Le MAG - Jimmy Casper... sa nouvelle vie : loin du vélo et au service des gens
Une fois le vélo raccroché, en pleine force de l'âge, les cyclistes professionnels, comme tous sportifs, se trouvent souvent face à un défi périlleux et incertain : trouver un emploi, un "vrai" job, devoir se réinventer, s'imaginer un futur, à l'aube de la quarantaine. La reconversion n'est jamais chose aisée. Certains ont à coeur de rester dans le milieu du vélo, deviennent directeur sportif ou intègrent des staffs d'équipe, à l'image de Geraint Thomas récemment chez INEOS Grenadiers. D'autres deviennent pilotes de voitures (pour les commissaires, les invités, la presse) sur des courses. Et certains décident de tourner la page, de sortir du microcosme dans lequel il ont baigné toute leur vie, avec son lot d'incertitudes et même d'instabilité. Jimmy Casper, lui, est désormais dans la deuxième catégorie.
Vidéo - Cyclism'Actu avec Jimmy Casper... en 2017
Lire la suite de l'article
Contrôleur SNCF, chômage, assainissement, BTP
Retiré des pelotons en 2012 après quinze saisons professionnelles (La Française des Jeux, Codifis, Unibet.com, Agritubel, Besson Chaussures, Saur-Sojasun, AG2R La Mondiale), l'ancien sprinteur fut directeur sportif au CC Nogent-sur-Oise (DN1) en 2014, avant d'ocuper le même poste au sein de l'Armée de Terre entre 2015 et 2017. L'arrêt de la formation par le ministère de la Défense met un terme brutal au parcours de Jimmy Casper dans le monde du vélo, en dehors de quelques apparitions sur des épreuves organisées par ASO et d'un Tour de France (2014) au guidon d'une moto-fraîcheur.
Aujourd'hui, à 47 ans, Jimmy Casper est loin de la petite reine. Dans un reportage que France 3 Hauts-de-France lui a récemment consacré, celui qui a gagné une étape du Tour de France 2006 -à Strasbourg, devant Robbie McEwen et Erik Zabel, excusez du peu- dévoile que ses trophées et coupes (47 victoires pros) prennent la poussière au fond de son garage, dans la ville où il est né, à Montdidier (Somme). "Je les garde dans mon garage, pas dans la maison. Je suis pas un sentimental", explique-t-il.
Un temps embauché par son cousin dans une entreprise de menuiserie, tôlerie et serrurerie, Jimmy Casper a multiplé les expériences pour donner un sens à sa vie après la "petite mort" du sportif. "J'ai reconstruit un Jimmy Casper professionnel à quasiment 40 ans. Je n'avais quasiment jamais travaillé, à part dans le vélo", poursuit-il. Puis il détaille son parcours récent : contrôleur SNCF pendant deux ans et demi en intérim, période de chômage, chef d'équipe dans l'assainissement jusqu'au 31 décembre 2025.
"Le monde du vélo était peut-être devenu trop sérieux pour moi"
Une vie loin du cyclisme dont il ne nourrit aucun regret. "Le monde du vélo était peut-être devenu trop sérieux pour moi, juge-t-il. Nous, en tant que cyclistes, à l'arrivée après l'étape, on se buvait une petite bière. Maintenant, les cyclistes pros n'en ont plus le droit. Ça ne me ressemble plus vraiment, je suis plutôt quelqu'un de convivial et jovial." Porteur du maillot vert sur le Tour de France 2006 durant une journée, à la suite de sa victoire à Strasbourg, Jimmy Casper poursuit son parcours atypique, toujours en Picardie, entouré de ses proches, de sa famille à Béthisy-Saint-Martin (Oise), lui le fils de forains. La qualité de vie est au coeur de ses projets : il retape sa maison à Montdidier, un travail manuel comme héritage familial appris sur le tas. Aujourd'hui, le placoplâtre, la visseuse, les charnières, l'électricité et la plomberie n'ont plus de secret pour lui.
Comme une envie profonde d'être au service des gens. Et même s'il nourrirait quelques envies de tour du monde, Jimmy Casper dit être dans le recherche d'un job dans l'assainissement : "C'est un métier qui m'avait plus. C'est particulier, c'est un peu d'être dans la merde, c'est le cas de le dire, mais ça ne me dérange pas. On vient aider les gens, j'aime bien ce côté-là."

Ivan Romeo: "Je me souviendrai de cette course toute ma vie"