En dehors de ce mois de juillet et d'un Tour de Romandie achevé au troisième rang, rien à signaler. Le contraste avec 2018 est forcément saisissant mais Thomas sera à n'en pas douter l'un des hommes à battre sur le prochain Giro, où il est annoncé.

Auteur d'une fin d'année 2018 tonitruante, Gianni Moscon (25 ans) n'a pas connu la même réussite cette saison. Cinq top 10 seulement pour le puncheur italien sur l'ensemble de cet exercice 2019. Ses jambes lui ont tout de même permis de jouer devant lors du Tour de Grande-Bretagne (6e du général) et les Mondiaux (4e), où il est passé tout près d'une médaille. Son coéquipier Michal Kwiatowski (29 ans) a lui aussi obtenu quelques belles places d'honneur, sans atteindre toutefois ses performances des années précédentes. Le Polonais s'est classé troisième de Paris-Nice et de Milan-San Remo mais boucle la saison sans la moindre victoire, une première pour lui depuis 2011.

 

Qu'attendre de 2020 ?

Le Team INEOS s'est montré (relativement) sage sur le marché des transferts depuis le 1er août. Une seule recrue à recenser : Richard Carapaz (Movistar). Vainqueur du Giro devant Vincenzo Nibali et Primoz Roglic, l'Equatorien de 26 ans est devenu le deuxième coureur sud-américain de l'histoire à remporter la Corsa Rosa. Dans le sens inverse, Wout Poels, David de la Cruz, Diego Rosa, Kenny Elissonde et Kristoffer Halvorsen plient bagage, déterminés à changer d'air pour obtenir davantage d'opportunités.

Emmenée par Egan Bernal, Christopher Froome et Geraint Thomas, l'armada INEOS sera une fois encore l'équipe à battre lors des courses par étapes de niveau WorldTour en 2020. Le seul point d'interrogation concerne l'homme qui bénéficiera du statut de n°1 au moment fatidique. Certes, les figures historiques de la formation britannique n'ont pas dit leur dernier mot. Il ne faudrait d'ailleurs pas commettre l'erreur d'enterrer trop vite des champions déterminés à prendre leur revanche. Mais force est de constater que la concurrence interne se fait de plus en plus rude, encore plus avec l'arrivée de Richard Carapaz. Les cadets frappent à la porte, les trentenaires ont du souci à se faire.

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Publié le par Quentin BALLUE

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