INTERVIEW - Gatien Merlot, créateur de l'équipe FDJ-SUEZ : «20 ans que j'en rêvais»

Par Titouan LABOURIE le 10/08/2026 à 18:36. Mis à jour le 10/08/2026 à 20:42.
INTERVIEW - Gatien Merlot, créateur de l'équipe FDJ-SUEZ : «20 ans que j'en rêvais»
INTERVIEW
Photo : @CyclismActu / @FDJSUEZ

Il y a plus de 20 ans, Gatien Merlot faisait le pari du cyclisme féminin en créant Vienne Futuroscope, l'une des premières équipes françaises à se structurer autour d'un projet UCI. Aujourd'hui, alors que la formation devenue FDJ United-Suez vient de remporter le Tour de France Femmes avec Demi Vollering, l'ancien fondateur savoure l'aboutissement d'une aventure qu'il avait imaginée dès les débuts de sa fille Emmanuelle dans le cyclisme. Pour Cyclism'Actu, il revient sur la naissance de l'équipe, les difficultés rencontrées à l'époque, son passage de témoin à Stephen Delcourt, mais aussi sur l'évolution spectaculaire du cyclisme féminin et les défis qu'il reste encore à relever.

Vidéo - Gatien Merlot, à l'origine de la FDJ-Suez, au micro de Cyclism'Actu !

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"Le finish de ce que j'ai toujours rêvé depuis 20 ans"

Le Tour de France Femmes vient de se terminer. Vous qui avez été l'un des fondateurs, au début des années 2000, d'une équipe de cyclisme féminin, comment avez-vous vécu ce Tour de France ? L'avez-vous suivi et par quelles émotions êtes-vous passé ?

Ce Tour de France, pour moi, ça a été une totale réussite. C'est le finish de ce que j'ai toujours rêvé depuis 20 ans. J'ai tellement eu à cœur de créer cette équipe. Je savais que le sport féminin, et notamment le cyclisme féminin en France, allait prendre de l'importance. Il fallait le faire à cette époque-là. J'ai pris les hommes et les femmes qu'il fallait. Je connaissais bien le monde du cyclisme féminin parce que Manu (Emmanuelle), ma fille, courrait déjà depuis quelque temps sur tout le territoire français, mais aussi à l'étranger. Je savais donc où étaient les valeurs. J'ai réussi à récupérer une bonne équipe, une douzaine de filles, et c'est là que j'ai eu l'idée de créer cette équipe UCI.


Justement, cette équipe UCI, qui était nommée Vienne Futuroscope et qui est l'ancêtre de ce qu'est aujourd'hui la FDJ United-Suez, d'où est venue l'idée ? Comment fait-on pour créer une équipe féminine à une époque où, le cyclisme féminin n'avait pas vraiment le vent en poupe ?

Je vais essayer de vous raconter une belle histoire, une belle petite histoire. C'est l'histoire d'une petite fille qui s'appelait Manu Merlot. Elle avait 8 ans et cette petite fille voulait faire le Tour de France. Sa maman et moi, nous l'avions mise au violon, à la danse classique... Elle nous répétait toujours qu'elle voulait faire du vélo et le Tour de France. Moi, j'étais footballeur, j'étais chasseur et je ne connaissais absolument rien au vélo. À la limite, les gens qui faisaient du vélo m'agaçaient un petit peu ! Puis, un jour, une détection s'est faite dans notre petit village de Colombiers, à côté de Poitiers et de Châtellerault. La personne a repéré Manu. Elle est partie faire la détection avec un petit vélo tout rouillé. Ce monsieur est ensuite venu voir mon épouse et lui a dit : "Vous savez, votre petite fille a un petit coup de pédale sympathique. Il faudrait qu'elle fasse l'entraînement de l'hiver. Je pense qu'elle est capable de faire quelque chose dans le monde du vélo."

Tout l'hiver, moi, je l'ai boudée parce que je ne la croyais pas du tout. Je continuais à jouer au foot et à chasser. À la fin de l'hiver, ce monsieur a voulu lui faire signer une licence. Elle a eu peur et m'a dit : "Non, non, papa, je ne veux pas signer de licence. Tu sais, le monsieur veut m'embarquer dans un truc !" Je lui ai répondu : "Si, si. Maintenant, tu sais, il y a des clauses dans la vie qu'il faut respecter. Tu vas signer une licence et tu verras comment ça va marcher. Après, on décidera. Si tu veux arrêter, tu arrêtes." Et donc, lors de sa première épreuve de cyclisme à l'école de vélo à Châtellerault, Manu revient avec une grosse timbale et un grand bouquet de fleurs. Elle avait battu tous les garçons et toutes les filles de la région. Et là, je crois que ça a été le déclic. Je me suis dit : "Bon, je vais te suivre. Je vais arrêter de jouer au foot, je vais arrêter de chasser et je vais essayer de m'occuper de toi", parce qu'on me disait vraiment que cette gamine avait un petit talent.

Et en effet, c'est parti comme ça. Elle a été championne de France en 2002 et puis le rêve a continué. À 18 ans, le problème est arrivé parce qu'en France, il n'y avait aucune structure. C'était compliqué. Il y avait quelques équipes qui essayaient de se lancer à l'UCI, mais on voyait bien que ça tâtonnait, que ce n'était pas terrible et que ce n'était pas suffisamment organisé. Je dis alors à Manu : "Je sais que tu vas partir à l'étranger, en Italie, en Hollande, en Allemagne, parce que ça marche déjà très bien là-bas." Et elle me répond : "Non, papa, je veux rester à côté de toi. Je veux courir en France." C'est là que j'ai eu l'idée de faire une équipe UCI, Union Cycliste Internationale. C'était un peu fou alors que, dans le cyclisme masculin, on avait tendance à nous rentrer dedans et que le cyclisme féminin était très mal vu. Je suis donc allé voir un monsieur, Serge Gautreau, qui était à l'époque président du comité régional. Il m'a dit : "Gatien, c'est une très bonne idée, il faut foncer. On la lance, cette équipe." Je lui ai répondu : "Tu sais, l'argent, je vais le trouver. Je vais trouver les véhicules, les filles..." Je connaissais les filles par cœur. Je me suis fait aider par d'autres personnes, des copains qui sont venus m'aider.

Avec un petit budget, pas très élevé, autour de 100 000 euros, une voiture en location, un camion-atelier, un directeur sportif, on montait cette équipe. Elle s'appelait Vienne Futuroscope. On m'avait dit : "De toute façon, le Futuroscope n'a jamais donné son nom à personne, ça ne marchera pas, Gatien. Tu passeras dix minutes dans le bureau de Monsieur Hummel et tu n'auras pas le nom Futuroscope." Moi, j'étais entêté. Je voulais ce nom, Futuroscope. Et en effet, on va voir le directeur. On n'est pas restés dix minutes : on est restés trois heures dans son bureau ! Et on a construit pas mal de choses : l'infrastructure pour l'équipe, le nom... Il me donne le nom Futuroscope, les départements me suivent et là, c'était parti. On peut vraiment dire que l'aventure est partie à ce moment-là, quand le Futuroscope m'a donné le feu vert. J'ai dit : "OK, on fonce. On a les filles, on a le matériel, on y croit." J'ai toujours été très rigoureux dans la vie et je voulais toujours que les filles soient bien habillées, qu'on ait de beaux vélos, les mêmes baskets, les mêmes lunettes... Je voulais vraiment de la rigueur. C'est peut-être aussi ça qui a plu au niveau médiatique et auprès des spectateurs. Et voilà comment l'aventure a démarré.

 

"Il fallait créer une équipe solidaire"

Pour les gens qui suivent le cyclisme actuel, qui ont découvert l'explosion du cyclisme féminin depuis quatre ou cinq ans, pouvez-vous nous expliquer dans quel état se trouvait le cyclisme féminin, notamment en France, au milieu des années 2000 ?

On avait des championnes, on avait Jeannie Longo, on avait des filles qui marchaient très bien. Mais c'était essentiellement des individualités. On n'arrivait pas à monter et à créer le cyclisme féminin comme on avait créé le cyclisme masculin. Moi, j'ai toujours cru que si on voulait développer le cyclisme féminin en France, il fallait le faire par équipes. Il fallait créer une équipe très compacte, comme chez les garçons, avec une leader. C'est ça qui a tout déclenché. Avec tout le respect que je dois à toutes ces femmes qui ont couru et qui ont ramené des tas de titres, Jeannie Longo entre autres, je savais que ça n'allait pas marcher si on continuait à laisser les filles faire comme ça, individuellement. Il fallait créer une équipe solidaire.


Au niveau mondial, les gens sont aujourd'hui habitués aux trois Grands Tours, au Championnat du Monde et quasiment tous les Monuments du cyclisme féminin. À cette époque-là, il n'y avait évidemment pas de Tour de France. Comment s'organisait le calendrier et comment gériez-vous les coureuses ?

Surtout qu'on n'avait pas d'argent ! On ne pouvait déjà pas payer les filles, donc on avait très peu d'argent pour faire vivre cette entreprise. On partait souvent à l'étranger. Et partir à l'étranger nous coûtait parfois moins cher que d'aller courir à Nîmes ou à Lille. Il était préférable de partir parce que, sur certaines courses, on était invités. Sur invitation, ça ne nous coûtait pas cher et on pouvait même parfois récupérer un peu d'argent. On faisait donc de belles courses à l'extérieur. Il y avait déjà un WorldTour, ou quelque chose qui s'en rapprochait, donc c'était assez facile. Mais c'était fantastique. C'était l'aventure. Vous vous rendez compte : mettre des filles dans un avion avec des vélos, avec un directeur sportif, un mécano, un médecin qu'on arrivait à trouver... C'était merveilleux. On avait inventé quelque chose, c'était inimaginable à l'époque.

Les filles étaient tellement contentes d'avoir leur paquetage au début de l'année. Quand on leur amenait les chaussures, les baskets, les lunettes et tout le reste... Si vous aviez vu comme elles étaient contentes ! Elles avaient les yeux qui brillaient. Moi, j'étais heureux. Je me disais : "La mayonnaise est en train de prendre !" Et c'est ça qui a fonctionné. Je n'étais pas tout seul à le faire. Je m'étais entouré de copains qui croyaient dans mon projet. Chacun avait son rôle : il y en avait un en informatique, l'autre qui faisait des reportages photos, un autre qui s'occupait des reportages médiatiques, un autre du matériel... On avait chacun notre petit casque. On faisait des réunions tous les mois, parfois même tous les quinze jours. On y croyait à fond.

 

"Je voulais la plus grande équipe au monde"

Quel était exactement votre rôle au sein de l'équipe ?

Moi, je tirais toujours les ficelles. J'allais surtout chercher l'argent, pendant très longtemps. En 2008, Manu s'est rapprochée d'un cycliste qui courait en amateur, Stephen Delcourt, qui est maintenant le manager principal de l'équipe. C'est un garçon très talentueux, qui fait les choses très bien. Petit à petit, il a pris de l'ampleur dans l'équipe. Il est devenu trésorier. C'était un ancien banquier, donc il s'occupait de la trésorerie et il gérait ça très bien. Moi, ça me convenait tout à fait. Il s'était rapproché de ma fille, donc ils se sont mariés. Et en 2018, j'ai eu un gros problème de santé. Je me suis retrouvé à l'hôpital, paralysé jusqu'aux épaules, tout le bas du corps était paralysé. C'était une catastrophe. Je devais rester paralysé.

J'avais quand même mon entreprise à mener avec 50 compagnons, plus l'équipe. Et là, je sentais que Stephen était en train de vraiment s'investir beaucoup dans l'équipe. Je me suis dit : "C'est peut-être le moment." Au niveau de l'entreprise, j'avais déjà mes lieutenants. Au niveau de l'équipe de vélo, j'avais également mes lieutenants qui étaient en place. J'ai donc dit : "On y va, on fonce." Ça a toujours été ma force de déléguer. J'ai toujours su déléguer. J'ai dit à Stephen : "Vas-y, prends le flambeau. Je vais me mettre un peu en retrait. Ce n'est pas la peine qu'on soit deux à gérer une équipe comme ça. En plus, tu es beaucoup plus doué que moi pour aller chercher de l'argent, donc vas-y, fonce." J'ai bien fait parce que, quand on voit les résultats maintenant, je pense que c'était une très bonne chose.

Après, il y a eu quelque chose d'un peu plus compliqué : ils ont divorcé tous les deux. Mais ils ont fait de belles choses et ils ont créé deux petits enfants qui sont magnifiques, que j'adore. Maintenant, c'est Stéphen qui gère l'équipe. Il y a toujours les statuts de l'association que j'avais créée, qui sont toujours en place. Lui a créé une entreprise en parallèle. Il n'a pas souhaité que je reste dans l'association pour diverses raisons, mais ce n'est pas grave. Moi, ce qui me plaît, c'est de voir le niveau qu'a atteint le cyclisme féminin actuellement. Je pense que j'ai, que nous avons réussi une très belle chose. Quand je vois l'audience qu'il y avait à la télévision, on a gagné.


Aujourd'hui, vous n'avez donc plus vraiment d'influence sur l'équipe ni de contact avec les nouveaux dirigeants ?

Non. En fait, c'est le souhait de Monsieur Delcourt. Moi, je préférais me retirer. Je n'aime pas la bagarre. On a d'autres choses à faire dans la vie que de se battre.


Mais vous êtes quand même toujours supporter de l'équipe ?

Bien sûr ! Hier, j'étais super content. Pour moi, c'était l'aboutissement de quelque chose. Quand on entend une petite fille de 8 ans qui veut faire le Tour de France... Elle n'a jamais fait le Tour de France. Elle faisait la Route de France à l'époque, il y avait de très belles épreuves en France, ça s'appelait la Route de France. Mais quand j'ai vu hier que l'équipe, entre parenthèses, que pour moi c'est la continuité de l'équipe, gagnait le Tour de France et de la façon dont elle l'a gagné... En plus, on a vécu un Tour de France magnifique, un Tour de France fou. Vous vous rendez compte de la façon dont ça s'est articulé ? J'adore toujours cette équipe, j'aime beaucoup cette équipe. C'est dommage que je n'aie plus le droit d'accéder au service course, on va dire ça comme ça, mais ce n'est pas bien grave.

 

"Il y a encore du boulot"

Justement, quand on voit aujourd'hui Demi Vollering et une équipe très internationale, est-ce que, lorsque vous avez lancé cette formation et qu'elle a continué à grandir dans les années 2010, vous imaginiez qu'elle puisse prendre une telle ampleur et devenir une équipe mondiale ?

Oui. Le but, c'était de devenir numéro un mondial. C'était ça. Je voulais la plus grande équipe au monde. Déjà, dans ma tête, c'était ça. Stephen et moi étions axés sur le même objectif, donc c'était impeccable. Moi, je voulais être numéro un mondial. Je m'étais déjà rapproché du président de la Fédération, David Lappartient, qui est maintenant président de l'UCI. Il m'a dit : "Gatien, si tu veux qu'on évolue, il faut que tu ailles chercher des étrangères." J'ai donc récupéré des Canadiennes, des Australiennes... La première était une Suédoise qui a beaucoup apporté, pas tellement par sa valeur sportive, mais surtout par sa mentalité. Ces étrangères avaient déjà l'habitude de faire du vélo, d'être en équipe depuis bien longtemps et avaient un tempérament de gagne que les filles en France n'avaient pas encore.

Il fallait donc changer un peu la mentalité. Ces filles-là allaient vers les caméras, elles allaient vers les médias. Les nôtres se cachaient. Quand elles voyaient arriver un micro, elles se cachaient. Il y avait tout à créer, tout à faire pour arriver à changer les mentalités. Sur le plan sportif, on avait le même niveau que les autres. Mais, par contre, on n'avait pas la hargne, on n'avait pas la gagne dans la peau. Et ça, c'était terrible. Il fallait trouver la structure, l'infrastructure, mais aussi changer les mentalités des filles qui étaient sur les vélos.


On a quand même vu que ça a bien changé, puisque cette année, c'est une équipe française qui gagne. L'année dernière, c'est une Française qui avait gagné avec Pauline Ferrand-Prévot... Vous auriez aimé l'avoir dans votre équipe ?

À l'époque, elle volait déjà très fort avec d'autres équipes, donc c'était difficile. Et nous n'avions pas un budget assez élevé pour la récupérer.


Pour vous, quel est le prochain cap à franchir pour les équipes féminines, afin de passer encore au niveau supérieur, même si ce qui existe déjà est assez exceptionnel ?

Au niveau des structures, ça va peut-être se développer vite et en grand. Je pense qu'une équipe comme Vienne-Futuroscope, comme FDJ, est devenue une ambassadrice au niveau français. Donc ça, ça va continuer. On va donner des idées à un tas de gens pour créer des équipes nationales. Moi, ça ne m'inquiète pas. Ce qui m'inquiète plus, c'est l'école de vélo. Il va falloir qu'on repense vraiment les écoles de vélo avec les petites filles. Parce qu'une petite fille, ce n'est pas un petit garçon. Il faut amener des infrastructures différentes, notamment au niveau des vestiaires. Je pense qu'on est un peu en retard là-dessus. Il y a beaucoup de petites filles qui arrêtent à 13 ou 14 ans parce qu'il n'y a pas des infrastructures suffisamment adaptées pour les accueillir. Donc elles arrêtent le vélo. Je pense qu'il faut vraiment travailler là-dessus. Il y a encore du boulot.

À partir du moment où on arrive à amener des petites filles dans les écoles de vélo, mais surtout à les garder après 14 ans, on aura réussi quelque chose. Après, le reste suivra. Les présidents de clubs voudront créer des courses féminines, des gens ambitieux voudront créer des équipes nationales, d'autres voudront créer des équipes UCI. Ça ne m'inquiète pas du tout.


C'est quand même une évolution assez exceptionnelle. On est passé de très peu de courses et de très peu de coureuses professionnelles à des centaines de filles professionnelles et des courses aux quatre coins du monde. C'est forcément positif ?

Et puis, je pense que ce qui attire peut-être le monde, c'est que le sport, c'est vrai que c'est la performance, c'est le chrono, l'éternel chrono qu'on veut toujours améliorer. Mais il n'y a pas que ça dans le sport. Il y a aussi la beauté du geste, la beauté du corps. Et je pense qu'une femme cycliste sur un vélo, c'est beau. C'est ça qui plaît aux gens. Regardez ces femmes qui sont sur un vélo, franchement, c'est magnifique. Elles ont des gestes qui sont magnifiques. Il y a quelque chose, peut-être, de plus humain que dans le cyclisme masculin maintenant.

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