Route - Joao Almeida : «Je pense que tout le monde peut être battu mais...»

Par Esteban DA COSTA le 13/12/2025 à 16:23. Mis à jour le 03/01/2026 à 07:58.
Route - Joao Almeida : «Je pense que tout le monde peut être battu mais...»
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Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

Ce samedi 13 décembre, à Benidorm en Espagne, se tenait le Media Day de la formation UAE Team Emirates-XRG. Après avoir prolongé son contrat jusqu’en 2028 avec l’équipe émiratie, le Portugais Joao Almeida s’est exprimé sur son programme de course pour la saison 2026. Au menu notamment : un enchaînement Giro d’Italia Vuelta en tant que leader. Habitué ces dernières saisons à évoluer au service de Tadej Pogacar, le coureur de 28 ans — vainqueur notamment du Tour de Suisse — jouera pleinement sa carte personnelle en 2026. Cyclism’Actu était présent à Benidorm pour recueillir les propos de Joao Almeida.

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"J’aime toutes les courses"

Bonjour à tous. Je vais commencer par Valence, puis l’Algarve, Paris–Nice, le Tour de Catalogne et le Giro. Je pense qu’il y aura aussi les championnats nationaux, Burgos et la Vuelta. C’est le programme que j’ai pour le moment.

 

En termes d’objectifs au classement général, ce sera surtout le Giro et la Vuelta ?

Oui.

 

Y a-t-il eu un débat entre le Giro et le Tour, sachant que tu as disputé le Tour ces trois dernières années ?

J’aime toutes les courses. On essaie de trouver un bon équilibre pour que tout le monde soit satisfait et heureux. Je serais content de courir n’importe quelle épreuve, mais nous avons trouvé ce programme, que j’apprécie beaucoup, et j’ai vraiment hâte de revenir sur le Giro.

 

Le Giro partira de Bulgarie. Tu y étais au début de ta carrière, mais as-tu déjà couru là-bas ?

Non, ce sera ma première fois. Mais on est déjà un peu habitués à ce genre de départs. Aujourd’hui, les Grands Tours commencent souvent à l’étranger, donc ce sera une première pour moi en Bulgarie.

 

Vas-tu faire équipe avec Isaac sur le Giro ?

Je pense qu’il faudra lui poser la question à lui.

 

Tu as de très bons souvenirs du Giro, mais aussi connu un peu de malchance. Quel est le grand objectif cette fois-ci ?

Bien sûr, nous y allons avec la mentalité de nous battre pour la victoire. Parler est facile, agir l’est beaucoup moins. Nous allons faire de notre mieux et travailler dur. Les adversaires seront forts également. Au final, c’est une course comme une autre, qu’il faut préparer sérieusement et sur laquelle il faut se concentrer.

 

Préfères-tu le Tour ou le Giro ?

J’aime les deux. Le Tour est une course différente, avec une atmosphère particulière. Quand on dispute son premier Tour, on sent vraiment que c’est un autre niveau. Mais de l’autre côté, j’ai vraiment hâte de revenir sur le Giro. C’est une course magnifique, et c’est agréable de changer parfois de programme.

 

"Tout le monde est battable"

Comment vois-tu l’enchaînement Vuelta – Championnats du monde en fin de saison ?

Je ne suis pas vraiment un spécialiste des courses d’un jour, mais c’est toujours un plaisir de représenter mon pays. Peut-être qu’à l’avenir je me concentrerai davantage là-dessus. Mais la Vuelta restera un objectif majeur pour moi.

 

Espères-tu que le Giro réunira beaucoup de grands coureurs et sera une course très relevée ?

Oui, je pense que ce serait très bien. Cela élève le niveau de la course et lui donne encore plus de sens. Gagner dans ces conditions a une valeur particulière. On voit à quel point la course peut être intense et violente. S’il est au départ, ce sera forcément une très belle course.

 

As-tu appris quelque chose en courant contre lui sur la Vuelta cette année ?

Au final, tout dépend des jambes. On peut avoir un plan, mais si les jambes ne répondent pas, il n’y a rien à faire. Il est très intelligent et court aussi avec sa tête. Quand il attaque, il attaque vraiment. L’essentiel, c’est simplement d’être fort.

 

Cette expérience t’a-t-elle fait penser que tu peux le battre un jour ?

Tout le monde est battable. Peut-être pas à ce moment précis, mais je pense que, dans certaines circonstances, tout le monde peut être battu.

 

Peux-tu expliquer plus en détail la décision de viser le Giro ?

Le parcours n’a pas eu une grande influence. Je me considère comme un coureur assez complet. Qu’il y ait plus de montagne ou plus de contre-la-montre ne change pas grand-chose pour moi. J’avais envie de changer un peu et de revenir sur le Giro. J’en ai parlé avec la direction, qui m’a donné cette opportunité. La décision a été assez simple.

 

Était-ce ton idée ou une décision collective ?

C’est une décision collective. Tout le monde doit être sur la même longueur d’onde.

 

Ajustes-tu quelque chose pour réduire l’écart avec des coureurs comme Jonas (Vingegaard) ou Tadej (Pogacar) ?

C’est très difficile. Nous travaillons tous énormément et nous progressons chaque année, mais eux aussi progressent. Peut-être qu’un jour je pourrai réduire un peu l’écart, mais ce n’est vraiment pas simple.

 

Serais-tu déçu de ne jamais remporter un Grand Tour ?

Non, je ne serais pas déçu. Bien sûr, j’aimerais beaucoup en gagner un, mais le niveau actuel est extrêmement élevé. Et ce n’est pas toujours le plus fort qui gagne. J’ai déjà obtenu de belles victoires dans ma carrière, et j’espère en décrocher encore d’autres. Aujourd’hui, nous abordons chaque course avec l’envie de faire de notre mieux. Il n’y a plus un seul objectif unique dans la saison.

 

Te situes-tu au même niveau que Remco Evenepoel ?

 À l’heure actuelle, je placerais Remco légèrement au-dessus de moi. Il est meilleur en descente et globalement plus fort pour le moment. Mais on verra avec le temps.

 

Comment abordes-tu les courses avec un classement par équipes ?

Avec les coéquipiers, c’est forcément différent. Mais je pense que ce sera une compétition équitable et intéressante. J’ai hâte d’y être.

 

"Face à des coureurs comme Tadej ou Jonas, c’est presque impossible"

Dans une époque aussi compétitive, préfères-tu être réaliste ou rêver grand ?

Je préfère être réaliste et m’appuyer sur les faits. Les faits ne mentent pas. Aujourd’hui, face à des coureurs comme Tadej ou Jonas, c’est presque impossible. Bien sûr, tout peut arriver, mais il faut rester réaliste. Cela dit, je suis heureux d’être né dans cette génération très compétitive : ce sont les meilleures années que j’aie connues dans ma carrière.

 

Une ascension comme le Cavallo peut-elle être une revanche pour toi ?

Non, c’est une montée normale. Elle est assez rapide. J’espère simplement finir dans le premier groupe cette fois-ci.

 

Ton programme de course montre-t-il que tu souhaites davantage de responsabilités en tant que leader ?

Oui, clairement. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire que je me mette au service de quelqu’un d’autre pour gagner un Grand Tour. Pour l’équipe, il est plus logique de répartir les objectifs et de maximiser nos chances de victoires.

 

Comment as-tu vécu ce qui s’est passé en dehors de la course ?

En tant que coureurs, nous avons dû gérer cela et rester concentrés sur la course. Personnellement, je ne pense pas que cela ait beaucoup changé les choses, même si c’est toujours triste quand ce genre d’événements arrive.

 

Es-tu heureux que certains éléments controversés ne fassent plus partie du cyclisme ?

Personnellement, cela ne signifie pas grand-chose pour moi. C’est secondaire.

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