Route - Thierry Gouvenou : «Nous investissons beaucoup d'argent dans la sécurité»
Face à la colère grandissante du peloton et après la manifestation menée par Remco Evenepoel au départ du Tour de Lombardie le 10 octobre, Thierry Gouvenou tire la sonnette d'alarme. Interrogé ce vendredi par le média road.cc, le responsable de la sécurité du Tour de France et membre de SafeR réclame des mesures concrètes pour réduire la vitesse des pelotons en compétition. Selon lui, l'allure excessive et le matériel actuel rendent désormais les routes ouvertes impossibles à sécuriser face aux risques d'accidents : "En ce moment, dans les descentes, ces vélos ressemblent plus à des motos qu'à des vélos".
"Je ne veux pas finir responsable de la sécurité d'une course de moto"
Thierry Gouvenou a aussi insisté sur le rôle et les limites des organisateurs face à cette hausse des vitesses : "Nous, les organisateurs, demandons également des mesures pour réduire les vitesses. J'ai signé pour être responsable de la sécurité d'une course de vélo, mais je ne veux pas finir responsable de la sécurité d'une course de moto. Les courses ont évolué, les coureurs vont beaucoup plus vite, ce qui rend la sécurisation du parcours nettement plus difficile pour les organisateurs". Tout en rappelant le tragique accident de Finlay Tarling percuté en août au Portugal et les récents incidents de la Coppa Bernocchi et des Trois Vallées Varésines, "je peux comprendre les coureurs ; ils ne montent pas sur leur vélo avec l'intention de finir handicapés ou morts. Nous allons nous asseoir autour d'une table, c'est clair. Je fais partie du groupe SafeR, donc nous aurons beaucoup de discussions", a-t-il assuré.
Remco Evenepoel a pris la parole pour dénoncer les incidents impliquant des véhicules
"Les gens sont de moins en moins respectueux des règles"
Le responsable a néanmoins rappelé la réalité du cyclisme sur route ouverte face aux risques d'intrusions, comme celle survenue sur l'Eneco Tour : "La véritable nature du cyclisme est qu'il se déroule dans un environnement ouvert, pas dans un stade. Les courses ont lieu sur des routes publiques, où certaines personnes peuvent choisir d'ignorer les règles, d'ignorer les signaleurs, ou même de s'aventurer sur le parcours lui-même. Nous investissons beaucoup d'argent dans la sécurité, mais maintenir l'équilibre financier de ces événements reste extrêmement difficile. Après tout, vous ne pouvez pas placer un policier devant chaque maison ou à chaque virage. Mais les gens, l'humanité en général, sont de moins en moins respectueux des règles". Pendant que l'association des organisateurs (AIOCC) demande l'aide des autorités et des règles uniformes, le président du syndicat des coureurs (CPA), Adam Hansen, réclame plus de pouvoirs pour les experts de SafeR et une certification obligatoire pour les cinq derniers kilomètres de chaque arrivée au sprint.
