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ITW - Vinokourov : «S'il n'y a pas de courses... Astana disparaîtra !» Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

ITW - Vinokourov : «S'il n'y a pas de courses... Astana disparaîtra !»

Alexandre Vinokourov, le manager général de l'équipe Astana, a répondu aux questions de Cyclism'Actu. La formation kazakhe est l'une des plus secouées par la crise liée au coronavirus, et pour Vinokourov, reprendre la compétition avant la fin de l'année est une question de "survie". Il a aussi évoqué le nouveau calendrier, le Tour de France et les objectifs de sa formation pour la fin de saison.

Vidéo - Alexandre Vinokourov du Team Astana sort de son silence !

 

"Avec le calendrier, l'UCI a fait un miracle"

Comme beaucoup, Vinokourov est satisfait d'avoir enfin un calendrier pour la fin de l'année : "En tout cas c'est mieux que rien. Je pense que l'UCI a fait un miracle", assure-t-il. "Aujourd'hui, il fallait un calendrier et il y a eu un gros boulot du président de l'UCI et de toute l'équipe autour de lui. Tous les grands événements comme les Jeux Olympiques ou l'Euro ont été annulés, et pour notre discipline c'est important de courir cette année pour survivre. Donc je pense que l'UCI a fait un bon travail avec ce calendrier, qui est bien sûr vraiment chargé, mais je comprends tous les organisateurs qui veulent faire leurs courses. Ça va faire bizarre d'avoir le Tour de France en septembre et les autres courses plus tard, mais pour les fans, c'est bien car ils pourront voir du cyclisme à la télé, car comme je l'ai dit tous les autres grands événements ont été reportés."

 

"S'il n'y a pas de courses, ce sera compliqué pour le cyclisme"

Il y a quelques jours, Patrick Lefevere, le patron de la Deceuninck - Quick Step, expliquait que son équipe pouvait disparaître si la compétition ne reprenait pas. Un constat que partage Vinokourov pour sa formation : "C'est comme ça. On a fait le maximum avec l'équipe et les sponsors. Au Kazakhstan, comme dans le monde entier, c'est compliqué, avec le pétrole, la monnaie... Il faut survivre cette année, et s'il n'y a pas de courses ce sera compliqué pour le cyclisme. Est-ce que mon équipe sera en danger s'il n'y a pas de courses ? Je pense que oui, comme toutes les autres équipes. Les sponsors veulent avoir de la visibilité, et pour nous oui, s'il n'y a pas de courses, je pense que notre équipe disparaîtra l'année prochaine", explique Vino, qui pense également au cyclisme amateurs et aux jeunes : "Pour ça, j'ai écrit une lettre au président de l'UCI David Lappartient. Je parlais de la possibilité pour les juniors de rester une année supplémentaire dans leur catégorie, et pareil pour les espoirs, pour que les coureurs puissent se montrer. Les juniors n'ont pas fait de grande course cette année, et je pense qu'il faut leur donner encore une chance pour se montrer."

 

"Lopez sur le Tour, Fuglsang sur le Giro"

Côté sportif, la formation Astana avait prévu en début de saison d'envoyer Jakob Fuglsang en tant que leader sur le Tour d'Italie et Miguel Angel Lopez sur le Tour de France. La situation a-t-elle changé ? "Au début de l'année c'était prévu comme ça. Je pense qu'on va garder les mêmes programmes, avec Lopez sur le Tour et Fuglsang sur le Giro, et les gars qui vont faire le Tour vont aussi pouvoir faire des Classiques et les Mondiaux. J'espère aussi qu'on pourra avoir des championnats du monde cette année parce que c'est très important pour les coureurs et les pays. Donc pour nous, c'est comme ça pour l'instant, mais il faudra voir aussi avec le retour des Colombiens qui sont dans leur pays en ce moment. Il faudra voir avec les frontières et il faudrait qu'ils reviennent en juillet en Europe. Ils devront peut-être passer quatorze jours en quarantaine, ce ne serait pas évident. Donc on prendra des décisions au fur et à mesure. En tout cas, on a déjà eu quelques réunions avec le management pour travailler sur les programmes et aussi les stages au mois de juillet."

 

"J'ai confiance, je pense qu'on prendra le départ du Tour en août"

La situation sanitaire s'améliore de jour en jour en Europe et en particulier en France, mais le mois d'août est encore loin. Vinokourov a-t-il des doutes quant à la tenue du Tour de France ? "À Monaco les coureurs peuvent déjà sortir, en Italie et en Espagne aussi cette semaine. Il faut regarder comment évolue la situation mais j'ai confiance, je pense qu'on va pouvoir prendre le départ du Tour fin août. Il va faire plus chaud, mais il faudra respecter les règles sanitaires", déclare le Kazakh. "Un Tour à huis clos ? C'est compliqué, je ne vois pas comment on peut garder les gens chez eux. De toute façon, je pense qu'il y aura moins de public parce que les gens travailleront, on ne sera pas en période de vacances, donc il y aura moins de spectateurs sur le bord des routes. Le gouvernement décidera avec ASO s'il doit y avoir du public, mais quoiqu'il arrive il y aura du monde devant la télévision. Il faut survivre cette année." Imagine-t-il, comme le patron du Team INEOS, Dave Brailsford, retirer son équipe en cours de Tour de France si la situation sanitaire n'est pas satisfaisante ? "Il y a du temps avant le Tour de France, c'est encore trop tôt pour le dire. Bien sûr il faudra que les règles sanitaires soient respectées. Déjà, on n'a pas quitté Paris-Nice, on avait pris toutes les précautions de santé pour les coureurs et je pense qu'on a bien fait."

 

"On a gagné le Giro virtuel, maintenant il faut faire pareil sur la route"

L'équipe Astana n'a plus remporté de Grand Tour depuis la victoire de Vincenzo Nibali sur le Giro en 2016. Mais avec Jakob Fuglsang et Miguel Angel Lopez, elle dispose cette année de solides arguments pour retrouver le succès sur une course de trois semaines : "On est motivés. Déjà, on a gagné le Giro virtuel avec l'équipe (rires). Et dans les messages que j'ai envoyés aux gars, je leur ai dit que j'espèrais qu'on fasse pareil bientôt sur la route. Le Tour de France ça va être difficile avec tous les grands coureurs qu'il y aura. Lopez viendra pour apprendre mais je veux voir ses limites, jusqu'où il peut aller. Le Giro, c'est plus accessible, je sais qu'il y aura Nibali, mais Fuglsang, avec une bonne équipe derrière, il a une chance de gagner", assure Vinokourov, qui conclut en ayant un petit mot à l'attention de Chris Froome, qui vise un cinquième sacre sur la Grande Boucle : "Je ne sais pas s'il est prêt, je n'ai pas vu Chris depuis longtemps, mais je pense qu'il est motivé, bien sûr. Après son accident, ça serait énorme s'il pouvait gagner son cinquième Tour, en tout cas je lui souhaite. On verra sur la route, il est dans une belle équipe avec tous les derniers vainqueurs et ce sera difficile à gérer. On verra bien, mais je lui souhaite, et s'il est prêt, pourquoi pas un cinquième Tour."

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Publié le par François BONNEFOY

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