Tour de France - Julian Alaphilippe : «Je suis encore un peu de la vieille école…»
Par Titouan LABOURIE le 01/07/2026 à 13:38
Trois jours avant le Grand Départ du Tour de France, Julian Alaphilippe s'est exprimé en visioconférence depuis Barcelone. À l'aube de son huitième Tour, le coureur de la Tudor affiche une motivation intacte malgré les années qui passent. Entre ambition personnelle, transmission auprès des plus jeunes et regard lucide sur l'évolution du cyclisme, le Français se confie sans détour avant de retrouver les routes de la "Grande Boucle".
"Très content d'être au départ de mon huitième Tour de France et surtout très motivé"
Comment abordez-vous ce Tour de France sur le plan physique ? Vous sentez-vous capable de vous battre ?
Oui, je me sens bien. J'ai fait le maximum dans ma préparation, les dernières semaines se sont bien passées. C'est toujours difficile d'évaluer précisément son niveau de forme, mais j'ai eu de bons signaux pendant ma préparation et lors des derniers entraînements. Je suis très content d'être au départ de mon huitième Tour de France et surtout très motivé.
Vous partagez votre préparation avec de jeunes coureurs comme Yannis Voisard. Quel rôle jouez-vous auprès d'eux ?
C'est vrai que ce rôle de transmettre mon expérience me tient vraiment à cœur. Je m'en rends encore plus compte dans des moments comme aujourd'hui, quand je vois Yannis découvrir l'avant-Tour avec toutes les sollicitations, les derniers entraînements. Nous avons aussi partagé trois semaines de préparation en altitude ensemble. Même si c'est déjà mon huitième Tour, voir que c'est son premier me fait plaisir. Je suis heureux de pouvoir être là pour lui donner quelques conseils, quelques petites choses qui font qu'on est une équipe. On est là pour s'entraider, souffrir ensemble et donner le maximum. Je pense que c'est un bel équilibre.
"L'écart se creuse avec la jeune génération"
Avez-vous constaté une évolution des recommandations nutritionnelles depuis vos débuts, notamment concernant le poids et l'apport en glucides ?
Oui, bien sûr. J'ai vu cette évolution. Sur la question du poids, ce n'est pas forcément quelque chose qui m'a été favorable, en tout cas à mes yeux. J'ai toujours fonctionné de la même manière. J'ai su évoluer au fil des années, mais je n'ai jamais changé mon rapport au poids ou ma préparation. Je suis quelqu'un qui se pèse très rarement, même si, selon les recommandations des nutritionnistes, il faudrait le faire davantage. Je ne me prends pas trop la tête avec ça. J'ai aussi la chance de ne pas avoir de gros problèmes de variation de poids.
En revanche, sur le plan de la nutrition, j'ai clairement vu l'évolution. C'est quelque chose qui a parfois été difficile à intégrer. Je suis encore un peu de la vieille école. En fait, je suis entre les deux. Je vois ce qu'il faut faire aujourd'hui pour performer, pour être au niveau des meilleurs, avec toute l'optimisation de la nutrition. Mais je sais aussi ce dont j'ai besoin, moi, pour être performant et me sentir bien. Il y a certaines choses que je ne suis pas capable de faire. Quand on parle d'ingérer un certain nombre de grammes de glucides par heure, je ne sais pas faire ça et je n'ai pas envie de le faire. C'est peut-être à mon désavantage, mais c'est comme ça.
Les années passent, le peloton se renouvelle sans cesse et vous affrontez des coureurs de plus en plus jeunes. Comment vivez-vous cette évolution ?
C'est une réalité. Mais je suis toujours passionné par ce que je fais. J'aime toujours souffrir, me dépasser, essayer d'être la meilleure version de moi-même et d'être le plus performant possible. C'est ce qui me donne encore envie de continuer. Oui, l'écart se creuse avec la jeune génération. Le temps passe et je récupère moins bien que les jeunes qui arrivent. Bien sûr. Mais il faut faire avec son époque. Je pense aussi que je profite de mes dernières courses, de mes dernières saisons en tant que cycliste professionnel. Ça me motive encore davantage à donner le maximum, parce que je ne veux avoir aucun regret à la fin de ma carrière. Je suis très heureux de ce que j'ai accompli jusqu'à présent, mais je sais aussi que j'ai encore la motivation pour réaliser de belles choses, et sur ce Tour de France plus que jamais.
Y a-t-il des étapes que vous ciblez particulièrement ? Et que représenterait une nouvelle victoire d'étape sur le Tour de France ?
Elle aurait énormément de valeur pour moi. Ce serait le symbole de beaucoup de résilience, parce que j'ai connu de très grands moments dans ma carrière, mais aussi beaucoup de périodes difficiles, notamment ces dernières années et ces derniers mois. Gagner une étape sur le Tour de France reste un rêve. Si j'y parviens, cela représenterait énormément pour moi.
