INTERVIEW - Pauline Ferrand-Prévot: «Je n'étais pas la meilleure coureuse du monde»
C'est l'une des attractions des Strade Bianche Donne ce samedi : le retour à la compétition de Pauline Ferrand-Prévot (Team Visma | Lease a Bike). La Française fait son retour à la compétiton à l'occasion de la course italienne, une saison qu'elle espère encore meilleure que sa cuvée 2025, où elle avait remporté Paris-Roubaix et surtout le Tour de France Femmes. Cette année, la championne olympique de VTT veut briller plus régulièrement et cela commence par les chemins empierrées autour de Sienne et la fameuse Piazza del Campo, où elle espère bien pouvoir lever les bras ce samedi.
Vidéo - Pauline Ferrand-Prévot avant de prendre le départ des Strade Bianche
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"Nous sommes prêtes..."
Bonjour Pauline, une question un peu classique pour commencer. Ce sera votre première course de la saison, comment vous vous sentez ?
Je viens de revenir de trois semaines de camp d'entraînement en altitude avec l'équipe. C'était très agréable de s'entraîner dans de bonnes conditions avec les filles. J'ai l'impression d'être prête. Nous sommes prêtes aussi en tant qu'équipe. Je sens que le niveau de l'équipe a vraiment augmenté cette année. Les filles sont prêtes à faire beaucoup plus que simplement aider. Je pense qu'on va voir une course intéressante cette saison.
Êtes-vous confiante sur votre forme et sur le fait d'approcher de votre pic de forme ?
Je me sens très bien. Nous savons tous que l'entraînement est vraiment différent de la course. Je ne connais pas le niveau des autres. Comme vous l'avez dit, c'est ma première course de la saison. Mais comparé à l'année dernière, je me sens bien. Je suis bien, je suis prête, je suis vraiment motivée. J'espère que nous pourrons obtenir un bon résultat samedi. Comme je l'ai dit, c'est une classique, il y a tellement de choses qui peuvent se passer. Nous devons rester sur le vélo. Nous devons être en bonne position pour atteindre le final. Nous devons avoir les bonnes jambes pour gagner la course.
L'année dernière, c'était votre première année de course. Vous vous êtes unis avec Marianne Vos. C'était peut-être un peu inconnu cette année mais c'était une année très réussie pour vous. Vous avez eu une très bonne campagne de classique avec Marianne Vos. Est-ce que nous pouvons voir un progrès maintenant que c'est votre deuxième saison sur la route, mais aussi avec vos dynamiques avec Marianne sur les classiques ?
L'année dernière, comme vous l'avez dit, c'était l'année de mon retour, c'était comme découvrir à nouveau la route. Après l'année dernière, j'ai plus ou moins une idée. Je ne suis plus nouvelle dans ce sport. L'année dernière, j'avais l'impression que j'étais toujours une coureuse de VTT. Cette année, je suis une coureuse sur route. Dans mon esprit, c'est différent. Après ce que j'ai fait l'année dernière, je suis plus confiante. Je suis plus sûre de moi-même, ce qui est bien.
C'est toujours un honneur de courir avec Marianne. Elle trouve toujours le moyen d'obtenir de bons résultats et nous fait se sentir bien.C'est très agréable de courir avec elle. Comme je l'ai dit précédemment, nous avons des nouvelles coureuses dans notre équipe. C'est très agréable de voir que l'équipe se développe ainsi.
Marianne Vos sera également au départ des Strade Bianche
"L'objectif cette saison est d'être plus constante"
La saison dernière, tu as très bien performé à différentes périodes de la saison. Comment as-tu réussi à atteindre ton pic de forme plusieurs fois par saison? Est-ce plus difficile avec l'âge ?
L'année dernière, les classiques étaient l'objectif de ma saison. J'étais bien dans les autres courses, mais pas comme sur le Tour de France. L'objectif cette année est d'être plus constante. Mon premier objectif est maintenant et j'ai l'intention d'en avoir deux supplémentaires. Le but c'est de trouver le bon équilibre et avec l'âge aussi c'est plus facile de trouver l'équilibre.
Qu'as-tu appris de la course de l'année dernière? Qu'as-tu fait de différent?
J'ai appris plus ou moins tout. J'ai revu la course de l'année dernière. J'ai dépensé beaucoup d'énergie. Quand un premier groupe est sorti, j'étais la seule coureuses de l'équipe. J'avais l'impression que je devais être dans ce groupe et j'y ai dépensé beaucoup d'énergie. Le plus important pour moi c'était comment j'ai dépensé mon énergie pendant cette course. Au début de la course, on ne ressent pas que c'est difficile. Après 100 km, on commence à sentir les jambes et il reste encore 40 km. Les derniers 40 km sont très difficiles, tout est sur la manière dont tu économises ton énergie.
Dans une interview en janvier, tu as mentionné Liège, le Tour des Flandres, La Flèche comme des courses que tu veux vraiment gagner. Où est-ce que tu situes les Strade Bianche dans tout ça ?
C'est une course magnifique. Pas autant que le Tour des Flandres mais c'est une course iconique. Comme je l'ai dit précédemment, je me sens très bien. Je me suis aussi préparée pour cette course. Ma puissance est aussi plus élevée que l'année dernière. L'année dernière, on savait que chaque course était différente. Maintenant, je me sens beaucoup mieux. Je pense que je peux jouer la victoire. Comme équipe, nous sommes prêts. C'est très agréable de gagner cette course et de commencer la saison avec une grande victoire pour l'équipe.
Here’s our line-up for Strade Bianche! ?? We’re ready for dusty gravel roads in Tuscany.#stradebianche pic.twitter.com/0HyeA3yKWh
— Team Visma | Lease a Bike Women (@visma_lab_women) March 4, 2026
"Comment j'ai perdu les Championnats du Monde ?"
Tu es la meilleure coureuse du monde après avoir gagné le Tour de France. As-tu changé tes attentes ? As-tu réussi à devenir une meilleure coureuse après le Tour de France ?
Je dirais oui et non. Avec la victoire de la Tour de France, mon statut a changé. Je n'étais pas la meilleure coureuse du monde. Le statut a changé, et Demi (Vollering) m'a regardée, ce qu'elle n'avait peut-être pas fait auparavant. J'ai dû m'habituer à ça, mais j'ai eu l'honneur d'y travailler. Je suis plus dans le rôle de la favorite et la leader de l'équipe. Cela m'a donné beaucoup de confiance et de bonne pression. J'ai remarqué que mon rôle à la peloton a changé.
J'ai fait un changement dans mon cerveau et je me suis dit : comment j'ai perdu les Championnat du monde ? Ce n'est pas parce que j'avais peur d'attaquer, mais je n'étais pas au courant de tout le monde qui me regardait. Je n'ai pas rendue la course assez difficile. Je me suis dit que je devais changer la façon dont je roulais et d'approcher la course. Sinon, ça serait toujours comme ça et ce n'est pas ce que je veux.
J'ai une question sur Femke de Vries. Tu as fait partie de ton calendried avec elle. Comment est-elle forte et quelles sont ses capacités ?
Je peux parler dire beaucoup de choses sur Femke. Elle est très importante pour moi. Je dirais qu'elle est la plus importante de mes coéquipières. Elle a beaucoup appris cet hiver. Elle a appris beaucoup l'année dernière. Cette hiver, elle s'est dit qu'elle voulait être bonne sur l'UAE Tour. Elle s'est préparée pour ça. Elle a mis tout en oeuvre pour rendre cela possible. Elle a fini 3ème au GC au UAE. C'est le premier podium pour elle. C'est juste le début de ce qu'elle est capable de faire. Elle est une personne très intelligente. Elle sait quand elle doit être prête, quand elle doit reposer. Je pense qu'elle apprend très vite.Cette année, on peut s'attarder à avoir Femke et beaucoup plus de podiums.
Tu as dit que Strade Bianche est l'une des courses les plus étonnantes. Est-ce que tu le considères comme un monument comme Roubaix ou le Tour des Flandres ?
Dans ma tête, oui. C'est un monument. Je ne vois pas de différence avec le Tour des Flandres et Milan-SanRemo. Pour moi, les Strade est un grand monument. C'est aussi une belle course.
"Il y a tellement de filles qui peuvent bien performer"
Vous avez juste mentionné que Demi Vollering allait vous regarder, la percevez-vous comme votre plus grande adversaire ?
Je ne vois pas Demi plus grande que les autres. Pour moi, Demi est comme Kasia Niewiadoma, Elisa Longo-Borgini.Elle super forte, mais pour moi, tout le monde est super fort. Je n'ai pas de classement. Je pense qu'il faut regarder tout le monde. Elisa Longo Borgini a fini 8 fois dans le top 10. Il y a tellement de filles qui peuvent très bien performer dans cette course.
En France, nous avons Pauline Ferrand-Prévot. Maintenant, nous avons aussi Paul Seixas. Que pensez-vous de Paul Seixas ?
Pour être honnête, je n'ai pas suivi les récits de Paul Seixas. Je n'ai pas regardé la télé ou je n'ai pas regardé les réseaux sociaux depuis tellement longtemps que je ne sais pas ce qui se passe dans ce monde. Je crois qu'il était le champion du monde junior de cyclo-cross il y a deux ans. C'est à lui et à son équipe de voir s'il est prêt à faire le Tour de France ou pas, je n'ai pas à décider pour lui.
Quel est le meilleur monument pour vous ?
Le Tour des Flandres parce que c'est quelque chose que je suis depuis que je suis jeune et le public belge est juste fou. J'adore la pression, le stress, le chaos là-bas. C'est telllement iconique et les jours d'avant tu peux voir que quelque chose de grand se prépare, c'est un très bon sentiment.
