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ITW - Lefevere : «Le général pour Alaphilippe ? Je suis contre» Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

ITW - Lefevere : «Le général pour Alaphilippe ? Je suis contre»

L'annonce de la retraite de Patrick Lefevere le 1er février prochain fut l'information de ces dernières heures. Âgé de 64 ans, le manager à succès de la Deceuninck-Quick Step  - victorieuse à 68 reprises en 2019 - va faire valoir son droit à la retraite dans un peu moins de deux mois, mais a affirmé vouloir continuer à assurer ses fonctions au sein de la formation belge. Contacté par Cyclism'Actu afin d'en savoir un peu plus, le boss du Wolfpack est revenu sur cette décision importante et s'est également livré sur ses aspirations pour la saison 2020, lors de laquelle Julian Alaphilippe et Remco Evenepoel seront notamment très attendus.

Vidéo - Les confidences de Patrick Lefevere au micro de Cyclism'Actu

 

Patrick Lefevere, on a appris jeudi que vous alliez partir en retraite le 1er février prochain, une retraite active semble-t-il. Qu'est-ce que cela va changer pour vous et pour la Deceuninck-Quick Step ?

Ça ne va rien changer du tout car c'est une retraite administrative. J'ai 65 ans, j'ai payé toute ma vie des impôts, il y des gens en Belgique qui profitent et qui ne payent rien, donc je pense que j'ai le droit de faire cela.

 

Donc vous allez rester à la tête de l'équipe et continuer à faire ce que vous faites depuis des années ?

Il y a certaines années, on n'avait pas le droit de faire cela, mais maintenant, on a le droit de continuer à travailler en étant à la retraite.

 

"Ma succession ? Aucune discussion avec Tom Boonen"

Mais vous êtes tout de même à la recherche d'un successeur ? On évoque le nom de Tom Boonen, avec qui vous avez une relation particulière, pour prendre votre suite.

Mais ce n'est pas un secret. Il ne faut pas être trop prétentieux et penser que votre vie est éternelle. Concernant Tom Boonen, c'est lui qui a dit quelque chose. Il a effectivement dit que ça l'intéresserait peut-être un jour, mais ce n'est pas pour tout de suite. Il n'y aucune discussion par rapport à cela. Pour le moment, il s'amuse en faisant de la voiture.

On va parler de votre équipe et de vos coureurs désormais. Remco Evenepoel et Julian Alaphilippe ont récemment été honorés en remportant respectivement le Vélo de Cristal et le Vélo d'Or. Vous devez être très fier de voir vos coureurs être ainsi récompensés ?

Oui, et puis il y a eu aussi Tim Declercq qui a remporté le titre de meilleur équipier et moi le titre de manager, donc ça fait beaucoup de trophées pour nous. D'une certaine façon, c'est mérité car on ne gagne pas 70 courses par hasard. Surtout qu'il y a eu des victoires de qualité en plus, avec Milan-San Remo, la Flèche Wallonne, Paris-Roubaix... Il y a certains de mes collègues qui voudraient aller à pied à Lourdes pour gagner ces courses.

 

"À cet âge, Evenepoel est peut-être le meilleur coureur que j'ai dirigé"

On va s'attarder sur la cas Remco Evenepoel, qui a été surprenant en 2019. Vous attendiez-vous à le voir aussi performant cette année à seulement 19 ans ?

J'ai toujours pensé que la deuxième année professionnelle était toujours plus difficile que la première. Il faut confirmer, et puis maintenant ce ne sera plus une surprise. Quand il attaquera, les autres réagiront plus vite, donc on verra comment il va gérer ça. Mais c'est sûr que les courses qu'il a gagnées, ce n'était vraiment pas par hasard.

 

Donc, comme en 2019, il n'aura aucune pression de votre part en 2020 ?

Non, on va tranquillement parler de tout cela à Calpe la semaine prochaine lors de notre stage et c'est là qu'on fera son programme définitif. Il a 99 % de chance de débuter sa saison en Argentine - au Tour de San Juan (26 janvier - 2 février) - et pour la suite, on verra plus tard.

 

Et avez-vous le sentiment que Remco Evenepoel est le plus grand talent que vous ayez eu sous vos ordres ?

J'ai dirigé beaucoup de très grands coureurs, mais à cet âge, c'est peut-être le meilleur, oui.

 

"Alaphilippe au Tour des Flandres ? Pas un grand fan de cette décision"

On va maintenant passer à l'autre grande vedette de la Deceuninck-Quick Step, en l'occurrence Julian Alaphilippe, qui souhaite faire le Tour des Flandres la saison prochaine. Le pensez-vous capable d'y briller dès sa première participation ?

Je ne suis pas un grand fan de cette décision, mais bon, on peut rarement refuser quelque chose à Julian. Il ne faut pas oublier que nous allons toujours au Tour des Flandres pour gagner, et quand vous emmenez Julian, vous partez avec six coureurs + un. On ne peut pas lui mettre la pression, mais on ne peut pas non plus lui demander de faire l'équipier. Mais, de toute façon, il n'y a pas de secret, c'est les jambes qui parleront dans le final. 

 

Il manque peut-être aussi d'un peu de puissance pour pouvoir briller sur une telle épreuve ?

La puissance, je ne sais pas, mais c'est surtout qu'il ne pèse que 60 kilos. Ceux qui sont devant sur cette course, ce sont plutôt des gars de 70 kilos et plus.

 

Et vous n'avez pas peur que cette participation au Tour des Flandres ne l'entame un peu pour les ardennaises, qui restent son terrain de jeu favori ?

Il a gagné deux fois la Flèche Wallonne, il a fait deuxième à Liège, je pense qu'il veut s'enlever un peu de pression en passant par le Tour des Flandres et faire une nouvelle expérience par la même occasion. C'est quand même une course que chaque coureur adore, donc on verra.

 

Et concernant le Tour de France, on imagine qu'il n'y aura pas de pression par rapport au classement général et qu'il devrait se concentrer plus sur les étapes encore, non ?

Je ne suis pas Français moi...

 

Vous n'êtes pas Français...

Non. Les Français espèrent qu'il fera le classement général, mais moi je suis contre ça. Peut-être quand il aura 30 ans - il les aura en juin 2022 - mais pour le moment non. Il peut gagner le Tour de Lombardie, le Championnat du monde, toutes ces courses-là avant d'essayer le général. Miser sur le classement général du Tour de France, ce n'est pas une petite chose. Il faut le préparer pendant neuf mois et mettre de côté les autres courses pour peut-être finir sixième et s'entendre dire que c'est un échec.

 

"Sur certaines arrivées, Bennett est plus fort que Viviani"

Une arrivée importante a été officialisée il y a peu de temps, celle de Sam Bennett. C'est un transfert qui a mis beaucoup de temps à se concrétiser ?

Honnêtement, ça a été difficile. Son agent est venu vers moi et m'a dit qu'il était libre, mais il y avait des complications internes avec BORA-hansgrohe. Ralph Denk - le manager général de la formation allemande - ne voulait pas le laisser partir, puis ils ont proposé un échange entre Sam Bennett et Alvaro Hodeg, mais j'ai refusé. C'est la semaine passée que les choses se sont arrangées.

 

C'est un sacré coup réalisé sur le marché des transferts de récupérer Sam Bennett pour remplacer Elia Viviani, parti du côté de la Cofidis ?

Oui car, pour moi, sur certaines arrivées, il est plus fort qu'Elia, même si celui-ci a l'expérience de la piste.

 

Et par rapport aux départs de Viviani mais aussi de Philippe Gilbert, cela vous cause du souci ou vous avez le sentiment d'avoir un effectif qui est capable de surpasser ces pertes ?

J'ai totalement confiance dans les gens qui sont restés et dans les gens qui arrivent. 

 

Donc vous pensez que la Deceuninck-Quick Step réalisera une grande saison 2020 alors ?

Je l'espère oui.

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Publié le par Nicolas GAUTHIER

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