Route - Mathys Rondel : «Cette saison, je veux continuer d’apprendre et gagner»

Par Esteban DA COSTA le 07/01/2026 à 20:20. Mis à jour le 19/01/2026 à 19:58.
Route - Mathys Rondel : «Cette saison, je veux continuer d’apprendre et gagner»
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Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

Annoncé comme l’un des grands espoirs français, Mathys Rondel (Tudor Pro Cycling Team)avance à son rythme et gravit les échelons petit à petit. Après des saisons 2022, 2023 et 2024 placées sous le signe de la découverte, le natif du Mans a brillé en 2025, en terminant notamment quatrième du classement général du Tour du Luxembourg, devant des coureurs comme Ben Healy (EF Education-EasyPost). Un peu éclipsé par le talent de coureurs français tels que Lenny Martinez (Bahrain-Victorious) ou Paul Seixas (Decathlon CMA CGM), le Manceau s’annonce néanmoins comme l’une des têtes d’affiche de la formation suisse en 2026. Pour Cyclism’Actu, Mathys Rondel est revenu sur sa saison 2025 ainsi que sur ses objectifs pour 2026.

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"Ma saison 2025, elle était correct"

Bonjour Mathys, on se retrouve pour ce deuxième stage de l’hiver avec toi. Comment ça va et comment se passe la préparation de la saison ?

Tout se passe bien pour le moment. Là, on va retrouver le soleil et la chaleur, parce que ces dernières semaines, c’était quand même un peu froid à la maison. Mais là, ça va être bien, on va pouvoir bosser correctement avec toute l’équipe.

 

Peux-tu m’expliquer la différence de travailler dans de bonnes conditions ? Ici il fait 15 degrés et grand soleil, alors qu’aux Pyrénées, si je ne me trompe pas, il fait plus froid. Ça change quoi pour l’entraînement ?

Déjà, c’est quand même plus confortable. Le matin, quand il fait beau, on a plus envie d’aller s’entraîner que quand il fait mauvais. Et puis, on prend moins de risques d’être malade, et c’est le plus important. Pour accumuler de la charge d’entraînement, il faut être stable, ne pas tomber malade. On peut aussi faire quelques intensités sans risquer de se brûler les bronches. Là, on peut commencer à travailler correctement sans peur d’être malade, etc.

 

Revenons sur ta saison 2025. Comment l’as-tu jugée ? Une bonne saison avec notamment une belle fin d’année et un gros Tour du Luxembourg.

Correct. J’ai eu deux périodes bien régulières. J’avais quand même fait un Abruzzo, Romandie et Dauphiné… le Dauphiné était un peu moins bon, mais c’était correct sur cette période. Ensuite, du Tour de Grande-Bretagne jusqu’au Japon en fin de saison, j’ai été plutôt régulier avec quelques résultats solides, dont le Tour du Luxembourg, donc je suis assez content. Deux bons blocs avec de la régularité, et pouvoir courir à ce niveau tout en apprenant avec différents groupes, c’était bien.

 

Tu n’as pas fait de grand tour en 2025. C’était volontaire de te préserver, ou tu n’étais pas encore prêt pour une course de trois semaines ?

Le Giro était trop tôt. On aurait pu faire une Vuelta, par exemple, mais on n’y participait pas, donc il était logique que je ne la fasse pas. Cette année, en 2026, je ferai un grand tour. Le but n’était pas de me protéger, mais de le faire au bon moment. Là, c’était trop tôt pour le Giro, et le Tour de France aussi aurait été trop tôt. On a pris notre temps, fait un bon calendrier à haut niveau, découvrir pas mal de courses, donc c’était bien comme ça.

 

"Mon premier Grand Tour sera le Giro"

En 2026, quels seront tes principaux objectifs ? Sais-tu déjà quel grand tour tu feras ?

Ce sera le Giro. L’objectif est d’être bien là-bas, en top forme. Avant, il y aura Paris-Nice quelques mois avant. Donc ce seront mes deux gros objectifs : bien figurer au Giro, mais aussi bien gérer toute la préparation, de décembre jusqu’au stage d’altitude et le Giro. Et après, bien récupérer pour faire une bonne fin de saison. Je ne veux pas me limiter à un grand tour par an ; il faut être performant avant et après, une fois l’objectif passé.

 

Peux-tu nous détailler ton programme du début de saison jusqu’au Giro ?

On commence par le stage, un bon bloc d’entraînement. Ensuite, je vais à Majorque pour participer au chrono par équipe et préparer Paris-Nice correctement. Après, Figuera et le Tour d'Algarve : une course d’un jour et une course par étapes, avec un chrono individuel cette fois. Puis Paris-Nice, suivi d’une bonne semaine de repos avant de monter en altitude. Ensuite, le Tour des Alpes pour travailler l’intensité et poser de bonnes bases pour le Giro. Après deux semaines, on attaque le Giro.

 

Ce sera un peu comme Michael Storer, comment vont s’organiser vos rôles sur le Giro ?

Là, ce sera surtout coéquipier, parce qu’il a bien terminé la saison, avec un gros Tour de Lombardie (3e). Le but sera de viser le meilleur classement général pour lui. Mon rôle sera de l’accompagner le plus possible, tout en ayant ma liberté. On ne va pas me sacrifier trop tôt dans la course. Je vais pouvoir accumuler de l’expérience et l’aider au mieux en montagne. Ce sera sûrement un de mes derniers grands tours sans être sous pression, donc je vais découvrir, donner le meilleur de moi-même et aider l’équipe et surtout Michael Storer.

 

Pour l’année à venir, c’est déjà l’objectif de progresser et confirmer les bonnes choses des dernières années. Quels sont tes objectifs à long terme ? Le classement général d’un grand tour, c’est ton objectif final ?

Avec l’équipe, c’est vers ça qu’on tend, mais il y a beaucoup d’étapes à franchir avant. On peut être bon sur dix jours, mais trois semaines, c’est une autre dimension. Il y aura des étapes importantes à venir, surtout ma première participation à un grand tour. À long terme, l’objectif est d’être performant sur trois semaines et de voir jusqu’où je peux aller. Si un moment mes résultats ne sont pas au niveau espéré, on pourra se concentrer sur des étapes. On ne s’interdit rien. Le but est d’être le plus performant possible, de gagner des courses, que ce soit sur le général ou sur des étapes.

 

Tu n’as que 22 ans et on parle beaucoup de coureurs français de ta génération comme Lenny Martinez ou Romain Grégoire, mais moins de toi. Pourtant, tu as déjà prouvé beaucoup chez les jeunes et ces dernières années chez les pros. Comment expliques-tu ça ?

Je suis arrivé un peu plus tard qu’eux, donc j’avais toujours un petit écart. Il était plus important il y a 3, 4, 5 ans, et maintenant je le comble progressivement. C’est pour ça qu’on parle plus de moi maintenant. Lenny Martinez est toujours un peu devant, donc il attire plus l’attention. Maintenant, Paul Seixas prend aussi beaucoup de lumière. Mais si je gagne une course, je serai sur le devant de la scène. Je ne suis pas inquiet. Pour expliquer, c’est que ces coureurs ont toujours été un petit pas devant moi, donc on parle plus d’eux. Quand je progresse, je rejoins leur niveau et on commence à parler davantage de moi.

 

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour cette saison 2026 qui arrive ?

Continuer d’apprendre et gagner. Ce serait une bonne saison.

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