Paris-Nice - Kévin Vauquelin : «Un top 5 serait une belle façon de m'affirmer»
Par François-Xavier LOUZE le 05/03/2026 à 11:04
Kévin Vauquelin, arrivé à l'intersaison à INEOS Grenadiers, va participer à son deuxième Paris-Nice, du 8 au 15 mars prochain. Pour sa première participation, en 2023, il avait été particulièrement performant: il avait en effet fini 5e de la 4e étape arrivant à La Loge des Gardes, remportée par Tadej Pogacar (UAE Team Emirates-XRG). En ce début de saison, le Normand de 24 ans a rassuré sur son état de forme avec notamment une très belle 5e place au classement général du Tour de l'Algarve, devant des coureurs tels que Daniel Felipe Martinez ou Florian Lipowitz (tous deux chez Red Bull-BORA-hansgrohe). Il aborde donc la "Course au Soleil" avec des ambitions légitimes pour le classement général, lorgnant notamment sur le contre-la-montre par équipes.
Vidéo - Kevin Vauquelin, à l'issue du Tour d'Algarve 2026
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"Le chrono par équipes est un avantage pour moi"
Kévin Vauquelin se lancera donc la semaine prochaine sur Paris-Nice après un début de saison réussi avec la formation britannique INEOS Grenadiers. Interrogé sur les raisons qui l'ont poussé à participer à cette course, le coureur évoque trois avantages pour lui. Outre le fait, comme il l'indique en plaisantant, que la course l'amènera directement chez lui (à Nice), il s'agit surtout de "la plus grosse course d’une semaine dans le monde". Il ajoute : "Je trouve en plus que le chrono par équipe est maintenant devenu un avantage pour moi, alors qu’il était presque un inconvénient chez Arkéa. Quand on a un Joshua Tarling, et toute l’expérience d’INEOS Grenadiers en chrono, ça donne envie d’y aller à nouveau". Quand aux conditions climatiques, souvent difficiles sur cette course du début du printemps, le Normand dit ne pas en être gêné.
Vauquelin considère que sa participation à Paris-Nice 2023 a été "un vrai tournant" dans sa carrière. Se battre avec les meilleurs coureurs du monde a été un déclic tant sur le plan physique que mental : "J’avais fait une très belle performance qui m’avait mis en confiance à propos de mes capacités. C’était presque inattendu de me sentir aussi bien et de découvrir ce niveau, cette façon de se battre. Avec le recul, je peux dire que j’en suis fier, c’était l’explosion d’un jeune !"
Une "nouvelle façon de travailler" pour "gagner"
On le sait, les transferts d'une équipe à l'autre peuvent être parfois des moments délicats, où la prise de nouveaux repères prend du temps et affecte les performances. Mais Kévin Vauquelin, de son côté, a rapidement pris ses marques chez INEOS Grenadiers : "Cette année de changement comprend une nouvelle façon de travailler, dans une équipe où le niveau est plus homogène et élevé, ce qui me poussera dans mes retranchements. Je dois coupler ça à un programme assez similaire à ce que j’ai pu connaître, ce qui va me permettre d’envisager l’année avec des points de repère. J’ai aussi une envie de confirmation, après ce qui s’est passé sur le Tour de France et d’autres compétitions. Et je crois que l’expérience de cette année, ce sera celle d’un nouveau "mindset" (état d’esprit). Parce que le dernier Tour, puis ma blessure, m’ont vraiment fait évoluer. Et c’est positif".
Les ambitions du jeune coureur sont décuplées par ce changement d'environnement. Il peut compter sur sa propre expérience et celle de son staff pour aller chercher une première victoire sous ses nouvelles couleurs : "Après ces trois saisons, mon envie c’est de gagner au niveau WorldTour sur des courses d’une semaine. Viser les classements généraux, c’est quelque chose qui m’anime. J’en ai vraiment envie et c’est l’année où je souhaite concrétiser… mais c’est toujours facile à dire. Avec cette longue coupure due à ma blessure, il ne faut pas que je sois trop exigeant, mais l’expérience peut commencer à peser. Et par ailleurs, être entouré de personnes comme Geraint Thomas pourra certainement m’aider pour aller chercher cette victoire."
Un rôle de leader partagé mais des ambitions affirmées
Sur ce Paris-Nice 2026, l'équipe britannique aligne une composition de très haut niveau, manifestant clairement ses ambitions. Ils seront trois à pouvoir jouer le classement général avec Oscar Onley, Carlos Rodriguez et Kévin Vauquelin. Dans cette configuration, il n'y aura pas de hiérarchie établie entre eux au départ de la course ; un format qui n'affecte pas Vauquelin mais le pousse à viser plus loin : "Nous avons cet avantage d’avoir de très bons coureurs, ce qui nous donne la possibilité de s’aligner avec trois belles cartes pour le classement général sur ce Paris-Nice. C’est un peu à l’image de ce que nous avons fait sur le Tour de l'Algarve, où nous étions co-leaders avec Oscar (4e). Mentalement, ça nous pousse à aller vers le haut et c’est aussi une possibilité de se créer plus d’opportunités dans les moments stratégiques. On l’a vu au Portugal, avec un coup qui aurait pu passer, c’est important de pouvoir les tenter. Donc c’est un rôle qui n’est pas leader, mais pas équipier non plus. Ce sera enrichissant pour moi et pour l’équipe."
Nouveau résident à Nice, Kévin Vauquelin a donc pu reconnaître les dernières étapes : "Je n’ai pas été jusqu’à Auron récemment parce qu’il y avait de la neige. Mais en réalité je connais par cœur cette fameuse vallée de la Tinée et également cette montée. Je l’ai notamment faite plusieurs fois l’année dernière lors d’un stage avec Ewen Costiou. Et je trouve que c’est vraiment bien comme terrain. La dernière étape est presque plus difficile, en tout cas sur sa première partie et elle sera très particulière. On va se sentir très mal dans cette vallée, où l’on a l’impression de forcer énormément, et la question de la météo peut aussi changer la donne."
Enfin, pour Vauquelin, la startlist très relevée de ce Paris-Nice n'est pas un problème. Il affiche beaucoup d'ambitions puisque son objectif, dans l'idéal, est d'accrocher le top 5 au classement général : la startlist "ressemble à celle que nous avons eue sur le Tour de l'Algarve, mais avec Jonas Vingegaard et avec une homogénéité à un niveau un peu plus élevé. Plusieurs coureurs vont aussi faire leur rentrée. En ce qui concerne mon objectif, il faut que je vois comment je vais accepter les charges, parce que je n’avais pas couru depuis longtemps. Je sais que je me suis bien entraîné, je verrai donc à quel niveau je peux me situer mais un Top 5 serait une belle façon de m’affirmer. Je peux y aller ambitieux, surtout que le chrono par équipe, avec un effectif comme le nôtre, sera un avantage. Après, il faudra saisir les opportunités."
